Mise à dos

Tourner le dos à quelqu'un: un geste lourd de sens, que la mode s'est souvent appropriée. Une nouvelle exposition de Galliera hors-les-murs s'adosse à la question...
Jean Paul Gaultier, Robe, Automne-Hiver 1995-96 Jean Paul Gaultier, Dress, Fall-Winter 1995-96 © Françoise Cochennec / Galliera / Roger-Viollet

On pense de suite à Mireille Darc et sa robe plongeante dans Le grand blond avec une chaussure noire (dont on retrouve évidemment des images au sein de l'exposition)... Mais les messages sous-entendus par un dos tourné sont nombreux dans l'histoire de la mode. Si Back Side/Dos à la mode se concentre évidemment sur la beauté et l'étonnement (constructions fleuries d'Alexander McQueen, structures surréalistes signées Comme des Garçons, concepts à la beauté futuriste voulus par Christobal Balenciaga...), on y retrouve également des pistes lourdes de sens sur le concept du paraître et de l'égalité des sexes dans l'histoire. Ainsi, les robes des femmes se sont souvent fermées au dos avec des attaches compliquées, qui nécessitaient une assistance particulière et rendaient donc la porteuse dépendante des autres (servante, mari...) pour l'habillage ou le déshabillage. Chez l'homme, le dos du gilet ornementé n'est pas destiné aux regards, et marque donc une face neutre négative en contraste avec son riche côté pile. Autant de décryptages détournés qu'on peut découvrir au Musée Bourdelle, dans les salles duquel les archives Galliera prennent place le temps des travaux de rénovation. 

Jusqu'au 17 novembre au Musée Bourdelle, 18 rue Antoine Bourdelle, 75015 Paris.