Paris Fashion Week, deuxième partie !

Au pied de la montagne graffée & griffée Balenciaga, la Fashion Week a plus que jamais tenu ses promesses. Retour sur les défilés les plus marquants de ces derniers jours, où les messages poétiques se sont glissés dans une mode globalisée en quête de sens.
Balenciaga FW 18-19 Look 61
Balenciaga FW 18-19 Look 61

La MONTAGNE Balenciaga

Premier défilé mixte chez Balenciaga et volonté pour Demna Gvasalia de mêler l'éthique à l'esthétique. Estampillés du logo du Programme alimentaire mondial, t-shirts et sweatshirts à capuche font la promotion de la plus grande organisation humanitaire de lutte contre la faim dans le monde. En guise de décor, une montagne taguée du logo de la marque, de smileys fluos et de slogans tels que « Be aware » s’élève dans un hangar de la Plaine Saint-Denis. Les mini-robes et cols roulés en velours ultra-moulants à gants intégrés cèdent la place à des silhouettes multicouches. Polaires, parkas de ski, vestes en jean matelassées, trenchs en coton et manteaux en fausse fourrure se superposent et recréent les volumes chers à Cristobal Balenciaga. Coupée grâce à la modélisation en 3D des corps des mannequins, la veste à basque (revisitée dès le premier défilé de Demna pour Balenciaga) se conjugue au masculin comme au féminin. L’accessoire se fait ready-made. Les colliers sont des mousquetons, les boucles d’oreilles des bouchons en plastique et les ceintures des guirlandes de porte-clefs.

Valentino tout en fleurs

Après une collection haute-couture acclamée par la critique et un partenariat avec Moncler plus que réussi, Pierpaolo Piccioli continue de manier les couleurs avec dextérité. En camaïeu de rouges, de roses ou de verts, les manteaux et robes à volants et bords ondulés semblables à des pétales se portent sur des pantalons volontairement trop longs. Brodées ou appliquées, en maille ou en fourrure, pensées et autres fleurs oversized animent ces silhouettes délicates et parfois monacales. En guise de couvre-chef, capuchons en forme de coroles et foulard tapent dans la pastorale.

Venus à fausse fourrure

Pour sa deuxième collection de prêt-à-porter chez Givenchy, Clare Waight Keller propulse la Catherine Deneuve assoiffée de sang des Prédateurs dans le Berlin nocturne des années 80. Résultat, de longs manteaux ceinturés en fourrure synthétique se portent sur des costumes oversized à motif pied de poule ou des robes en dentelle. Lisse et brillant, le cuir est omniprésent. Sur des bottines zippées, des pantalons à pinces unisexes, des vestes à manches courtes, des jupes voire en plastron sur pull en maille. Le tout en vert forêt, noir ou bleu canard. Dans cette ambiance de film noir, les robes de soirée à franges, brodées de sequins ou en lamé plissé complètent la panoplie de ces oiseaux de nuit.

Thom Browne et le 18ème

Habitué à métamorphoser le traditionnel costume masculin en création spectaculaire, Thom Browne s’attaque cette fois-ci au vocabulaire du corsetier. Pour l’hiver 2018-2019, la cravate se marie aux sous-vêtements féminins qui se dévoilent en surface. Les baleines apparentes soulignent la poitrine et donnent naissance à un réseau de lignes graphiques parfois bordées de vison. Descendus sur les chevilles, comme s'il fallait suggérer l'acte de se dévêtir, les pantalons dévoilent des protubérances aux connotations féminines. En clôture du défilé, des roses en vison fleurissent sur une robe à panier tout droit sortie du 18ème siècle. Retrouvez l'interview exclusive du designer dans notre dernier numéro et ici en ligne

Chanel en forêt

Après les gorges du Verdon et le jardin à la française, le Grand Palais prend des airs de forêt pour le nouveau défilé Chanel. Au milieu des arbres, les mannequins déambulent dans des manteaux extra-longs sur un sol jonché de feuilles mortes. Le tweed se pare de couleurs automnales. En all over sur des vestes de smoking, des blouses à manches bouffantes ou des jupes midis, l'imprimé feuilles mortes se fond dans ce décor hivernal réchauffé par la terre de Sienne et les reflets mordorés des bottes et d'une jupe à poches maxi. Padding, blousons en fourrure et drapés sur les épaules renforcent la carrure. Si la cagoule, qui opère cette saison son grand retour fait une apparition timide, la collection n'échappe pas à quelques influences athleisure. Doudounes, sweat zippé à capuche et pantalon de jogging contrastent avec la série de petites robes noires agrémentées de mitaines en cuir aux couleurs acidulées.

Enfin, si vous avez manqué la première partie de notre best-of fashion week, rendez-vous ici !