Moi (Apolonia Sokol)

Née en 1988, passée par les Beaux-Arts de Paris, Apolonia Sokol ​perpétue la tradition figurative avec ses portraits – à l’huile et sur toile. Éternel caméléon prenant la pose devant ses toiles, elle se réinvente en autant de figures du peintre qu’elle crée de personnages. Sokol conjugue au féminin les représentations du grand artiste dans son atelier.
Apolonia Sokol
Apolonia Sokol par Jehane Mahmoud.

“J’adore partir, prendre l’avion m’excite énormément. Je suis peintre et je fais des portraits en pied, une manière de peupler mon atelier de rencontres. Pour comprendre l’histoire de ceux qui m’inspirent, j’ai besoin de me déplacer partout dans le monde. Ce qui peut paraître paradoxal, puisqu’on imagine souvent le travail d’artiste comme une occupation casanière. Résultat, j’ai des ateliers et des valises de fringues un peu partout. À New York, j’avais craqué pour un mec rencontré dans une boîte, tatoué de la tête aux pieds. Il m’a fait penser au tableau Suleika d’Otto Dix ; je l’ai beaucoup peint. À Los Angeles où j’ai exposé, je vivais à Hollywood. J’avais rendez-vous avec Harvey Weinstein dans le lounge d’un grand hôtel pour lui montrer mes œuvres. Un pianiste au fond de la salle jouait des classiques de jazz. Puis est entré dans le lobby un mec en jogging, lacets défaits et tee-shirt délavé. Le producteur à qui appartenait la moitié de Hollywood, c’était lui. Même si je ne l’avais jamais imaginé ainsi, je l’ai adoré, il cachait une grande douceur. Lui aussi, je l’ai peint, à la manière du pape d’El Greco ou de Francis Bacon. Il s’agit des rares personnages masculins de mes tableaux, qui sont plus généralement des hommages aux femmes. Mais ma passion absolue, c’est la peinture, tout le reste en découle, y compris le voyage.”

www.apoloniasokol.com