Pour la 3e édition du Biarritz Film Festival – Nouvelles Vagues tourné vers les récits de jeunesse, Halfdan Ullmann Tøndel a eu l’honneur d’y être nommé président du jury. Le réalisateur et scénariste norvégien qui est né à Oslo nous a accordé un entretien pour parler écriture et récits cinématographiques. Petit-fils d’Ingmar Bergman (1918-2007) et de la comédienne Liv Ullmann, dont il a hérité les grands yeux bleus, il confie avoir rencontré le cinéma avec les films de Charlie Chaplin, mais aussi avec des productions plus mainstream, comme Les Dents de la mer. Son large sourire, qu’il partage bien volontiers, tout comme les compliments pour ses collaborateur·rice·s, homologues et notamment les autres membres du jury – dont il salue “l’intelligence et la profondeur” – font de lui un artiste altruiste. Un temps esquivée par modestie, mais aussi par la crainte de se confronter à son patrimoine familial, sa carrière de cinéaste s’est finalement imposée à lui comme une évidence. D’abord avec la réalisation de deux court-métrages (Bird Hearts en 2015 et Fanny en 2017) avant de sortir son premier long, La Convocation (ou Armand), en 2024. Rencontre avec un réalisateur animé par la volonté de mettre en lumière différents points de vue narratifs.
MIXTE. Vous avez réalisé il y a peu votre premier long-métrage. Comment êtes-vous arrivé au cinéma ?
Halfdan Ullmann Tøndel. Par un grand détour ! Vu l’histoire de ma famille, je me disais : “Ça a déjà été fait avant moi… Pourquoi je le ferais moi aussi ?” Alors j’ai d’abord essayé plein de choses, la psychologie, l’économie… qui n’ont pas été de super expériences. Puis j’ai commencé des études de journalisme. Pendant les cours, on devait réaliser des petits films, et j’ai trouvé ça plutôt cool. Je me suis dit : “Il faudrait peut-être que je me lance”, et j’ai oublié ma première promesse de ne pas faire de films pour mieux plonger dedans. Finalement, le pouvoir du cinéma m’a rattrapé.
M. Le thème de notre numéro est “Storytellers”. Dans votre discipline, vous considérez-vous comme un conteur d’histoires ?
H. U. T. Bien sûr, c’est mon travail d’écrire des histoires. Je suis un conteur, mais qui ne l’est pas ? C’est juste que moi, je raconte des histoires via ce média particulier qu’est le cinéma. Mais je pense que tout le monde est conteur·se – y compris mon fils de 4 ans que je considère comme un excellent storyteller.
M. C’est vrai que les enfants peuvent raconter de super histoires…
H. U. T. C’est très amusant de l’écouter. J’adore qu’il me parle d’un éléphant qu’il a vu dans la rue, je trouve ça génial !