Exposition “Modernité révélée” d’Edward Weston à la MEP

Après le mois de la mode et celui du design, place au mois de la photographie. Du 13 au 16 novembre, la foire internationale de photographie revient au Grand Palais pour une 28ème édition de grande ampleur (222 exposants !) avec, en marge, des musées et des galeries parisien·ne·s qui célèbrent aussi le 3ème art. Dans cette abondance de clichés, voici une sélection des expos et events qui valent le détour.

1. La sélection Elles x Paris Photo au Grand Palais
A female bather having a nap on the hot marble of Cağaloğlu Hamam. March, 2020, Istanbul,Turkey. | 2020 | 50 x 50 cm | © Sabiha Çimen / Magnum Photos, Courtesy LOOCK, Berlin

Comme chaque année depuis 2018, le parcours Elles x Paris Photo offre une plus grande visibilité aux artistes féminines. Preuve de son efficacité, la représentation des artistes femmes représentées sur la foire est passé de 20% à 39%. Cette année, c’est la commissaire Devrim Bayar, curatrice en chef du KANAL – Centre Pompidou, un nouveau musée d’art moderne et contemporain de 35 000 m² à Bruxelles dont l’ouverture est prévue en 2026 – qui a conçu le parcours. Entre le livre de Letizia Battaglia dont la série sur les mafieux présentée à Arles cet été fut l’une des révélations du festival, et les autres grands noms, d’Agnès Varda à Pilar Aymerich en passant par Sally Mann, la sélection internationale traverse aussi les époques, de 1872 à aujourd’hui.

Elles x Paris Photo, du 13 au 16 novembre 2025, Grand Palais, 3, avenue du Général Eisenhower, Paris 8e. 

2. Le secteur Émergence au Grand Palais
Bérangère Fromont, Sans titre 14, 2024 – Courtesy of the artist & Galerie Bacqueville
András Ladocsi — L’ineffable.

Installée sur les balcons du Grand Palais, l’exposition des vingt projets Émergence présente le travail d’une sélection d’artistes dans le monde entier : du Soudan du Sud avec Atong Atem au Venezuela avec Suwon Lee, du Brésil avec Rodrigo Braga au Mexique avec Camila Falquez ou encore d’Afrique du Sud avec Sibusiso Bheka. Le secteur affirme également la place de la scène française avec entre autres Marine Lanier, Bérangère Fromont et Sylvie Bonnot. Pour onze d’entre eux, c’est la première fois à Paris Photo. Parmi eux, András Ladocsi, jeune photographe hongrois dont les images posent un regard intime sur les corps magnifiés d’une lumière douce et puissante.

Secteur Émergence, Paris Photo, du 13 au 16 novembre 2025, Grand Palais, 3, avenue du Général Eisenhower, Paris 8e. 

3. “Think Love” d’Inez & Vinoodh à la Project Room #21
“Think Love” © Inez Vinoodh

Du 12 novembre au 12 décembre 2025, la Project Room #21 d’India Mahdavi présente l’expo “Inez & Vinoodh : THINK LOVE”. Pensée comme un avant-goût de la rétrospective “CAN LOVE BE A PHOTOGRAPH. 40 Years of Inez & Vinoodh”, qui ouvrira le 20 mars 2026 au Kunstmuseum Den Haag, aux Pays-Bas, cette mini-expo met en lumière des oeuvres du célèbre duo de photographes réalisées en partie à Marfa, Texas, avec l’iPhone 17 Pro Max, dans le cadre du projet “Joy, In 3 Parts” conçu par Kathy Ryan en collaboration avec Apple. Une façon de poursuivre le dialogue entre art, mode et technologie mais aussi de découvrir l’exploration continue de l’émotion visuelle et de l’innovation numérique par Inez et Vinoodh.

“Inez & Vinoodh : THINK LOVE”, du 13 novembre au 12 décembre 2025 (vernissage le 13 novembre de 17h à 20h30), Project Room #21, 29 rue de Bellechasse, Paris 7e.

