Et sinon, il fait quoi Stromae en ce moment ?

On reconnaît la silhouette filiforme de Paul Van Haver (alias Stromae) entre toutes, mais c’est Coralie Barbier, sa compagne au travail comme à la ville, qui est responsable en grande partie de son style si unique. Il semblait donc naturel au duo de décliner des costumes de scène en collection unisexe vive et colorée. Polos, sweats en velours imprimé et chaussettes sont produits dans un grand respect de l’artisanat et du savoir-faire auprès de petites manufactures en Belgique et en France.
Paul Van Haver (alias Stromae) et  Coralie Barbier
Paul Van Haver (alias Stromae) et Coralie Barbier - Photo : Nicolas Wagner.

“Si on a décidé de commercialiser ces vêtements qui étaient avant tout des pièces uniques destinées à la scène, c’est à cause de notre rencontre avec ces artisans en Belgique et en France, qui nous ont permis de découvrir des métiers incroyables en voie de disparition. On a fait la connaissance de gens passionnés avec qui on partage un lien – la passion nous passionne, en fait ! On est assez cartésiens tous les deux, on ne se sent pas trop artistes mais plutôt comme ces artisans. On a un rapport à la terre dans le sens le plus concret du mot. Notre métier est une passion plutôt qu’un besoin de s’exprimer. C’est l’envie de réaliser de belles créations qui nous anime plus que l’urgence de faire passer un message : on veut proposer des choses qu’on aime et qu’on n’a pas beaucoup vues ou qui n’existent pas ailleurs. Parfois, on se demande ce que ces métiers vont devenir : sur les capsules précédentes, on a travaillé avec un spécialiste de la maille en Belgique qui est seul avec ses machines ; il ne sait pas si son fils reprendra l’affaire. Les gens avec qui on réalise les chaussettes sont aussi des fous totalement passionnés. C’est justement pour cela qu’on était ravis de collaborer avec Repetto sur cette capsule, pour les chaussures, car c’est une maison qui a su garder sa tradition tout en formant les jeunes. Chez eux, on apprend à tout faire, on change régulièrement de poste – Jean-Marc Gaucher nous a montré qu’il est possible d’avoir un esprit de patronat autour de rapports humains respectueux. C’est vrai qu’à 18 ans, on n’est pas forcément attiré par ces métiers d’artisanat – il faut une mise en lumière positive, un changement d’attitude, une réelle valorisation du travail. Notre envie pour l’avenir, c’est une véritable transparence afin que le consommateur puisse comprendre exactement ce qu’il achète, expliquer le prix du coton bio, pourquoi on vend plus sur internet qu’en boutique… L’idée, ce serait de réapprendre une sincère estime pour l’objet.”

Collection disponible sur Mosaert.com et en exclusivité au Bon Marché. Pour l’été 2017, la capsule s’enrichit d’une collection de souliers, réalisés en collaboration avec la maison Repetto. De quoi occuper le maestro le temps d’un break avec la scène.