Qui est Natalie Kingham, directrice des achats de Matchesfashion.com ?

“J’ai grandi à Bromley, dans le Sud de Londres, une banlieue assez classique si ce n’est qu’elle a vu naître des esprits très créatifs. David Bowie était de Bromley et Kate Bush de Chislehurst, où j’allais à l’école." Retour sur le parcours et l'oeil british de Natalie Kingham, directrice des achats du site Matchesfashion.com.

Natalie Kingham directrice des achats, Matchesfashion.com
Natalie Kingham, directrice des achats Matchesfashion.com - photo : nicolas wagner.

“J’ai grandi à Bromley, dans le Sud de Londres, une banlieue assez classique si ce n’est qu’elle a vu naître des esprits très créatifs. David Bowie était de Bromley et Kate Bush de Chislehurst, où j’allais à l’école. Au milieu des années 70, quand j’étais gamine, la scène des Bromley Punks était très connue – Siouxsie Sioux en faisait partie. Donc dès mon enfance, même en allant à l’épicerie du coin, je voyais ces gens très créatifs qui trouvaient dans la mode une façon forte de s’exprimer, un exutoire. 

À l’époque, le Sud de Londres était une no-go zone. Comme d’autres enfants du coin, dont John Galliano, je me rappelle le côté tellement romantique de prendre le bus pour traverser la Tamise et me rendre sur l’autre rive. Il fallait connaître les bons cafés, les bons clubs. Je devais avoir 10 ou 12 ans la première fois que je suis allée à Portobello Market pour y chiner des vêtements vintage, et je me suis dit : voilà un univers dans lequel je me sens bien. Ce n’est que plus tard, lorsque j’ai commencé à voyager, que je me suis rendu compte que Londres était une ville assez unique pour son ouverture d’esprit et la créativité des looks qu’on y voyait. J’ai donc eu la chance de pouvoir développer un style personnel assez confiant – pour mes premières sorties en boîte vers 16 ou 17 ans, je piquais les costumes Saint Laurent de mon père, ça le rendait dingue d’ailleurs. Comme vous pouvez le voir aujourd’hui, mon style n’a pas trop changé !

Chez Matchesfashion.com, nous aimons soutenir les jeunes talents, et il y a un vivier incroyable en ce moment, des créateurs qui n’ont pas peur de casser les codes et de jouer avec les idées préconçues du bon ou du mauvais goût. Matty Bovan, Charles Jeffrey Loverboy, Claire Barrow, Richard Quinn, Halpern : ils font des choses radicalement différentes de ce qu’on a vu ces dernières années, et leur énergie me rappelle celle que j’ai connue dans ma jeunesse. Je me souviens de l’un des tout premiers défilés d’Alexander McQueen, peut-être sa deuxième collection, qui n’était même pas commercialisée. Le show avait lieu dans un club désaffecté vers King’s Cross, il faisait très sombre et les vêtements étaient couverts de traces de pneu. Je me suis dit que nous étions une présence d’un très grand talent.” 

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