Rencontre avec Philip J Ellis, le jeune créateur londonien à suivre

Kate Moss le trouve mignon mais cela ne fait pas tout : Philip J Ellis a surtout eu le courage de monter sa propre marque et d'assumer son esprit british. Il évoque pour nous son parcours, ses projets et ses inspirations. Une vraie découverte.
Philip J Ellis - Photo : Nicolas Wagner
Philip J Ellis - photo : Nicolas Wagner

“Je crois que je suis un stéréotype ambulant du style british, depuis la longueur de mes cheveux jusqu’à mes bottes. Mon style de création est aussi très british et ma mode très littérale. Je ne prétends pas être un artiste, je fais juste des choses graphiques et directes, inspirées par des contre-cultures existantes. Mon premier contact avec la mode s’est fait via les magazines que j’achetais sur le quai de la gare en allant à l’école dans le Peak District. Un numéro de GQ Style dédié au style londonien a eu une influence énorme sur moi. J’ai découvert la Saint Martin’s en regardant des documentaires sur John Galliano ou Alexander McQueen, et grâce à Project Catwalk, un reality TV show dans lequel tous les concurrents sont des élèves de l’école. Pour moi, c’était une évidence. La liberté d’expression par le vêtement fait partie intégrante de la culture britannique. J’ai un ami qui porte tous les jours de la peinture bleue sur le visage et un costume d’époque Tudor, on l’embête rarement. Pendant mon stage chez Louis Vuitton à Paris, je me suis teint les cheveux en rose pâle, ce qui me semblait plutôt normal, et pourtant je me faisais insulter non-stop dans la rue. J’ai même été interdit de réunion à cause de ma tenue vestimentaire. Je suis sur le point de partir m’installer à Los Angeles car j’ai eu une super proposition pour collaborer avec une marque et lancer des collections cobrandées. Je quitte un climat tendu pour un autre. À mon avis, le Brexit aura une incidence énorme sur le travail des jeunes créateurs. Car si Londres est un vivier génial, nous allons tous à Paris pour les showrooms commerciaux. Si on leur ôte cette possibilité, beaucoup de petites maisons risquent de péricliter. J’adore le fait que les créateurs soient si accessibles ici – avant de travailler avec eux, j’étais un grand fan du duo Meadham Kirchhoff et j’ai pu les rencontrer simplement en allant à leurs ventes privées. Tu peux aussi tomber sur Christopher Kane en allant au pub. Lors d’une soirée, Kate Moss m’a dit que j’étais mignon. Je me suis pris ses cheveux dans la bouche pendant qu’elle dansait : c’est peut-être mon plus beau souvenir fashion.” @philipjellis