Taille mannequin : quels critères de beauté en Côte d'Ivoire ?

La photographe Joana Choumali documente les fabricants locaux de mannequins en Côte d'Ivoire. Exposé à l'Hôtel Saint Simon d'Angoulême, dans le cadre du festival L'émoi Photographique 2018, son travail est à découvrir comme une enquête sur les représentations ivoiriennes du corps et ses critères de beauté.
"Awoulaba / Taille Fine" de Joana Choumali
"Awoulaba / Taille Fine" de Joana Choumali

Joana Choumali a documenté les fabricants locaux en Côte d'Ivoire qui modifient et/ou créent des mannequins peints avec une couleur de peau de type caucasien que l'on appelle "Awoulaba", terme qui signifie "reine de beauté" en baoulé (dialecte ivoirien). Dans la culture populaire ivoirienne, le terme "Awoulaba" désigne de belles femmes aux formes plantureuses. "Taille Fine", au contraire, est le terme utilisé pour identifier les mannequins conformes aux canons de beauté occidentaux. Un concours de beauté Miss Awoulaba est même organisé pour se démarquer de Miss Côte d’Ivoire, qui s’inspire des critères standards et mondialisés. Superposant photos de vraies femmes - blanches, métisses et noires - et mannequins, le travail de Joana Choumali explore, selon les mots de l'artiste, une "frontière floue" où se construisent nos représentations du corps, entre cultures locales et cultures mondialisées, critères de beauté objectifs et critères idéalisés.

Les artistes ORLAN, Joana Choumali et Gérard Chauvin sont les têtes d'affiche du Festival l'Emoi Photographique qui se tient à Angoulême (Charente) jusqu'au 29 avril 2018 autour du thème "Le Corps dans tous ses états".