Si Paris était un parfum ? Jean-Paul Gaultier répond (1/5)

Voyage dans le sillage de Parisiennes, histoire de voir comment se sent Paris et de… se mettre au parfum. Premier volet d'une série de portraits qui, de quartier en quartier et de maison (de luxe) en maison, dessine la carte olfactive du Paris d'aujourd'hui. Une respiration inédite signée Capucine Berr.
Parfum Scandal de Jean-Paul Gaultier* - image : Christophe Coënon

La Parisienne, cette inclassable ? 

Volatile par essence, indomptable par définition, bien des parfumeurs se sont essayés à enflaconner son âme… 

Triangle d’Or ou Parc des Buttes-Chaumont ? 

Depuis la rentrée, la scandaleuse de Gaultier promène son corset de Pigalle à Matignon. 

Ok, appelons-la Vanessa. 

À Pigalle, ses talons s’engouffrent par habitude sur le bitume irrégulier, ces tranchées d’un urbanisme qu’aucune femme n’aurait pu concevoir. 

Ce matin, Vanessa déboule d’un pas urgent, juchée sur 12 cm de cuir décharné gansant à peine la colonne vertébrale métallique… 

Le claquement militant de son talon est une nouvelle forme de scandale qu’on ne peut ignorer. 

Sa démarche ressemble à celle, séculaire, d’une geisha, au tacle métronomique entravé par une jupe trop serrée. 

Dans son sillage chypré et miellé résonnent la blancheur du gardénia et la force du patchouli, une élégance mêlée de puissance. 

Cadence de notes conçue comme une mélodie. 

Ses chaloupements entonnent la chamade, donnent le la d’une nouvelle heure moderne, où musique et fragrance se répondent. 

Vanessa traverse Pigalle la nébuleuse, respire l’odeur de la rue, s’engouffre dans la faune endormie et le râle permanent perclus des derniers sons électroniques. 

Dans ce charivari flou, ce sillage trouble du matin, son parfum tranche et son tapage bat la démesure. 

Le smartphone rivé à l’oreille, elle glisse : “J’arrive”.

*Nouveau parfum Scandal de Jean-Paul Gaultier disponible en boutiques et points de vente spécialisés.