LE FINAL DU DÉFILÉ DIOR CRUISE 2027 © MADDY ROTMAN

Pour sa toute première collection croisière depuis son arrivée à la tête de la direction artistique de Dior, Jonathan Anderson a choisi d’investir le Los Angeles County Museum of Art (LACMA), afin de rendre hommage à Christian Dior et son amour pour le cinéma hollywoodien.

Christian Dior et Hollywood, c’est une des nombreuses histoires d’amour qui a façonné la vie du couturier français. Connu pour avoir notamment habillé la star de cinéma Marlene Dietrich qui l’avait imposé à la Warner en tant que costumier sur le tournage du film “Le Grand Alibi” d’Alfred Hitchcock, Monsieur Dior reste également à ce jour le seul créateur de mode à avoir été nommé aux Oscars pour son travail sur le film “Station Terminus”de Vittorio de Sica en 1955. Sans oublier ses tenues créées pour des stars comme Lauren Bacall, Ingrid Bergman, Ava Gardner, Audrey Hepburn, Grace Kelly, Sophia Loren, Marilyn Monroe ou encore Elizabeth Taylor. Big up.

C’est donc cet ancrage dans l’âge d’or du cinéma hollywoodien auquel Jonathan Anderson a voulu rendre hommage en investissant le LACMA afin de présenter sa toute première collection croisière pour la maison française. Baptisée “Wilshire Boulevard”, cette dernière comprenait 75 looks et présentait pour la première fois sur le même podium des silhouettes féminines et masculines.

Parmi les looks marquants de cette collection, on retient évidemment les robes comme celle conçus dans un tissu jaune bouton-d’or ornée de rosettes, installant le motif floral comme fil conducteur, ou encore celle rouge orangé évoquant un champ de coquelicots, sans oublier des silhouettes plus sculpturales comme ce manteau en flanelle de laine grise, donnant l’illusion de recevoir des ombres géométriques d’une lumière traversant des stores vénitiens. Cette pièce à l’effet wow se voulait une citation directe du langage visuel du film en noir et blanc, propre à Hollywood, et traduite ici dans les tissus emblématiques de la maison.

Côté collaboration, Anderson a choisi de travailler avec l’artiste Ed Ruscha pour élaborer quelques chemises. Ruscha, dont l’œuvre depuis plus de cinquante ans consiste à associer mots et phrases à des paysages californiens, a apporté à ces chemises une sensibilité qu’Anderson résume parfaitement : “le rapport entre le banal et la grandeur de la ville”. En effet, l’artiste en question a toujours vu Los Angeles comme un lieu où le mythique et l’ordinaire coexistent dans la rue. Un peu comme cette collection croisière finalement qui n’hésitait pas à mélanger le casual avec des jeans en denim brodés de fines chaînes argentées et le spectaculaire avec des coiffes signées Philip Treacy, qui utilisaient des plumes pour former des lettres et des compositions typographiques avec une précision extrême, tout en réinterprétant une technique créée à l’origine pour le célèbre chapeau “Blow” d’Isabella Blow.

Côté accessoires, Anderson a choisi de dévoiler une nouvelle silhouette de chaussure en forme de croissant, animée de fleurs et de sequins, une minaudière inspirée du nautile, ainsi qu’une nouvelle version du sac Saddle avec une finition inspirée de la peinture automobile et des porte-clés en forme de clé de voiture ; faisant ainsi référence à un autre symbole de Los Angeles : celui des voitures américaines vintage propres à la mythologie et à l’imaginaire collectif de la Cité des Anges. Bref, Anderson réalise sans doute ici sa meilleure collection pour la maison Dior depuis son arrivée. Est-ce Los Angeles y ait pour quelque chose ? “Thank you life, thank you love. It’s true there is some angel in this city”, comme dirait Marion Cotillard.