4. “Modernité révélée” d’Edward Weston à la MEP
Edward Weston, Nude on Sand, Oceano, 1936 © Center for Creative Photography, Arizona Board of Regents / Edward Weston, Adagp, Paris, 2025 Courtesy Wilson Centre for Photography

À la MEP, l’exposition “Modernité révélée” invite à redécouvrir Edward Weston, l’un des grands noms de la photographie américaine, à travers une période décisive de sa carrière : celle où il fait basculer son art dans la modernité. De pictorialisme inspiré des codes de la peinture, le photographe passe à des images plus précises, à la lumière crue et des lignes pures. Un virage radical qui marque l’histoire de la photographie et se déploie dans l’exposition à travers plus d’une centaine de tirages d’époque, tirés à la main par Edward Weston lui-même et dont certains n’ont jamais été montrés à Paris. Nus sensuels, natures mortes aux formes sculpturales, paysages désertiques ou portraits intimes de ses proches, comme – Tina Modotti photographe, actrice et militante italienne, muse et partenaire artistique de Weston dans le Mexique des années 1920 -, le parcours révèle toute la richesse et la cohérence de son œuvre.

“Modernité révélée” d’Edward Weston, jusqu’au 25 janvier 2026, Maison Européenne de la Photographie, 5/7, rue de Fourcy, Paris 4e. 

5. “Gardiens de l’océan” d’Inuuteq Storch à la Maison du Danemark
“Gardiens de l’océan” © Inuuteq Storch

Le photographe groenlandais Inuuteq Storch, né en 1989, immortalise son environnement avec une sensibilité intime et sans artifice. À travers une trentaine d’images argentiques, souvent de grand format et baignées de tons doux, Inuuteq Storch documente le quotidien du Groenland contemporain. Ses photographies montrent des instants suspendus : des jeunes qui se serrent dans les bras, des enfants en sweat-shirt allongés dans l’herbe, les yeux perdus dans le ciel, des baigneurs, des pêcheurs… Et bien sûr, un iceberg — mais saisi autrement avec au premier plan, sa main esquisse un signe de rock, détournant avec humour l’imagerie figée de la carte postale polaire. Plutôt qu’un regard documentaire ou ethnographique, Inuuteq Storch choisit l’immédiateté, le quotidien, le mouvement.

“Gardiens de l’océan” d’Inuuteq Storch, jusqu’au 23 novembre, Le Bicolore – Maison du Danemark, 142, av. des Champs-Élysées, Paris 8e.

“Soon Will Summer Be Over”, 2023 © Inuuteq Storch
6. “Konkursas” de Francesca Allen au Grand Palais (en partenariat avec Chloé)
© Francesca Allen, Untitled (Konkursas), 2024 – Courtesy of the artist & Chloé Arts

À l’occasion de son retour en tant que partenaire de Paris Photo, la marque Chloé, sous la direction artistique de Chemena Kamali, présente cette année une exposition consacrée à la photographe britannique Francesca Allen qui dévoile ici de nouvelles oeuvres issues de sa série “Konkursas”. Cette dernière met en scène les participantes du Konkursas Pasaulio Ilgaplaukės, un concours annuel récompensant les cheveux les plus longs du monde. Attirée par l’étrangeté visuelle de cet événement mêlant concours de beauté et folklore, Allen s’est rendue en Lituanie à Kaunas en novembre 2024, accompagnée d’une amie lituanienne, afin d’en documenter les coulisses et les moments forts. L’exposition “Konkursas” fera également l’objet d’une publication, éditée en collaboration entre Chloé Arts et l’éditeur allemand Steidl, à paraître en décembre 2025.

“Konkursas” de Francesca Allen, en partenariat avec Chloé, du 13 au 16 novembre 2025, Paris Photo Booth P02, Grand Palais, 3, avenue du Général Eisenhower, Paris 8e. 

7. Erik Gustafsson par Études Studio

Dans le cadre de Paris Photo 2025, le label français Études Studios s’est officiellement associé à la foire internationale de photographie afin de proposer plusieurs activations. Ce partenariat se concrétise d’abord avec la sortie ce 12 novembre de la 28e publication de sa collection de livres “Études Books : Seeing with”. Consacré cette fois-ci à l’œuvre du photographe suédois Erik Gustafsson connu pour naviguer entre abstraction et approche documentaire, ce nouvel opus sera édité à seulement 500 exemplaires et fera l’objet d’un talk avec ledit photographe ce vendredi 14 novembre au Grand Palais. Enfin, histoire de parfaire son partenariat avec la foire internationale de photographie, Études Studios sort également un t-shirt imaginé avec le studio graphique Spassky Fischer. Édité à seulement 150 exemplaires, il sera vendu exclusivement à Paris Photo.

