Paris Fashion Week : les marques indé au top de la mode masculine

Thom Browne, Y/Project, Pigalle, GmbH... Avec 55 défilés inscrits au calendrier officiel, la dernière fashion week parisienne homme a marqué les esprits. Focus sur les marques indépendantes qui s'imposent en tant que nouvelles forces créatives.

Paris Fashion Week : les marques indés au top de la mode masculine
Thom Browne Men F/W 18-19 Look 01

Thom Browne manque de sommeil

Chez Thom Browne, le tailoring est toujours la source d’inspiration privilégiée. Sans cesse réétudié, le costume de cette saison se décline dans des matières chaudes, en maille torsadée ou façon doudoune matelassée. Comme un rappel de la collaboration du créateur américain avec la marque Moncler pour laquelle il était (jusqu'à cette année) en charge de la ligne Gamme Bleue. Sur un sol recouvert de neige artificielle, au milieu d’une forêt de boulots, les modèles aux joues rosées et coiffés de couettes tressées défilent en costumes deux ou trois pièces. En shorts, leurs mollets sont enveloppés dans des guêtres gonflées dont le tissu rappelle les sacs de couchage disposés au milieu de la salle sur des lits de camps. À la fin du show, les mannequins cette fois vêtus de pyjamas de jersey gris viennent s’y coucher. La mode manque de sommeil et Thom Browne est toujours au top : deux sujets inédits à retrouver dans le prochain numéro de Mixte (à paraître le 16 février). 

Fusion sexuelle chez Glenn Martens

« Penser les pièces comme deux personnes qui ne deviennent qu’une en baisant », c'est ainsi que Glenn Martens a résumé la collection mixte qu'il a livré pour Y/Project mercredi dernier. Ici, les chemises ont deux cols, les pulls un recto différent de leur verso et les jeans de multiples revers parfois doublés de fourrure. En version cuissarde plissée ou façon triple superposition, le flamand de 35 ans a livré sa vision de la botte en mouton retourné UGG. Comme les Crocs de Balenciaga, elles inondent déjà les flows insta jusqu’au talk show de Wendy Williams. Sur les pantalons de costume ou de jogging, la taille haute retroussée laisse apparaître la doublure. Prix de l’ANDAM en 2017, Glenn Martens continue de jouer sur les différentes appropriations possibles d'un vêtement.

Pigalle : Street, perles et paris

Prix de l’ANDAM deux ans plus tôt, Stéphane Ashpool présentait sa collection pour sa marque Pigalle dimanche dernier au Conservatoire National de Musique et de Danse de Paris. Un mélange de streetwear et de références à la danse classique pour une collection très personnelle en écho aux souvenirs du designer autodidacte qui, enfant, accompagnait sa mère chorégraphe. Passionné de basket, Stéphane Ashpool associe pièces sportswear et drapés de soie colorés. Coiffé d’un do-rag, un modèle défile en blouson de fourrure fuchsia, couleur omniprésente dans la seconde partie de la collection, tandis que la troisième et dernière se concentre sur les couleurs primaires de simples lignes graphiques. Côté make-up, une rivière de perle redessine le pourtour des oreilles et de la mâchoire.

L’offensive allemande GmbH

C’est dans une toute autre ambiance que le collectif berlinois GmbH présentait sa vision de l’homme pour l’hiver 2018-2019. Dans le froid et sous la pluie, les modèles défilent le long d’un ancien hangar de la SNCF aujourd’hui réhabilité en lieu de street art. Formé par Benjamin Alexander Huseby et Serhat Isik, le label allemand – GmbH est l’anagramme allemand de SARL – a composé un vestiaire offensif puisant dans les origines des designers. Pull en patchwork aux influences norvégiennes, larges pantalons en cuir ou denim brodé de motifs géométriques inspirés des kispets de lutteurs turcs, débardeur cotte de maille ou veste de motard en daim à renforts intégrés. Intitulée « My beauty offends you » d’après les paroles d’une chanson de Fatima Al Qadiri, la collection redonne au vêtement son rôle premier de protéger les corps dans une époque « Dark Ages ».