L'hiver 2020 selon Y/Project, Marni, Versace, Prada, Fendi

Retour critique et résumé en images de la fashion week homme de Milan (avec un détour par le Pitti Uomo de Florence). Avalanche de motifs, abandon des codes street, coupes XXL et prime à la couleur : telles sont les premières tendances d'une mode italienne qui, usant de ses propres codes, cherche à renouveler son classicisme.
VERSACE FW19 — Look 22
VERSACE FW19 — Look 22

Solo Glenn

Plissé, patiné, twisté : le style Glenn Martens se reconnaît au premier coup d'oeil, même s'il fallait une lampe torche pour découvrir les looks de sa collection-événement au 95ème Pitti Uomo de Florence, dont il était l'invité d'honneur. 3000 invités dans le noir pour un show Y/Project doucement stroboscopique où les silhouettes se découvraient comme autant de personnages à la coolitude XXL. Comme souvent chez lui, les coupes lorgnent sur le surplus militaire. Mais pas de camouflage : Glenn préfère les guerres médiévales. Isolé dans le calendrier, le créateur belge a joué son Games of Thrones pointu, loin de la science-fiction pop londonienne et des moteurs rutilants de Milan...

De Marni à Versace 

Quelques heures plus tard, un remix de Debussy accompagnait le défilé Marni et donnait le tempo d'une fashion week milanaise hybride à fond dans le coloris flashy, le pull rose-perroquet et la parka au revers hippie. Chez Versace, les imprimés harnais, les cheveux léopards et les sweats estampillés Ford (oui oui, les voitures) roulaient vite, pied au plancher et le carburateur brûlant, dans le plus pur style Donatella. Tape-à-l’œil ? Heureusement. Le vêtement est un artefact et tolère ainsi des imprimés dorures, diamants, rubis. Des vestes de costards qu'on imagine trop parfumées cachent des shorts de boxer étincelants. Incandescence et dégaine hard. On regarde le show comme un défilé d'escorts occupés à collectionner des pin's, des badges, des produits dérivés. On ne comprend rien au pop art quand on ne comprend pas Versace. 

Pradasphère et fendi pour la fin

Même franchise des couleurs côté Prada, pour une silhouette évidemment plus stricte. Inspirée par l'écrivaine anglaise Mary Shelley et son célèbre Frankenstein, l'écrivaine anglaise qui a créé Frankenstein (et qui voyait l'Italie, qui lui servit de refuge, comme "un pays que le souvenir peindra comme un paradis"), Miuccia Prada puise dans le mythe une occasion de faire parler la monstruosité des hommes. La designer leur accroche un cœur avec une épingle à nourrice et leur serre la taille avec une double ceinture. Une vengeance ? Le show Fendi avait lieu dans un remake noir de la bibliothèque personnelle de Karl Lagerfeld et présentait un homme classique qui n'a pas encore jeté sa banane (qu'on préfère dorénavant en grande taille), vêtu de blousons dorés et de gilets bicolores à logos. L'automne-hiver prochain sera beige et gris. Mention spéciale pour les pantalons à grande poche où ranger ses livres. 

Y/PROJECT FW19 — Look 26
Y/PROJECT FW19 — Look 26
MARNI FW19 — Look 7
MARNI FW19 — Look 7
PRADA FW19 — Look 26
PRADA FW19 — Look 26
FENDI FW19 — Look 21
FENDI FW19 — Look 21