“Études Books No. 28 – Seeing with, Erik Gustafsson”, publié par Études Books. Images : Erik Gustafsson. Texte : Lyle Rexer. 44 pages, 59€, disponible disponible dans la boutique flagship Études Studio, sur etudes-studio.com, et dans une sélection de librairies internationales.

“Études Books No. 28 – Seeing with, Erik Gustafsson”, publié par Études Books. Images : Erik Gustafsson. Texte : Lyle Rexer. 44 pages, 59€, disponible disponible dans la boutique flagship Études Studio, sur etudes-studio.com, et dans une sélection de librairies internationales.

8. “Bistrots parisiens” de Raymond Depardon
“Au Bœuf Gros Sel”, 1970 © Raymond Depardon / Magnum Photos

Pour changer des musées et des galeries, le maître de la photographie française, Raymond Depardon présente sa nouvelle exposition… dans des restaurants. “Bistrots parisiens” est une série de photographies inédites de Raymond Depardon, issues de son fonds d’archives photographiques récemment transféré à la Médiathèque du Patrimoine et de la Photographie française. Prises entre 1960 et 1980, elles ont comme point commun de capturer l’effervescence des établissements parisiens : un patron posant fièrement devant son commerce, Catherine Deneuve en plein repas ou des inconnu·e·s attablé·e·s en terrasse ou au comptoir… Les différentes photos sont exposées dans plusieurs restaurants du 10ème arrondissement, Les Enfants Perdus (rue des Récollets), Le Chardon (rue Bouchardon) ou encore Le Petit Chardon (rue du Château d’Eau), choisis pour leur proximité.

“Bistrots parisiens” de Raymond Depardon, jusqu’au 4 janvier 2026, aux restaurants Les Enfants Perdus (9, rue des Récollets, Paris 10e), Le Chardon (27, rue Bouchardon, Paris 10e) et Le petit Chardon (34, rue du Château d’eau, Paris 10e).

9. “Warmer Visions“ par Moncler et l’ECAL
Moncler X ECAL © Isoard Lea
Moncler X ECAL © Nicollier Auriane

En off de Paris Photo, Moncler s’associe à l’ECAL (École cantonale d’art de Lausanne) afin de proposer une exposition de photos réalisées par les étudiant·e·s en 2e année du Bachelor Photographie. Exposées du 13 au 23 novembre au sein du flagship Moncler des Champs-Élysées, les clichés en question — élaborés sous la direction de Philippe Jarrigeon (photographe français et ancien diplômé de l’ECAL) — ont été pensés pour (ré)interpréter le langage visuel de Moncler, à la croisée de la photographie documentaire et de la mise en scène, entre réalité et fiction.

“Moncler X ECAL Warmer visions”, du 13 au 23 novembre 2025, Flagship Moncler des Champs-Élysées, 119 Av. des Champs-Élysées, Paris 8e.

10. “Regards au cœur du Panama” de Sandra Eleta à la Galerie Rouge
Edita, Panama, Série La Servidumbre, c. 1978 © Sandra Eleta
Palm Angel, Série Embrera hijos del rio, c.1998 © Sandra Eleta

Durant plus d’une décennie, Sandra Eleta, artiste panaméenne née en 1942, a observé les employées de maison travaillant dans les foyers aisés du Panama et d’Espagne. Dans ses images, ces femmes effectuent des gestes quotidiens — plier un drap, repasser, ranger — mais leurs attitudes dégagent une assurance inattendue, parfois même une forme de défi. L’exposition réunit trente-cinq tirages d’époque, et s’ouvre sur une autre facette du travail de Sandra Eleta : ses photographies de Portobelo, village caribéen peuplé de descendants d’esclaves ayant fui la servitude. Là, la photographe saisit la vie communautaire, les traditions et les rituels, dans une atmosphère empreinte de mystère et de poésie. Ses images quasi documentaires captent la beauté fragile du réel et la profondeur des liens humains.

“Regards au cœur du Panama” de Sandra Eleta, jusqu’au 6 décembre 2025, la Galerie Rouge, 3, rue du Pont-Louis-Philippe, Paris 4e.