Doubts, Paris 2026
Crédit : © Paolo Roversi

Deux ans après une grande rétrospective parisienne au Musée Galliera, l’œuvre de Paolo Roversi fait l’objet d’une exposition à la MOP Foundation à La Corogne, en Galice. L’occasion de voir du pays et de (re)découvrir ses images qui ont marqué l’histoire de la mode.

Natalia Vodianova et son regard translucide, des ombres dont on ne sait pas si c’est un tableau tant le clair obscur des photos de Paolo Roversi sont le fruit de techniques variées et parfois d’incidents. Pour cette nouvelle exposition intitulée “Doubts’”, organisée à la fondation MOP dirigée par Marta Ortega Pérez (la présidente du groupe Intex), le travail du photographe n’est pas simplement organisé de façon chronologique mais en neuf sections. Theatre, Appearances, Shadows, Doubts, People, Presence, Grace, Beauty et Fading ou Théâtre, Apparences, Ombres, des Doutes, Gens, Présence, Grâce, Beauté et Déclin, catégorisent les différentes périodes du maître avec des images iconiques de ses muses les plus connues – Natalia Vodianova, Naomi Campbell ou Kirsten Owen – mais aussi, des photographies inédites.

Naomi, Paris 1996 © Paolo Roversi
Roos, Paris, 2017 © Paolo Roversi; courtesy Pace/MacGill Gallery, New York

“Le doute est un mot qui revient souvent dans mon travail, il rappelle les accidents, les choses arrivant d’une façon inattendue.”, développe Paolo Roversi qui justifie le thème de l’exposition comme un appel à laisser une place conséquente à l’inattendu dans la création. “Les doutes stimulent la curiosité, stimulent l’envie de connaître, l’envie de découvrir. Il y a plein de doutes quand on prend une photo. Les doutes du cadrage, les doutes de quelle caméra prend, quelle pellicule. Il y en a plein.”

Molly, Paris, 2015 © Paolo Roversi; courtesy Pace/MacGill Gallery, New York
Natalia, Paris 2003 © Paolo Roversi

Venu s’installer à Paris dans les années 70, l’artiste italien a toujours été fidèle au Polaroid – l’essence même de la surprise dans la photographie – et de la chambre grand format laissant ainsi des images aux tons sépias et aux contours flous, donnant parfois un rendu presque fantomatique rappelant les images des années 1900. Paolo Roversi ne chasse pas les ancêtres disparus mais plutôt les imperfections de la mode qu’il upgrade ainsi au rang d’art. Une fois rassemblées, ces 50 ans de photographies illustrent parfaitement l’une de ses convictions, presque mystique, que la beauté réside dans le silence, les ombres et les interstices entre les choses. Tout comme il aime à répéter qu’il ne prend pas de photo, mais plutôt qu’il donne une photo.

Billy, Paris, 1998 © Paolo Roversi; courtesy Pace/MacGill Gallery, New York
Sara, Paris, 2004 © Paolo Roversi; courtesy Pace/MacGill Gallery, New York

Paolo Roversi, Doubts, une exposition à découvrir du 20 juin au mois de septembre 2026 à la MOP Foundation, Muelle de Batería, à A Coruña.