L’une des expositions les plus attendues de l’année 2026 ouvre ce jeudi 30 janvier au Jeu de Paume. “Global Warning” (Alerte Générale) rend hommage au travail de Martin Parr. Disparu en décembre 2025, il reste à ce jour l’un des artistes les plus populaires de sa génération pour avoir notamment observé et immortalisé les touristes du monde entier.

On pourrait dire que Martin Parr, l’un des photographes les plus prolixes de sa génération, “a fait une Molière”. Disparu au début du mois de décembre dernier, soit à peine deux mois avant la sortie de son autobiographie, “Complètement paresseux et étourdi” (éditions Michel Lafon), et d’une exposition dédiée à son œuvre des années 1970 à aujourd’hui. Une rétrospective qui s’apparente à une synthèse de son regard sur notre époque avec une nouvelle approche, plus critique.

GB. England. Salford. Spending Time. 1986.
UNITED ARAB EMIRATES. Dubai. DIFC Gulf Art Fair. 2007.
SPAIN. Benidorm. 1997.
JAPAN. Tokyo. From 'Common Sense'. 1998.

Si les images de Martin Parr aux couleurs saturées et aux cadres serrés ou décalés ont inspiré toute une génération, son humour et son regard critique sur certains sujets de société ont aussi façonné son approche artistique. « Je vois maintenant que presque toutes les images que j’ai prises et produites récemment sont indirectement liées au changement climatique » a écrit l’artiste sur son blog “My climate change conversation” (2009) avant de déclarer quelques années plus tard : “On va vers la catastrophe, mais on y va tous ensemble. Personne n’osera interdire la voiture ou les déplacements en avion”. Sensibiliser sans faire la morale sur des questions cruciales comme le tourisme de masse, le consumérisme, les dépendances technologiques ou encore notre rapport ambivalent au vivant, tel fut l’effet des images de Martin Parr désormais entrées au panthéon de la pop culture et dans la postérité.

SWITZERLAND. Zurich. 1997.
GB. Scotland. Glasgow. Fairy cakes. 1999.

Le parcours de l’exposition se divise d’ailleurs en cinq parties qui définissent ces préoccupations que reflètent l’œuvre de Martin Parr : “Terres de loisirs, terres de déchets”, “Tout doit disparaître !”, “Petite planète”, “Le règne animal” et “Addictions technologiques”. De quoi explorer les différentes collections de l’artiste qui a marqué le siècle jusqu’à être nommée Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique en 2021, à l’occasion de l’anniversaire de la reine Élisabeth II.

USA. Las Vegas. 2000.
SWITZERLAND. Kleine Scheidegg. 1994.
SPAIN. Benidorm. 1997.

Et pour explorer le travail anthropologique du photographe jusque dans ses moindres détails, le Jeu de Paume organise en marge de l’exposition des visites spéciales, des tables rondes sur les sujets abordés par le travail de l’artiste, des performances, des cours ou encore des ateliers pour enfants. De quoi perpétuer une œuvre déjà culte et gravée dans les rétines du monde entier.

ITALY. Venice. A tourist takes a picture while pigeons surround her. 2005.
FRANCE. Paris. Louvre. Mona Lisa. 2012.
INDIA. Mumbai. Chowpatty Beach. 2018.
INDIA. Jaipur. Amer Fort. 2019.

Plus d’informations sur jeudepaume.org