Dior, un défilé cruise célèbrant une sororité universelle

C'était un statement ; c'est devenu une habitude. En une petite poignée de défilés, Maria Grazia Chiuri a imposé son mix-and-match esthétique et politique. A l'heure du regain des nationalismes, la directrice artistique de la maison Dior défend une vision mode inédite de la post-mondialisation.
Défilé Dior Cruise 2019 à Chantilly
Défilé Dior Cruise 2019 à Chantilly

L'orage qui s'est abattu sur le domaine de Chantilly a fait couler beaucoup d'encre. Intéressons plutôt à l'esprit Dior que défendait Maria Grazia Chiuri pour cette collusion inattendue de symboles : des chevaux de la Région Parisienne vs. des cavalières mexicaines ? Une ville traditionnellement liée à la dentelle vs. un spectacle mondial ? De la toile de Jouy sur laquelle apparaissent tigres et serpents ? S'il est une affirmation esthétique de cette nouvelle époque Dior, c'est bel et bien l'association quasi démiurgique de références artistiques constituant peu à peu le chapelet d'un féminisme mondial. Au slogan "We should all be feminists" emprunté à l'écrivaine nigériane Chiamanda Ngozi Adichie pour être imprimé sur des t-shirts, succède aujourd'hui des allusions au premier roman de la chilienne Isabel Allende, La Maison aux esprits. Sororité de lettres, d'engagement et d'esprit (justement), qui dessine une silhouette Dior plus que jamais multiple car affranchie d'un certain nombre de dominations. Les Mexicaines enfilent des vestes en coton japonais, les Amazones antiques se projettent dans le retour de la jupe-culotte et les Parisiennes décentrent, au fil des saisons, leur regard sur la mode. La magie Dior repose désormais sur ces nouveaux mystères que chaque défilé installe et distille.