Dior Haute Couture PE26

Du beau, du léger, du grandiose. Pour le printemps-Été 2026, la semaine de la Haute Couture parisienne a salué les premiers pas de Silvana Armani chez Armani Privé, Mathieu Blazy chez Chanel et Jonathan Anderson chez Dior sans oublier Valentino et Schiaparelli et la jeune garde représentée par Germanier ou Robert Wun. Récap’ en 7 moments forts.

1. L’ENVOLÉE DE CHANEL
Chanel Haute Couture PE26

Niché dans une clairière magique peuplée de champignons gigantesques, Mathieu Blazy prend son envol avec une douceur inégalable. Pour sa première collection Haute-Couture, le créateur s’est inspiré du haïku anonyme « Oiseau, champignon/ La beauté surgit/ Puis disparaît. » Furtives, les mousselines, si chère à Coco Chanel, caressent les peaux et côtoient le plumage d’oiseaux rares, déclinés sur de la soie chiffon ou des tweed en trompe l’œil. Des lettres d’amour brodées glissent de sacs Timeless, légers comme une plume, façonnés de mousseline de soie transparente. Il y a dans l’air comme un joyeux parfum de liberté.

2. Le jardin de Dior
Dior Haute Couture PE26

Pour sa première incursion Haute-Couture, Jonathan Anderson s’inspire de la nature comme d’une matière première vivante. Avec pour départ les fleurs offertes par John Galliano et les céramiques anthropomorphes de Magdalene Odundo, c’est tout un vocabulaire luxuriant qui voit le jour. Les 63 looks éclosent avec fraîcheur dans un parterre de maille gansée de plumes, d’organza, de tissus français du XVIIIe siècle ou de bijoux fossiles et autres minaudières coccinelles. Bouquet final, Mona Tougaard, ultime déesse de la nature, apparaît tout de blanc vêtu, des cyclamens façonnés dans de la soie, lui murmurant à l’oreille.

3. Les divines créatures de Schiaparelli
Schiaparelli Haute Couture PE26

Pour cette nouvelle collection intitulée L’Agonie et l’Extasie, Daniel Rosberry nous propose de mourir de beauté. Au choix, queue de crocodile en point de satin, pointes de poissons globes en organza ou soulier vipère en résine. Puis, les reptiles font place aux vertébrés et une nuée d’oiseaux, dans un tourbillon de tulles et de plumes, s’élève vers le Paradis. L’effet sfumato, une technique picturale du XVIIe siècle aux contours floutés, omniprésente dans la chapelle Sixtine, point de départ de la collection, enveloppe l’ensemble. Bien accompagné de crins transparents, dentelles satinées et cristaux fumés. Bref, le syndrome de Stendhal est total.

4. Le raffinement d’Armani Privé
Armani Privé Haute Couture PE26

C’est dans une multitude de teintes vertes pâle, rose tendre, gris profond et une pointe de noir que Silvana Armani, la nièce du créateur disparu en septembre dernier, a présenté sa toute première collection. Une gemme, la jade, dont le travail est aussi minutieux que celui de la Haute-Couture, en était la principale invitée. Tout en fluidité verticale et en structure impériale, elle illuminait en cascade, des robes du soir serties de pierreries, des pantalons fluides insaisissables ou des costumes éclatants de broderies. Le tout, dans un bruissement de satin, de soie et d’organza. C’est ce qui s’appelle faire d’une pierre, deux coups.

5. Le spectaculaire de Valentino
Valentino Haute Couture PE26

Débuté par les mots de Valentino Garavani, fondateur de la Maison italienne, disparu il y a seulement quelques jours, le défilé vaut assurément le coup d’œil. Pensé comme un peep show moderne et s’inspirant des Kaiserpanorama, l’un des ancêtres du cinéma, les silhouettes théâtrales, faisaient penser à Sarah Bernard, Marlène Dietrich et Elton John à la fois. Emprunte de nostalgie hollywoodienne avec un accent burlesque, des plumes d’autruche gigantesques, des robes aux décolletés vertigineux et des couronnes de madone se glissaient sous les regards et pulsaient au gré d’une lumière chirurgicale. Parfait pour un plaisir solitaire.

6. LA COUTURE RÉINVENTÉE DE GERMANIER
Germanier Haute Couture PE26

Cette saison encore, Kevin Germanier débroussaille la Haute Couture. Baptisée “Upcycled couture”, la collection de 25 passages, avec en tête Lisa Rinna, est conçue à partir d’anciennes pièces issues des Maisons du groupe LVMH. “Certaines embellies, d’autres entièrement déconstruites puis recomposés” raconte le créateur. Hérissés de plumes acidulées, de sequins recyclés, de canettes brodées, les robes et costumes se parent aussi de chardon, « symbole de féminité souveraine et indocile ». Dans des couleurs charbon, acide ou tirant sur le bleu pastel, on découvre une épopée poétique et piquante, tout en relief et en volume. Vaccin à jour plus que recommandé.

7. LA TEMPÊTE PERSONNELLE DE ROBERT WUN
Robert Wun Haute Couture PE26

Fidèle à son lexique fantasmagorique, Robert Wun présente une croisade de l’esprit et met à nu le processus créatif et surtout le rêve qui se cache derrière la couture. Car en être capable, encore aujourd’hui, relève de la bravoure, et il faut dire que ses personnages en sont dotées. Prêts à en découdre, les manteaux aux épaulettes acérées se font menaçants, les robes sont des fourreaux avec plastron en épée et certaines se retrouvent même écorchées vives mais sublimement drapées. Une crinoline nébuleuse aux pierreries presque aveuglantes, met fin au combat. C’est une nouvelle bataille de gagnée et pourquoi pas, la guerre qui va avec.