Cardi B : la confirmation

Avec un dernier titre féministe sulfureux hissé #1 du Billboard Hot 100 et une interview politique tranchée qui ont fait siffler les vipères du parti républicain aux Etats-Unis, le nouveau visage de la campagne Automne-Hiver de Balenciaga, Cardi B, confirme son statut incontournable d'icône bad ass du 21e siècle.

Cardi B féministe

Le 7 août dernier, la new yorkaise révélait le clip de son titre “WAP” (pour "wet ass pussy", on vous épargne la traduction) en featuring avec une autre étoile montante du rap, Megan Thee Stallion. Vêtues de bodys zébrés et cuissardes en latex, les deux artistes surenchérissent en poses lascives et se mêlent aux léopards, serpents et autres tigres de sibérie. Très vite devenu viral, le clip a été revendiqué par ses protagonistes comme une ode à une féminité moderne et décomplexée. Un idéal féministe radical qui a rapidement divisé. 


Si “WAP” a trouvé preneur auprès d’un public progressiste comme l’éminente gynécologue et éditorialiste Jen Gunter qui a défini le titre comme un "nouveau repère culturel, qui permettra de démonter les fausses informations sur la sexualité féminine et aider les femmes qui ont du mal à accepter leur corps”, à l’inverse le titre a donné envie à certains, comme le républicain de Los Angeles James Bradley, de “se verser de l’eau bénite dans les oreilles”.

Détraquée par d’autres comme la candidate républicaine au Congrès DeAnna Lorraine qui soutient dans un tweet que l’Amérique aurait besoin de plus de “femmes comme Melania Trump et de beaucoup moins de Cardi B”, la queen de la répartie ne s’est pas démontée en publiant une vidéo de la Première Dame dénudée accompagnée d’un  “This pic is giving me some wet ass pussy vibes”. Une manière simple et efficace de dénoncer l’hypocrisie des conservateurs.

Cardi B Militante politique

Le fight entre Cardi B et le parti républicain se poursuit lorsque celle-ci est mandatée par l’édition américaine du magazine ELLE pour interviewer le candidat démocrate à l’élection présidentielle, Joe Biden (à voir ici). Armée d’ongles tranchant et de son franc-parler habituel, la rappeuse mène une vraie interview et interroge le candidat sur les sujets brûlants du moment: crise du Covid, Black Lives Matter, Medical Care for all… Visionnée par des millions de personnes, l’interview a rapidement trouvé ses détracteurs. Candace Owens, éditorialiste conservatrice, n’a pas attendu pour clasher ouvertement la rappeuse lors d’un live Instagram sur son compte en la qualifiant “d’illettrée” et d’accuser Joe Biden de “mépriser tous les noirs américains en réalisant une interview avec une rappeuse analphabète”.


Là encore, Cardi B sort la meilleure réponse qui soit en publiant sur son compte Instagram une vidéo où Owens tente de justifier la mort de Georges Floyd et se dit “écoeurée de voir cet homme élevé au rang de martyr’”. “Cette femme me fait de la peine, partage Cardi B sur une autre vidéo Instagram, elle a un problème d’identité, elle hait sa propre communauté”. Si la rappeuse a confirmé qu’elle est prête à dégainer à la moindre attaque venant du camp républicain, elle aurait apparemment cette semaine fait appel à un détective privé pour retrouver ses trolls les plus violents dont un ado pro-Trump hystérique qui aurait révélé l’adresse de la rappeuse et incité à aller brûler sa maison…

Cardi B égérie

Sur un autre registre, cette rentrée marque aussi l’arrivée de Cardi B dans le clan très fermé des égéries de maisons de luxe. Balenciaga, rien que ça, a misé sur le phénomène musical du Bronx pour être le visage de sa campagne Automne-Hiver 2021. Depuis cette semaine, on peut contempler une Cardi B allongée lascivement dans une robe fourreau noire sur la façade du musée du Louvre.

On ne peut évidemment pas s’empêcher de penser que le choix de la marque est motivé par l’influence de sa nouvelle égérie, 75 millions d’abonnés Instagram (pas négligeable) et que la marque fait là un gros appel du pied à ses consommateurs millenials. Cela dit, la maison Balenciaga s’offre généralement peu de visages connus pour endorser ses produits et on peut aussi voir une certaine continuité dans cette collaboration, les égéries précédentes comme l’actrice Kristen Stewart et la modèle-peintre Sasha Pivovarova ayant elles aussi des personnalités qui en emmerdent plus d'un.