Yasu Michino, designer de it-bags

Né à Tokyo, il dessine la maroquinerie de Repetto et de sa marque éponyme. Interprète de la singularité de chaque maison, cet agent secret des sacs nous parle de son processus de création.
Yasu Michino
Portrait de Yasu Michino

Né à Tokyo, élevé à New York et diplômé à Paris, comment définissez-vous votre identité stylistique ? 

J’aime utiliser cette définition en anglais de mon mix : « French chic, Japanese sobriety and american practically with a touch of fantaisy ! » Mon style est le mélange spontané de ces territoires d’expression. Un équilibre subtil que je remets en question à chaque collection. 

Pourquoi avoir choisi de vous établir à Paris ? 

Je suis tombé amoureux de Paris et de son architecture à 8 ans lors d’un voyage avec mes parents. A partir de cet instant, j’ai préparé mon arrivée à Paris ! J’ai appris la culture et la langue française. A New York, j’ai étudié la littérature française et fait les 4 années d’université en 3 ans pour avoir la possibilité de venir à Paris suivre les cours de mode du studio Berçot. 

Sac Michino - Collection Escale à Panarea - SS 2017
Sac Michino - Collection Escale à Panarea - SS 2017

Créer pour les autres et créer pour soi, quels sont vos différents processus créatifs ? 

En ce moment, je crée pour Repetto et Michino ! Lorsque je dessine pour une marque je m’imprègne de son univers créatif. Je me plonge dans ses archives, passe en revue la clientèle car pour comprendre une marque il faut savoir aussi qui achète ! Une fois le langage stylistique établi, la création est instantanée. Chaque collection est réalisée en étroite collaboration avec le designer de la Maison pour interpréter le thème de la saison. Créer pour soi est un travail très personnel qui revient à se demander ce que l’on aime. J’établi d’abord un cahier des charges sur l’aspect fonctionnel. Je m’intéresse à la flexibilité des usages pour imaginer des sacs qui se portent pendant les différents temps de la journée. Ensuite, les formes et couleurs apparaissent naturellement, et lorsque je regarde la collection finale, c’est bien moi ! 

Quelles sont vos sources d’inspiration pour Michino ? 

Le voyage ! Au départ j’ai sélectionné les endroits où j’avais vécu, Tokyo, New York mais il me manquait un élément fondamental pour stimuler mon inspiration, la découverte ! Depuis la collection Printemps-Été 2016, j’explore de nouvelles destinations qui ont la particularité d’allier nature et architecture. Des lieux qui font rêver et dont les sacs portent la mémoire de cette évasion temporaire. 

Sac Michino - Collection Escale à Panarea - SS 2017
Sac Michino - Collection Escale à Panarea - SS 2017

Quel sac choisiriez-vous pour vous décrire ? 

Le Phedra, pour sa versatilité, jour/nuit, sac/pochette et son petit format qui autorise toutes les couleurs et matières.  

Devant l’infinité des matières comment les choisir et les mixer ? 

Je choisis des matières expressives que je fais dialoguer entre-elles. Je travaille les couleurs et les imprimés ensemble. Mes clientes ne recherchent pas un sac classique noir, elles veulent avoir ce que les autres ne font pas. 

Quelle est votre pièce phare ? 

Le Boxit, un sac à rabat dont le fond plié s’inspire de l’origami. Il a un porté flexible, épaule ou bandoulière. 

Le digital a-t-il changé votre rapport à la mode ? 

Bien sûr ! On doit le suivre au quotidien, sous peine d’être mis de côté. C’est parfois effrayant, en même c’est un outil qui a permis aux marques de se connecter directement à leurs clients et de pouvoir vendre plus facilement. Quels comptes suivez-vous ? Les créateurs avec qui j’ai travaillé ou travaille. J’aime suivre ce qu’ils font, comme Delvaux, Sonia Rykiel et actuellement Nina Ricci, Lanvin et Repetto. Des jeunes créateurs et des références intemporelles comme Alaïa. 

Sac Michino - Collection Escale à Panarea - SS 2017
Sac Michino - Collection Escale à Panarea - SS 2017

Que pensez-vous du see now/buy now ?

C’est un mouvement de fond qui va faire évoluer doucement les timings de présentations dans le bon sens. Aujourd’hui, nous exposons puis vendons un trop tôt en décalage avec les saisons, par exemple nous soldons la collection été alors que celui-ci n’a pas commencé !

Site officiel Michino