Prada SS26

Elle succède au Pitti Uomo de Florence et fait office de tour d’échauffement avant Paris : si la Fashion Week Homme de Milan est plus concise cette saison (absence de Versace, Bottega Veneta et Gucci entre autres), elle ne manque pas moins de pépites, notamment grâce aux collections de Prada, Vivienne Westwood by Andreas kronthaler, Setchu ou encore Mordecai. Notre récap’ en huit points.

1. La confirmation de Setchu
Setchu SS26

Pour son tout premier défilé milanais, le créateur japonais, Satoshi Kuwata a présenté une collection inspirée des chutes Victoria au Zimbabwe et par extension, de l’univers de la pêche qui le fascine. Des pantalons cargo kaki et marine, d’amples chemises en popeline, des rayures, de la couleur, il règne un esprit de déconstruction pour ce créateur formé chez les tailleurs et réputé pour ses patronages impeccables. À cela s’ajoutent des jupes-paniers à considérer plutôt comme des sculptures que comme des vêtements. “Les chutes Victoria sont l’une des meilleures destinations pour pêcher le poisson tigre. J’ai rencontré cette tribu, les Batonga, et leur façon de tresser des paniers, qui est très différente de celle des autres pays. La construction est donc aléatoire, et c’est ce que je voulais dans cette collection – des formes organiques aléatoires.”, a développé Satoshi Kuwata.

2. Le règne de Prada
Prada SS26

L’indéboulonnable maison Prada continue de régner en maîtresse de la Fashion Week milanaise. Non seulement la collection aux 56 looks est particulièrement réussie mais en plus elle nous veut du bien : “douceur, gentillese, calme”. Outre les mots-clés de Miuccia Prada et Raf Simons qui résonnent et une palette de couleur des plus soft (rose dragé, vert menthe à l’eau, bleu layette), le duo créatif veut en finir avec “les idées compliquées inutiles” et revenir à une mode désassemblée, simplifiée, le tout néanmoins rehaussé de joie, de rouge franc, de violet, de leggings, de vestes en cuir et d’imprimés à fleurs seventies et tout va avec tout. Mieux que le conceptuel, il y a l’instinctif et c’est ce dernier sentiment qui a pris le pas sur cette nouvelle collection.

3. Le neo-dandy de Vivienne Westwood
Vivienne Westwood SS26

Habituellement, Andreas Konthaler présente ses collections Vivienne Westwood mixtes à Paris, mais il a cette saison décidé d’organiser un défilé homme dans la capitale italienne de la mode. C’est d’ailleurs la première fois depuis 2017 que la marque propose un défilé exclusivement masculin. L’occasion pour son créateur de montrer une collection reposant sur l’idée d’un dandy moderne, mêlant tailleur classique et fantaisie fluide et anarchique : robes drapées façon déesse, pantalons de pirate en cuir, maillots de rugby transformés en robes, vestes de costumes aux épaules larges, chapeaux trilby, creepers George Cox, escarpins à petits talons ou encore plateformes vertigineuses. Soit tous les codes emblématiques de Westwood pour un show qui restera l’un des moments forts de cette saison milanaise.

4. Le grand voyage de Paul Smith

S’il a bien changé de forme – entre tourisme de masse et problématiques écologiques – le voyage a bien été la source d’inspiration pour cet été de Paul Smith. Le charme suranné des ces imprimés collage, des couleurs vives inspirées par un livre de photographies du Caire, fait son effet. Marrakech, l’Inde, Paul Smith évoque les destinations qui ont nourri ces silhouettes aux coupes inspirées des costumes des années 50, ornés de charms et d’autant de détails qui donnent l’envie de voyager comme à l’ancienne, avec élégance et curiosité.

5. La bonne surprise de Dolce & Gabbana
Dolce & Gabbana SS26

Dolce & Gabbana ont “Dolce & Gabbané” et infusé de la non-chalence de luxe en déclinant le pyjama. Vêtement culturellement indispensable des italien, le pyjama à la papa, en coton et à rayures se voit ici décliné en habit de lumière. Version short, mix and match à outrance, combo léopard-rayures ou ornements brillants, chemises à pois… Il n’y avait qu’à piocher dans les archives de la maison des années 90 pour que l’été 2026 se fasse en mode saut-du-lit et c’est plutôt réussi.

6. Le retour du BC-BEIGE
Mordecai SS26

Et si le beige était devenu le nouveau noir ? Cette teinte tout aussi classique qu’elle peut être élégante et disruptive. Une théorie qui fonctionne quand elle est vue par le prisme de maisons comme Mordecai qui en a fait une des ses teintes phares depuis quelques saisons. On le retrouve ensuite un peu partour : chez Qasimi notamment où les coupes de vestes à poches et de gilets font parfois office d’armure, comme une seconde peau. Idem chez Simon Cracker dont la collection s’étend sur une palette de gris, d’écru et de beige tranche avec l’esprit du label, réputé pour ses coupes brutes et son énergie punk. Enfin, il est aussi présent chez Setchu, Emporio Armani, Saul Nash, N°21 et Dolce.

Emporio Armani SS26, Dolce & Gabbana SS26, Setchu SS26, PDF SS26, Simon Craker SS26
Emporio Armani SS26, N°21 SS26, PDF SS26, Qasimi SS26, Saul Nash SS26
7. L’inévitable tailoring italien
Brunello Cucinelli SS26

Milan ne serait pas Milan sans son art du tailoring et ses costumes dans tous les sens. D’abord chez Brunello Cucinelli qui après sa présentation au Pitti Uomo est venu remontrer à Milan une collection où la cravate reprend ses droits. Chez Dunhill, le costard se pare aussi d’accessoires de lord comme le Barbour ou encore la veste en cuir. Puis, chez Giorgio Armani, il dégage une aura de power suit tout droit venue des années 1980 et se porte en couple – autre valeur sûre de l’époque.

Canali SS26 x2, Giorgio Armani SS26 x2, Dunhill SS26 x2
8. Le takeover du all over
Dolce & Gabbana SS26, Emporio Armani SS26, Fiorucci SS26, Qasimi SS26, Saul Nash SS26

Du denim délavé chez Saul Nash, du léopard chez Dolce & Gabbana (qui d’autres), de l’arty bordélique chez Qasimi, de l’esprit papier peint seventies chez Emporio Armani ou encore du kitsch et des têtes de caniche à noeud chez Fiorucci… L’option été 2026 est apparemment de croire au retour de l’imprimé en all over, à condition qu’il soit tacky.