Tom Van der Borght, le nouveau roi de l’upcycling

Le créateur belge vient d’être doublement récompensé lors de la 35e édition du Festival international de mode, de photographie et d’accessoires de mode d’Hyères, en remportant le Grand Prix du jury et le Prix du public.

Pop et upcycling. C’est ce qui définit au mieux Tom Van der Borght, nouveau lauréat du Festival de Hyères et incarnation d’une génération mode en prise avec les questions sociétales de son époque. Grâce à sa collection conçue avec des matériaux recyclés, le créateur belge a séduit le jury de cette 35e édition présidée par le designer JW Anderson. Baptisée “Sept façons d’être TVDB” (juste ce qu’il faut d’ego-trip), son projet se composait de sept silhouettes imaginées à partir “d’objets dont personne ne veut”, comme se plaît à expliquer le designer de 42 ans quand il décrypte ses créations à la presse.

Résultat, le public ébloui du festival de Hyères a vu défiler sur le catwalk de la fourrure végétale sur un manteau aux couleurs électriques, des pompons aux tons métalliques s'accrochant sur un sac en peaux de poissons récupérées dans l'industrie du sushi ou encore des filaments de plastique tressés se transformant en pantalon ; avec un jeu de superposition des matières et un univers ultra-pop et coloré à la limite de l’overdose psyché. Clou du spectacle : sa robe fourreau au slogan  "I'm Not A Monster" ("Je ne suis pas un monstre") portée sur les épaules de deux hommes aux masques colorés.

"Mon travail consiste à brouiller les frontières entre la mode et les performances artistiques. Je ne veux pas être rangé dans une case", explique Tom Van der Borght. Un goût de la performance et une passion pour la sculpture sur corps qui le rapproche de créateurs et créatrices comme Iris van Herpen ou Craig Green. Mais son travail annonce aussi l’incarnation d’une mode audacieuse, rêveuse, optimiste et engagée dont l’industrie a clairement besoin en 2020 à l'ère post-corona : "L'avenir de la mode n'est pas de rester dans une case très restrictive et conformiste, assène le créateur. Il est temps de nous libérer de toutes les restrictions". On en prend bonne note.