Julia Faure : la nouvelle Fanny Ardant, c'est elle

Philippe Garrel, Noémie Lovsky, Alain Françon, Pascal Bonitzer... Tous ont, un jour ou l'autre, voulu travailler avec elle. Figure hors-norme et sauvage du cinéma d'auteur, l'actrice s'est prêtée au jeu d'une vidéo inédite réalisée par Bertrand Le Pluard.
Pull en laine et jupe en tulle de coton MARTIN GRANT, Cuissardes en python Maison ERNEST. Mise en beauté avec Baume Hydratant éclat Continu Prima, Maestro glow N°4, Eye&brow N°2 Wenge Wood, Eyes to kill Quads N°5 et Lip Magnet N°506 Giorgio Armani Beauty. Photo : Bertrand Le Pluard. Réalisation : Barbara Baumel
Pull en laine et jupe en tulle de coton MARTIN GRANT, Cuissardes en python Maison ERNEST. Mise en beauté avec Baume Hydratant éclat Continu Prima, Maestro glow N°4, Eye&brow N°2 Wenge Wood, Eyes to kill Quads N°5 et Lip Magnet N°506 Giorgio Armani Beauty. Photo : Bertrand Le Pluard. Réalisation : Barbara Baumel

À 14 ans, Julia décide de partir un an aux États-Unis pour vivre comme dans les séries américaines… Mais l’adolescente atterrit dans un hameau en Virginie du Sud avec plus de vaches que d’habitants, à 45 minutes à pied du collège et une famille d’accueil bien trop conservatrice. “J’ai dû appeler mum and dad cette horrible femme qui s’endormait avec ses bigoudis et son affreux mari qui tricotait des pulls toute la journée ! Et je n’avais pas d’amis !” Sans rien romancer, sa vie est déjà une belle histoire. Vingt ans après, on la retrouve en lycéenne myope et maladroite dans Camille redouble de Noémie Lvovsky avec India Hair. Les deux jeunes femmes sont nommées au César du meilleur espoir. La carrière de Julia a en fait commencé à la fin des années 1990 quand un homme “à l’air trop farfelu” pour qu’elle le prenne au sérieux débarque comme prof au Conservatoire. C’est Philippe Garrel. Mais quand elle découvre Le Vent de la nuit, un soir après les cours, c’est le choc. “J’avais l’impression d’être entrée pour la première fois dans une salle de cinéma ! raconte-t-elle. J’ai commencé à le vouvoyer en cours et à choisir des scènes de Bergman alors que jusque-là je prenais ce qu’il y avait de plus court…” 

Julia porte une Veste-chemise et une jupe  en cuir ISABEL MARANT, des Escarpins NINA RICCI,  un collant LES PETITS CAPRICES.
Julia porte une Veste-chemise et une jupe en cuir ISABEL MARANT, des Escarpins NINA RICCI, un collant LES PETITS CAPRICES. Photo : Bertrand Le Pluard. Réalisation : Barbara Baumel

Un an plus tard, Garrel lui offre le rôle principal de Sauvage Innocence qui figurera dans le top 10 des films de l’année des Cahiers du Cinéma. Plus récemment, elle a réchauffé le dernier film de Pascal Bonitzer, Tout de suite, maintenant, en chantant vêtue d’un manteau léopard. “J’ai triché quand je lui ai dit que je savais chanter, dit-elle. Mais comme toutes les actrices françaises chantent, ce n’était qu’un demi-mensonge…” Entre deux tournages, Julia dessine des chats. Un par jour. 600 dessins aujourd’hui, dont certains seront exposés à New York l’an prochain. “C’est une histoire glauque, sourit-elle, embarrassée. Un jour, mon petit chat est mort écrasé par une poutre. J’étais folle de désespoir, c’était le dernier cadeau de ma mère avant sa mort. Alors j’ai couru sur la plage de Cannes comme Adèle H… Et puis, j’ai cherché un chaton qui lui ressemblait. Je l’ai appelé comme le premier et lui ai donné à manger la même chose pour qu’il lui ressemble. Mais celui-là était si bête que je m’en suis séparée.” En cette rentrée, Julia joue aux côtés de Fanny Ardant dans Croque-Monsieur au théâtre de la Michodière ; une façon pour elle de renouer avec Truffaut : “Pendant mon année aux États-Unis, je regardais une fois par semaine La Femme d’à côté pour me remonter le moral…” Ça n’a pas fonctionné. Tant mieux, Julia est rentrée !

La preuve en images avec cette Caméra de surveillance inédite réalisée par Bertrand Le Pluard :


Croque-Monsieur
, de Marcel Mithois
Mise en scène de Thierry Klifa, avec Fanny Ardant, Michaël Cohen, Julia Faure, Sébastien Houbani, Jean-Baptiste Lafarge, Bernard Menez, Pierre Rochefort, Vittoria Scognamiglio
Théâtre de la Michodière
Jusqu'au 12 novembre 2016