Pour sa première collection Métiers d’art, Matthieu Blazy a élu domicile à New York, ville chère à Gabrielle Chanel comme à Karl Lagerfeld. Retour en cinq points sur ce show aux 81 silhouettes rehaussées du savoir-faire des artisans du 19M.

Seulement deux mois après le succès de son premier défilé prêt-à-porter SS26 pour la maison Chanel, Mathieu Blazy a encore frappé avec son premier défilé Métiers d’Art. Présentée à New York, la collection a littéralement été dévoilée sur le quai de métro de la station désaffectée de Bowery en plein Manhattan. Une continuité pour la maison française puisqu’en 2018 déjà, Karl Lagerfeld, dont c’était alors le dernier salut public, avait organisé un défilé Métiers d’Art au sein de la section Égypte du Metropolitan Museum. Mixte revient sur les 5 bails à retenir de ce show mémorable.

1. Le métro new yorkais, décor de cinéma

Encore plus exotique que Hangzhou en Chine ou Manchester ? Une station désaffectée du métro new yorkais, décor choisi par Matthieu Blazy pour son côté à la fois pittoresque et accessible. “Durant ces années, j’ai pris beaucoup le métro (à New York, ndlr) et j’y ai vu des scènes extraordinaires, raconte le designer franco-belge aux journalistes après le show. Je me souviens d’une fois, à Times Square, où Spiderman est entré dans la rame. Ou encore d’un soir, quand, en rentrant d’un spectacle à l’Opéra, je me suis retrouvée dans la rame avec d’autres spectatrices habillées dans leurs robes de soirée incroyables. Le métro de New York est un endroit sans hiérarchie, où les strates sociales s’effacent, où l’on peut rencontrer un étudiant comme une femme qui va diriger le monde entier.” Alors que les mannequins déambulent sur les quais et dans les rames, qu’elles lisent la gazette Chanel ou passent des coups de fil des cabines téléphoniques, les invité·e·s du défilé s’extasient aussi devant tant d’exotisme, en se prenant notamment en photo devant les tourniquets. Le métro new yorkais et ses nombreuses références au cinéma semblent donc être le lieu idéal entre rêve américain et parti pris social (Zohran Mamdani aurait activement fait campagne dans les tunnels souterrains).

2. Tenue de journée

Malgré une collection pour laquelle les plus grands artisans de mode (le plumassier Lemarié, les broderies de l’Atelier Montex ou encore la broderie Lesage) contribuent à rendre les pièces exceptionnelles, la première silhouette – un tee-shirt blanc, un jean et un pull beige à col camioneur – dit toute l’élégance que peut dégager une tenue de jour. Là, Matthieu Blazy a voulu transmettre l’anecdote de Gabrielle Chanel qui en 1931, lors d’un voyage à New York et d’une balade downtown aurait croisé de nombreuses femmes habillées dans le style de sa marque. “Elle l’a pris comme le plus grand des honneurs. Et cela l’a aussi incité en rentrant en France à dessiner de plus en plus de vêtements de jour”, a rapporté le designer. Tenue de journée exigée.

3. T’as la réf ?

Un pull tricoté avec le logo de Superman, un tee-shirt en strass avec celui d’I love New York, une robe toile d’araignée, clin d’oeil à Spiderman, une jupe brodée “skyline” ou encore des imprimés girafe, des chapeaux aux oreilles de félins et des souliers zèbre en hommage aux animaux sauvages du zoo de Central Park, les références plus ou moins subtiles à la pop-culture new yorkaise sont bien vues. Un postiche façon Andy Warhol, un mafieu en costume, et quelques milliardaires de l’Upper East Side en robes du soir, chaque silhouette correspond aux main characters de la ville.

4. Les métiers d’art et les matières

Quand la passion de Matthieu Blazy pour les franges et le savoir-faire d’une maison comme Chanel se rencontrent, ça donne non pas un tweed mais “des tweeds” comme l’a formulé Bruno Pavlovsky. “Dans les métiers d’art, il n’y a pas que la broderie. Il y a cette capacité à travailler les matières. Y compris le coton, que j’aime beaucoup pour la légereté qu’il apporte et que Gabrielle Chanel a introduit en ensembles dès les années 1930.” a détaillé Matthieu Blazy. Mais une collection Métiers d’art sans tweed n’en serait cependant pas une et le créateur cite aussi la prouesse de ces “tweeds léopard tissés à la main par Lesage, ce qui n’avait jamais été fait, ou ces manteaux de faux astrakan réalisé en soie”.

5. Le front row

Lupita Nyong’o, Tilda Swinton et Solange, Anna Wintour, Adowa Aboha, Emily Ratajkowski, Angèle, Anamaria Vartolomei mais surtout A$AP Rocky et Margaret Queally, les deux stars du court-métrage réalisé par Michel Gondry pour introduire la collection ont tou·te·s répondu présent·e·s pour assister au show. Côté front row, la barre (de métro) est haute.