Tout sur la nouvelle oeuvre-Instagram du Bon Marché

Après Ai Weiwei et Chiharu Shiota, c'est au tour de l'argentin Leandro Erlich de repenser l'espace du magasin parisien. Jusqu'au 18 février, l'exposition « Sous le Ciel » entremêle réel, rêve et irréel. Vous n'y échapperez pas sur les réseaux.
 
Exposition "Sous Le Ciel", Leandro Erlich photo par Gabriel de La Chapelle

En 2001, une installation fait sensation à la Biennale de Venise. Face à ce qui ressemble à une vraie piscine, un visiteur s’interroge : au fond de l’eau, d’autres gens comme lui déambulent sans être mouillés. « Swimming Pool »  (1999) est l’œuvre qui a révélé Leandro Erlich au grand public. Depuis, ce plasticien illusionniste continue de confronter les spectateurs de ses oeuvres aux faux-semblants de la réalité. Son exposition « Sous le Ciel » – au Bon Marché jusqu’au 18 février – interpelle les clients habitués ou non des lieux avec des installations in situ artistiques qui s’appuient directement sur les éléments architecturaux du magasin. Ainsi, les fameux escalators conçus par Andrée Putman en 1990 semblent ne plus savoir où déposer leurs utilisateurs. Et, sous la verrière centrale du grand magasin parisien, nimbus et cumulus défilent sur fond azur et rendent hommage au ciel de la capitale.

Exposition "Sous Le Ciel", Leandro Erlich - photo : Gabriel de La Chapelle

Ce jeu d’illusions et de réflexions se poursuit dans les ascenseurs, où des miroirs disposés face à face se reflètent et démultiplient le corps à l’infini. Maître du trompe l’œil, Leandro Erlich transcende les limites de l’espace matériel, mais « perturber la perception de l’environnement n’est pas un but en soi, je cherche plutôt à ce que le public se demande si ce qu’il voit est réel ou non », explique-t-il. Dehors, l’expérience se poursuit dans les vitrines du 24 de la rue de Sèvres, entre plusieurs plaques de verres disposées à la verticale où un succédané de nuage semble flotter.

« En général, quand on parle culture, on imagine des espaces consacrés comme une bibliothèque, un musée ou un théâtre. Pour moi un grand magasin est bien plus qu’un espace commercial. C’est aussi un lieu social et culturel. Un endroit qui éveille notre imagination. On peut, sans acheter, s’y balader et rêver » commente l’artiste né en 1973 à Buenos Aires et dont une rétrospective est à découvrir en ce moment au Mori Art Museum de Tokyo. Un réenchantement des lieux publics et du quotidien qui rappelle les grandes heures de l'architecture post-moderniste.

Exposition "Sous Le Ciel", Leandro Erlich - photo : Gabriel de La Chapelle