Racisme et violences policières : comment s'engager ?

Cette semaine, suite à la mort tragique de George Floyd, les manifestations contre le racisme et les violences policières ont pris une ampleur inédite tout autour du monde. Pour prendre part à votre tour à la mobilisation, Mixte a établi une liste (non-exhaustive) d’actions concrètes à entreprendre pour soutenir la cause. Donner, signer, s’éduquer et amplifier : voici les quatre mots d’ordres à appliquer.
Crédit photo : @les_curls (sur Instagram) lors de la manifestation
Crédit photo : @les_curls (sur Instagram) lors de la manifestation "Justice pour Adama", le 2 juin 2020 devant le TGI de Paris.

Donner

Le meilleur moyen pour prendre part au combat est encore de faire un don à divers associations qui luttent contre les violences policières, les préjugés et le racisme systémique, à l’image du Minnesota Freedom Fund aux USA qui se charge de payer les cautions des manifestant.e.s arrêté.e.s : @mnfreedomfund. En France, vous pouvez participer à la cagnotte du comité “La vérité pour Adama” : @laveritepouradama

Signer

Si vous n’êtes pas en mesure de faire un don et de soutenir financièrement la cause, vous pouvez toujours signer des pétitions. Elles sont nombreuses. Pour s’y retrouver, rendez -vous sur le site de Black Lives Matter (https://blacklivesmatters.carrd.co/#), qui en propose une liste non-exhaustive. En plus de la pétition pour demander justice pour George Floyd, en France, vous pouvez aussi signer la pétition contre le projet de loi d’Eric Ciotti qui vise à interdire la diffusion d’images d’agents de polices pendant les interventions des forces de l’ordre sur le terrain : change.org

S’éduquer

Prendre part à la lutte, c’est aussi s’instruire et déconstruire tous les préjugés tenaces qui forgent le racisme systémique de notre société. Commencez par exemple par suivre sur Instagram la librairie en ligne @thewomanistreader qui curate des ouvrages afro-féministes. Version française, vous pouvez suivre les comptes @maisnoncestpasraciste et @decolonisonsnous qui mettent en lumière les propos et comportements racistes et problématiques principalement repérés dans les médias et la sphère publique.  

Pour un aspect historique, vous pouvez vous plonger dans les autobiographies des activistes afro-américaines Assata Shakur et Angela Davis. Et pour comprendre davantage le contexte français, vous pouvez lire “La Condition noire : essai sur une minorité française” de l’historien Pap Ndiaye, ainsi que les ouvrages de Louis George Tin, président du CRAN (Conseil représentatif des associations noires de France), tel que “De l'esclavage aux réparations : les textes clés d'hier et d'aujourd'hui” (éd. Les Petits Matins, 2013)

Pour un décryptage plus sociologique et politique, lisez les ouvrages de l’angliciste Maboula Soumahoro, militante antiraciste, afroféministe, essayiste et spécialiste en études africaines-américaines. Elle a publié en février dernier l’essai “Le Triangle et l’Hexagone, réflexions sur une identité Noire” (Éd. La Découverte).

Amplifier

Lutter contre le racisme, c'est aussi soutenir et écouter les personnes racisées en prenant en compte leurs discours et leurs revendications. Mais lutter efficacement contre le racisme, c'est aussi amplifier ce discours et le partager, notamment en utilisant, pour les personnes blanches, la notion de privilège. Un superbe article de Médiapart écrit par Ségolène Roy et datant de mars 2014, décrit et explique parfaitement le concept. Une fois que vous avez compris et intégré cette notion de privilège blanc, le devoir indispensable aujourd'hui est de partager cette information, de l'expliquer et de la faire conscientiser auprès de votre entourage pour entamer le processus de déconstruction de l’héritage raciste et post-colonial ancré dans l’inconscient collectif. 

Aussi, si vous êtes témoin de violences policières, vous pouvez filmer en utilisant l’application @uvp_filmerlapolice, disponible sur Androïd et iOs. Celle-ci permet de filmer et de sauvegarder directement sur un serveur les images prises avec votre téléphone pour éviter qu’elles ne soient effacées et/ou supprimées par les forces de l'ordre. Filmer la police dans l’exercice de ses fonctions est un droit et un principe fondamental de la liberté d'informer et d'information, rappelons-le