Et si Paris était un parfum ? Hermès et sa bande de filles (2/5)

Parfumeurs et nez passionnés signent depuis toujours des élixirs dans l’air de la capitale. Fine connaisseuse de la carte olfactive parisienne, notre journaliste beauté Capucine Berr évoque Twilly d'Hermès en un girly-poème poétique et raffiné.
Twilly, Hermès. Image : Christophe Coënon
Twilly, Hermès. Image : Christophe Coënon

La première a le poignet fin, si fin qu’il semblerait pouvoir céder sous le poids des bijoux qui l’ornent. 

Au-dessus du ruban Twilly de soie acidulée, noué à la va-vite, un jonc rigide doré, surmonté d’une médaille frappée, minaude. 

Elle sent le gingembre brûlant, ses doigts fouragent doucement dans la chevelure brune et dense de son amie, dont émanent des accents entêtants de tubéreuse. 

Sur la marche supérieure d’un escalier profilé vers un je-ne-sais-où, un troisième regard scrute l’architecture industrielle de la Cité des métiers. 

Cet enchaînement de masses monochromes percées de fenêtres verticales, légèrement décalées, connectées au monde par des îlots de verdure, file le tournis à la troisième fille. 

À chacun de ses mouvements, l’odeur du santal, chaude, boisée, fumée, surgit. 

Ici, elles incarnent à elles trois la vision moderne d’une amitié où chacune à sa place. 

Unies par ce sentiment de bien-être et de force que seul propulse l’instinct de groupe, les trois amies imaginent sans prononcer un mot l’après, un futur proche fait d’harmonie. 

Leurs portables sonnent, elles ne répondent pas.