Le jury du Biarritz Film Festival – Nouvelles Vagues 2026

Pour sa quatrième édition, le festival international de cinéma dédié aux récits de jeunesse, a mis le paquet : une programmation enrichie, des invité·e·s dont le name dropping n’a rien à envier à Cannes – Isabelle Huppert, Marion Cotillard, Monica Bellucci, Kristen Stewart, Rami Malek – et une cérémonie de clôture aux prises de paroles engagées puisque incarnée par la relève du cinéma international.

C’est un dans un contexte bien particulier puisque caniculaire que s’est déroulée la dernière édition du Biarritz Film Festival – Nouvelles Vagues. Entre la catastrophe de la falaise qui a endeuillé la ville et les perturbations des transports, l’énergie du chaos n’a pas entravé le déroulé du festival, au contraire, elle a même peut-être poussé son concept initial, celui de porter les voix de la jeunesse et de célébrer ses récits au cinéma. Ceux d’une jeunesse a priori vouée à évoluer dans cette même énergie du chaos, angoissante à plein d’égards mais aussi propice à la créativité et aux émotions fortes.

Le jury longs métrages présidé par Kristen Stewart lors de la cérémonie de clôture. © Claire Jaillard

“Il n’y a pas une jeunesse mais des jeunesses et c’est justement ce qui la définit”, a-t-on pu entendre au détour des conversations. C’est justement ce que le cinéma et ce genre de festival permet : montrer toutes les facettes de la jeunesse et éclairer sa diversité. C’est ainsi que le jury des prix longs métrages, présidé par “l’une des actrices les plus badass de sa génération” comme l’a introduite Marion Cotillard lors de la cérémonie d’ouverture, est composé de talents du monde entier – et de moins de 36 ans : les réalisateur·ice·s Nathan Ambrosioni (France) et Carolina Cavalli (Italie) et les acteur·ice·s Esmé Creed-Miles (UK), Ishaan Khatter (Indie), Whitney Peak (Canada), Suzy Bemba, Raphaël Quenard et Vassili Schneider (France). Cette jolie troupe a dû choisir parmi les huit films en compétition les prix du jury, de l’interprétation et le grand prix respectivement remis à “No Good Men” de Shahrbanoo Sadat, “Congo Boy” de Rafiki Fariala et “Big Girls don’t Cry” de Paloma Schneideman. Ce dernier, summer movie/coming-of age néo-zélandais, a séduit tant par sa fraîcheur que par son sujet universel : trouver sa place . “Le film que j’aurais aimé voir à 14 ans”, a précisé la présidente du jury Kristen Stewart, en remettant le prix.

Ani Palmer et Paloma Schneideman, actrice et réalisatrice du film “Big Girls Don’t Cry”

Installé dans la ville basque depuis maintenant quatre ans, le Biarritz Film Festival a vu sa programmation s’enrichir. Six jours rythmés d’une dizaine de projections quotidienne, des rencontres avec les différent·e·s acteur·ice·s de l’industrie (producteur·ice·s, réalisateur·ice·s, distributeur·ice·s, métiers de l’IA), des thématiques dédiées aux films de patrimoine, de genre ou à l’environnement, une nuit entière de projection à la programmation dirigée par la réalisatrice Yolande Zauberman, des séances “Gazteria” (qui signifie jeunesse en basque) hostées par Marion Cotillard, Xavier Dolan, Isabelle Huppert, Kristen Stewart ou encore Monica Bellucci venu·e·s présenter un film de leur choix… Bref, de quoi proposer un spectre assez complet du cinéma d’hier, d’aujourd’hui mais surtout de demain, le tout par un prisme forcément sociopolitique puisqu’on montre ici des films faits par ou pour la jeunesse.

L’équipe du film la “Gradiva” de Marine Atlan, prix du jury lycéens et apprentis et Chiara Mastroianni. © Claire Jaillard

Ainsi, après avoir remis des prix d’honneur à Isabelle Huppert et Rami Malek, le public et les différents jurys (dont les lycéens et les jeunes détenteurs du pass culture), ont récompensé la nouvelle génération à grand coups de discours politisés et engagés – et ça fait du bien dans un cadre où une grande partie est sapée en Chanel. Au micro : Camille Étienne et un discours sur l’urgence climatique très à propos en pleine canicule, Anthony Bajon et ses comparses du jury courts métrages qui déplore n’avoir qu’une seule femme parmi les réalisateur·ice·s de la sélection courts métrages, ou encore Suzy Bemba qui cite Bell Hooks pou remettre le prix d’intrerprétation à Bradley Fiomona Dembeasset, héros du film “Congo Boy” qui se déroule entres les Républiques démocratique du Congo et Centrafrique. Autre moment émotion, le discours de remerciement de la réalisatrice d’origine afghane, Shahrbanoo Sadat, pour dénoncer l’appartheid de genre qui sévit dans son pays qu’elle explore avec délicatesse dans son film “No Good Men”. Une chose est sûre, la jeune garde du cinéma a encore des choses à dire.

Le jury court métrage : Galatea Bellugi, Seb, Anthony Bajon, Gohar Martirosyan et Sami Outalbali.