Exposition insomniaque : Hermès au Palais de Tokyo

La Fondation d’entreprise Hermès réinvestit le Palais de Tokyo. Après l’exposition Condensation en 2013, "Les Mains sans sommeil" rassemble les œuvres de neufs artistes et retrace leur expérience au sein des manufactures de la maison Hermès. A découvrir jusqu’au 7 janvier 2018.
Célia Gondol, en résidence au sein de la Holding Textile Hermès, à Bourgoin-Jallieu et Pierre-Bénite Photo Tadzio ©Fondation d’entreprise Hermès.

De l’atelier de mode à l’atelier d’artiste

Chaque année depuis 2010, dans le cadre des résidences d’artistes de sa Fondation d’entreprise, Hermès invite de jeunes plasticiens à travailler avec les artisans de ses manufactures. Entamé en 2014, le deuxième cycle de ce programme a permis aux artistes Bianca Argimon, Jennifer Vinegar Avery, Clarissa Baumann, Lucia Bru, Io Burgard, Anastasia Douka, Célia Gondol, DH McNabb et Lucie Picandet de découvrir le travail de la soie, du cuir, de l’argent ou du cristal. Parrainés par les artistes émérites Ann Veronica Janssens, Richard Fishman et Jean-Michel Alberola, ces neufs artistes ont été invités à repousser les savoir-faire liés au travail de ces matières-phares de la maison Hermès.

D’une cuillère étirée à son maximum en un fil d’argent presque invisible par Clarissa Baumann à un lé de soie de 35m de long par Célia Gondol en passant par un tondo en marqueterie de cuir par Lucie Picandet, chaque artiste s’est directement confronté au matériau pour en offrir un usage inédit.

L’intelligence de la main

Les Mains sans sommeil explore également la communication gestuelle de l’artiste et de l’artisan à partir de laquelle naissent ces œuvres d’art. Selon Gaël Charbau, commissaire de l’exposition, « les artisans sont des passeurs de gestes guidés par le savoir-faire, les artistes sont des inventeurs de formes traversés par le laisser-faire. » Rythmée par un cycle de performances, l’exposition fait du mouvement du corps de l’artiste le sujet même de l’œuvre d’art. La main acquiert une indépendance. L’œuvre ne matérialise plus seulement un concept, elle rend visible la liberté de l’artiste à créer.

Comme souvent, pour reprendre les mots de Pierre-Alexis Dumas, président de la Fondation d'entreprise Hermès, « le processus de fabrication est aussi important que l’œuvre finale ». Or la conception de chaque pièce repousse des limites en termes de savoir-faire tandis que l’artiste apprivoise des matériaux qu’il n’a pas l’habitude de manier.

Hommage au travail manuel et à la technè, ce rendez-vous au Palais de Tokyo est l'occasion de voir ou revoir l'autre exposition-phare du moment : Days are Dogs de Camille Henrot.