Fashion week été 2020 : Milan, la vie, la vraie

Ciao l’outrance et l’opulence démesurées. cette saison, Milan a choisi de retourner à la vie simple, à ses basiques et à une certaine sobriété, venant casser l’image bling qui pouvait la catégoriser jusqu’ici. Un seul objectif : profiter de la vie, Oklm.
Moschino SS20
Moschino SS20

En plein questionnement sur la nécessité de produire une mode durable et consciente des enjeux environnementaux, Milan a gagné en maturité en proposant de revenir à des fondamentaux simples et établis : prôner le goût de la vie, embrasser ses racines et rêver à un futur plus serein. 

L’appel de la vie simple

Comme Paris Hilton et Nicole Ritchie en leur temps, Milan s’est mis à la “simple life”. C’est chez Prada que cette simplicité et ce minimalisme ont fait leur grand retour. “Tout est question de simplicité. L’idée est que la personne elle-même est plus importante que les vêtements”, a déclaré Muccia Prada en backstage de son défilé. Résultat, la collection opte pour des lignes plus douces, des pièces moins chargées en détails et des silhouettes moins accessoirisées. 

Prada SS20
Prada SS20

Chez Fendi, Silvia Venturini Fendi a expliqué qu’elle voulait cette saison “se rapprocher le plus de ce que pouvait être la vraie vie, en essayant d’être connectée avec la réalité et la vie de tous les jours”. En prenant le métro par exemple ? Non, simplement en proposant des vêtements qui ont puisé leur inspiration dans l’idée d’un lever et coucher de soleil à l’italienne. Quant aux accessoires, ils ont été pensés plus confortables à l’image des chaussures à larges talons. Idem chez Boss qui a conçu une collection chic aux silhouettes sobres et sophistiquées rappelant le pouvoir de la simplicité. Chez Salvatore Ferragamo, on a opté pour des créations décontractées et ultra-modernes tout comme chez Armani qui cette année a choisi de puiser son inspiration dans la nature. 

Un brin d’hédonisme 

Qui dit retour à la vie simple, dit retour aux plaisirs simples. Voilà pourquoi Gucci a proposé sans doute sa collection la plus sexy depuis l’arrivée de Alessandro Michele à la tête de la maison. Baptisée “orgasmisque”, la ligne, qui montrait des mannequins dévaler un tapis roulant en portant des accessoires kinky comme une cravache, voulait mettre en avant “la mode comme un moyen d’explorer le champ des possibles, de cultiver la beauté, ainsi que de célébrer l’expression et l’identité de chacun”. Rien que ça...

Gucci SS20
Gucci SS20

Alors que MSGM a présenté une collection tout en couleurs, motifs et transparences avec beaucoup de robes aériennes, N°21 a décidé d’explorer le côté érotique de la féminité avec des mannequins à l’allure sensuelle, sexy et joueuse qui laissaient entrevoir des bras et des dos dénudés (scandale). Après une explosion de couleurs, de joie et de fantaisir chez Moschino qui s’est fortement inspiré de l’oeuvre de Picasso, Marni a opté pour des floraux abstraits, hauts en couleurs et Brognano a même proposé un look idéal pour aller taper une tête à la piscine. Bref, le kif, avant tout. 

Le retour aux racines

“Pour cette collection, je suis simplement retourné dans le passé et je l’ai retravaillé afin de le rendre plus contemporain”, dixit Giorgio pour la dernière collection Emporio Armani. Un mantra qu’a aussi fait sien Donatella Versace en proposant à Jennifer Lopez de revenir défiler avec sa robe verte à imprimé jungle qui avait fait d’elle un phénomène sur le tapis rouge des Grammy Awards en 2000. 

Versace SS20
Versace SS20

Revenir à ses basiques et les twister, c’est le bon filon que Daniel Lee chez Bottega Veneta a aussi exploiter en retravaillant la fameuse pochette emblématique de la maison. Quand à la marque United Colors of Benetton aidée par Jean-Charles de Castelbajac, elle a présenté “Color Wave”, une collection moderne faisant la part belle aux couleurs tout en restant fidèle à l’ADN de la maison créée en 1965. 

Le nouveau new age

À force de revenir dans le passé, de prôner la vie simple et la recherche d’hédonisme, on en vient forcément à réfléchir un peu plus au sens de la vie. Pas étonnant que l’une des inspirations majeures de cette fashion week milanaise ait été la période new age des années 60-70. Niveau son, c’est chez Prada et Fendi qu’on a respectivement entendu “White Rabbit” de Jefferson Airplane et “Aquarius” de la comédie musicale “Hair”. 

Puis, chez Alberta Ferretti et Missoni, ce sont les jeunes filles hippies des années 70 qui ont servi d’inspiration tout comme les “bed-in protests” de John Lennon et Yoko Ono chez MM6 Maison Margiela. Niveau engagement et philosophie, 2020 ne sera pas vain.