SS19, looks et derniers défilés !

Meilleurs looks et bilan des derniers shows rivalisant de gigantisme. La tendance s'affirme : rien n'est trop grand ni trop beau pour la mode, qui joue plus que jamais le jeu des scénographies 100% immersives, soit l'assurance de marquer l’œil et les algorithmes.
Louis Vuitton SS19
Louis Vuitton SS19

Vuitton ROMANESQUE

Soupçon d'horizon galactique à la pointe de bottines romantiquement lacées. Qui peut voyager peu (d'un bout à l'autre d'un catwalk), peut le plus loin. Le ton Vuitton est celui, affirmatif, d'une mode traversant les couloirs du temps. Coupes médiévales-friendly et touches science-fictionnelles héritées des années 80 répondent à l'anathème que l'on jetait hier sur les femmes rousses et les corps androgynes. Nicolas Ghesquière pioche aussi bien dans ses obsessions les plus intimes (travail sur les manches), que dans la culture gender-fluid ou la peinture préraphaélite. En 2019, cela s'appelle le classicisme. 

Eau De chanel

Cette fois, c'était une plage, marée comprise, avec du sable venu de Normandie. La scénographie évoquait l'île allemande de Sylt (lire "Zult"), spot jet-set où le windsurf côtoie les souvenirs qu'y laissa le couple Gunter Sachs / Bardot. Karl Lagerfeld, lui, y allait enfant... Souvenirs proustiens, donc, pour une collection plus légère que jamais, comme piquée au vif par l'insouciance des collections cruise. Gros buzz sur les double-sacs, les talons qu'on porte à la main et les casquettes Chanel, dont les visières cachaient, à l'ombre des voix de Niagara et des Rita Mitsouko, un sentiment de nostalgie heureuse. 

GIVENCHY REPORT

Masculin et féminin conversent à l'intérieur d'une seule et même figure : celle d'Annemarie Schwarzenbach (1908-1942), journaliste-écrivaine atypique qui, pour donner une idée du personnage, traversait la Turquie et la Syrie dans les années 30 en voiture. Une vie passionnante, politisée, ultra-active qui ressurgit aujourd'hui dans la mode. Coupes à la Jeanne D'Arc et doublures masculines : Clare Waight Keller proposait un défilé-manifeste à l'heure d'une Europe en crise. L'aventure estivale se joue ainsi dans les beiges et kakis, les poches à bouton pression pour une femme froide et forte qui porte aussi bien des pantalons taille haute qu'une robe plissée bleu électrique. Intellectuel, chic, subtil. 

Balencia-gaMES

Vous avez le sentiment d'habiter dans un tunnel d'images ? Balenciaga aussi. Des mois de travail pour une scéno millenial-hystérique signée par l'artiste Jon Rafman, que Demna a rencontré sur la foire de Bâle. Créer l'expérience et le souvenir, telle était l'ambition du show. On ne se lasse pas de ces silhouettes de l'Est, de ces cuirs lourds et de ce noir mastoc jouant sur un anonymat extra-large. Avec des vieux, des jeunes et de fines rayures, l'aventure Balenciaga-Gvasalia continue. 

Miu-Miu Madame

Cette saison marque un repli des codes streetwear, et Miu-Miu, qui s'en est toujours tenu à distance, semble taper en plein dans ce qui fait la saison : un retour de la silhouette bourgeoise féminine, éternelle. Fleurs, nœuds et chaussettes hautes osent valoriser l'esprit girly de femmes qui n'auraient pas oublié le vestiaire de leur mère. Au milieu de nombreuses collections rigoristes, Miu-Miu reste incontournable pour ses couleurs soyeuses et ses jupes courtes. Ce qu'il faut pour avoir l'air "madame". 

Valentino 

Aimer le rouge, aimer le noir, aimer les robes. Valentino n'en finit plus d'affoler la critique mode et pour cause : le summum du luxe est bien là. Hors-piste, hors logo, hors défilé d'accessoires, la maison s'envole, plumes aux pieds, vers une couture bohème à effet waow. Chaque silhouette défend un territoire, du dress-code noir au motif maximaliste.