L’Homme de l’été 2020: Deuxième

Recrudescence de teintes pastel, fluidité des coupes (et des genres)... Sur les podiums parisiens, on remarquait aussi un savant jeu avec les notions du passé, du présent et du futur. Arrêt sur images.

DÉFILÉ HOMME DIOR SPRING SUMMER 2020 Look 32
DÉFILÉ HOMME DIOR SPRING SUMMER 2020 Look 32

Fête de la musique

Les shows homme coïncidaient cette année avec l’événement le plus redouté des Parisiens. Qu’à cela ne tienne, Olivier Rousteing jouait à fond la carte du créateur le plus reconnu du grand public (poste à pourvoir depuis la disparition de Karl) en organisant un grand show Balmain ouvert à tous, avec concert de Gesaffelstein à la clé. Le lendemain, pour leur dernier rendez-vous Kenzo, Carol Lim et Humberto Leon faisaient vibrer les oreilles de ceux à qui il en restait encore avec un défilé-spectacle, fanfare de cuivres et performance de Solange à la clé. L’occasion d’apprécier une dernière fois leur vision pour la maison, entre inspirations streetwear et immense respect pour l’univers du fondateur Kenzo Takada. 

Passé, présent, futur

Proposer un futur constamment nourri par les éléments du présent et du passé: c’est la démarche contextuelle que propose Kim Jones pour l’homme Dior, épaulé cette saison par l’artiste Daniel Arsham. Dans un décor d’exception (le bureau de Monsieur Dior, comme fossilisé et figé dans le temps), la collection tout en pastels et légèreté se veut une interprétation de l’univers haute couture Dior comme des précédentes collections de Kim Jones pour la maison. Une vision teintée de rose qui souligne à nouveau l’importance qu’à pris une certaine féminité dans les collections masculines cette saison. La présence en front row de la plus fashion des drag queens d’envergure internationale, la sculpturale Detox, ne faisait que confirmer cette “souplesse” d’esprit bienvenue. 

Si Thom Browne a toujours joué lui aussi dans la confusion des genres et la vision ultracréative, il puisait lui aussi cette saison dans un savant – et littéral – ballet masculin-féminin en invitant le danseur étoile américain James Whiteside a ouvrir le bal de sa collection en veste de costume rayé, tutu et pointes assorties. (Les fans noteront au passage que James est aussi à la ville le mari de Milk, autre référence passée par les hauteurs de RuPaul’s Drag Race). 

Défilé Homme Thom Browne Spring Summer 2020
Défilé Homme Thom Browne Spring Summer 2020

Autre jeu de références pour Hedi Slimane chez Celine, cette fois-ci avec un passé mi-réel, mi-imaginé. “I’m Nostalgic for Things I Have Probably Never Known”, proclamaient les t-shirts inspirés par le travail de l’artiste David Kramer, tandis qu’une armée de clones filiformes à lunettes aviateur miroir et coupe au bol semblaient surgir d’une ère fantasmée entre années 70 et 80 – qu’ils étaient effectivement bien trop jeunes pour l’avoir réellement vécue. Blousons, jeans évasés, boots à talon: Slimane martèle les codes d’un homme Celine avec une telle vigueur qu’on a l’impression de l’avoir toujours connu, alors qu’il n’existe que depuis deux saisons. Une certaine idée de l’éternité.

Défilé Céline Homme Spring Summer 2020 Look n.1
Défilé Céline Homme Spring Summer 2020 Look n.1