En complément d’une première exposition à la Galerie Dior démarrée en novembre, la Fondation Azzedine Alaïa a dévoilé à son tour ce 15 décembre “Azzedine Alaïa et Christian Dior, deux maîtres de la Haute Couture”. Une exposition qui met pour la première fois côte à côte et en comparaison les pièces des deux légendes de la couture.

Qu’est-ce qui relie Azzedine Alaïa et Christian Dior ? Si ces couturiers qui ont chacun révolutionné à leur manière la mode du XXe siècle n’étaient pas de la même génération, leur chemin se sont pourtant bien croisés. En 1956, le jeune Azzedine Alaïa, tout juste débarqué de Tunis, se retrouve à travailler dans les ateliers Dior à Paris en tant que stagiaire grâce à son amie Habiba Menchari, cliente de la maison française. Si le futur couturier tunisien ne reste finalement que quelques jours à ce poste, il gardera une admiration sans bornes pour les robes à jupons de Christian Dior qu’il voyait comme de véritables sculptures en lévitation. Au point que dès la fin des années 1960, le couturier devenu un historien passionné de mode se mette à collectionner quelque centaines de pièces patrimoniales signées Christian Dior ou imaginées par ses successeurs, allant d’Yves Saint Laurent à John Galliano.

C’est donc ce lien particulier que donne à voir cette nouvelle exposition “Azzedine Alaïa et Christian Dior, deux maîtres de la haute couture” en montrant au sein de la Fondation Alaïa les archives Dior réunies et collectionnées par Azzedine Alaïa à côté de ses propres créations. Le but ? Déceler et imaginer l’influence sous-jacente, voire parfois quasi-inconsciente, qu’a pu avoir le travail de Christian Dior sur l’esthétique du génie frano-tunisien. Car ainsi mises face à face, leurs oeuvres respectives créent ici un double récit en faisant apparaître les correspondances profondes entre les deux maisons de mode.

Si ce concept inédit a été rendu possible, c’est d’abord grâce au travail d’Olivier Saillard, directeur de la Fondation et conservateur des deux manifestations, qui a permis de raconter ces silhouettes et la trajectoire qui les a menées jusqu’ici — depuis la sollicitation de la Fondation pour l’entité Héritage de Dior afin de recenser et dater les créations de la collection privée d’Alaïa, jusqu’à la restauration de certaines pièces. Résultat, l’exposition réunit donc près de 70 modèles créés par les deux couturiers et les comparent avec subtilité en mettant en avant des accords formels, des associations de teintes ou encore des similitudes d’ornements ou d’inspirations, malgré les décennies qui les séparent.

Une expérience indispensable pour tou·te·s les féru·e·s de mode qui est aujourd’hui également complétée par un ouvrage inédit publié par les éditions Rizzoli dans lequel on retrouve pour la toute première fois l’ensemble de la collection personnelle de créations Dior qu’Alaïa a constituée au fil des décennies ; et qui est ici analysée à travers différents chapitres : la construction des robes, leur “architecture”, la multitude des nuances de couleurs et des textures des tissus et des matières, ou encore la poésie des noms des créations de Dior qui révèlent la diversité de ses sources d’inspiration (Accacias, Astarté, Caracas, Chérie, Jardin anglais, Madrid, Marcel Pagnol, Rose des vents ou Tourbillon).

“Azzedine Alaïa et Christian Dior, deux maîtres de la Haute Couture” à la Fondation Azzedine Alaïa, 18, rue de la Verrerie, Paris 4e, jusqu’au 3 mai 2026. Plus d’infos sur fondationazzedinealaia.org