Yohanne Lamoulère, Courage, de la série « Manger tes yeux, ici ment la ville », 2019 Collection d’entreprise Neuflize OBC © Yohanne Lamoulère / Tendance Floue

Pour passer la saison à contre-courant des marées humaines, rien de mieux qu’un rattrapage culturel. Photographie, design et peintures, les programmations estivales n’ont rien à envier aux gros événements de la rentrée.

Henry Taylor, “Where thoughts provoke” au Musée Picasso
Henry Taylor, « Split », 2013 Acrylique et fusain sur toile The Lumpkin-Boccuzzi Family Collection

Pour sa toute première exposition en France et après avoir écumé les grands musées américains (MET, MoMa, Museum of Contemporary Art à Los Angeles), l’une des figures majeures de la peinture US, née en 1958, a investi les salles du Musée Picasso. L’exposition qui a bénéficié du soutien de Louis Vuitton, a été composée avec l’artiste lui-même : déployée sur deux étages et treize salles, elle réunit une centaine d’œuvres — peintures, sculptures, installations — à travers lesquelles Henry Taylor explore la richesse et la complexité de l’expérience humaine. La galerie de personnages – inspirés d’amis, de proches, de personnes anonymes ou de figures publiques – qui évolue dans ce décor urbain aux couleurs vives donne en effet à voir la diversité des visages de l’Amérique au fil des décennies.

Jusqu’au 6 septembre. Musée Picasso, 5, rue de Thorigny, Paris 3ème.

“La photographie en toutes lettres” à la Maison Européenne de la Photographie
Claudine Doury, Artek, Le camp Kiparisini, Crimée ARTEK, 1994 Collection d’entreprise Neuflize OBC © Claudine Doury

Réalisée à l’occasion du bicentenaire de la photographie, l’exposition “La photographie en toutes lettres” est conçue en étroite collaboration avec la Collection d’entreprise Neuflize OBC. Elle réunit des œuvres issues de ce fonds, mises en dialogue avec celles des collections de la MEP. Un autoportrait de Nan Goldin et une publicité Kodak côtoient des photos du journal LIFE et ce qui les lie c’est l’effet de l’image, l’énigme avant l’explication même si “chaque entrée de ce lexique est accompagnée de textes, de citations et d’anecdotes qui éclairent, sans jamais l’épuiser, la pluralité des récits que porte la photographie”.

Jusqu’au 13 septembre. Maison Européenne de la Photographie, 5/7 rue de Fourcy, Paris 4ème.

“Bonnes Mères” au Mucem
Pierre et Gilles, La Vierge à l’enfant, Hafsia Herzi et Loric, 2009. © Pierre et Gilles

Entre un bain de mer et un cierge déposé à LA Bonne Mère, la basilique de Notre-Dame de la Garde de Marseille, direction le Mucem pour découvrir l’exposition “Bonnes Mères” qui rend hommage à la maternité méditerranéenne érigée en pilier de la société, de l’Antiquité à nos jours en réunissant pas moins de 350 œuvres. De Botticelli à Pierre et Gilles, l’exposition aborde ainsi la figure maternelle sous tous ses angles, y compris socio-culturel : elle raconte ses réalités complexes à travers les expériences intimes souvent passées sous silence – comme le deuil périnatal ou les interruptions de grossesse et en fin de parcours, des proverbes issus du bassin méditerranéen sur les mères et belles-mères ornent les murs.

Jusqu’au 31 août. Mucem, 7 promenade Robert Laffont, Marseille.

“Fragile Beauté” au Jeu de Paume
Harley Weir, Boys Don’t Cry, Senegal, 2015 © Harley Weir

Outre leur foyer et leurs enfants, Sir Elton John et le réalisateur David Furnish partagent l’amour pour la photographie. C’est ainsi qu’une partie de leur collection commencée il y a plus de trente ans et composée de 7000 images, est présentée au Jeu de Paume jusqu’à la fin du mois de septembre. Le fil rouge : des images emblématiques qui explorent la connexion entre la force et la vulnérabilité inhérentes à la condition humaine. Adapté de l’exposition présentée au Victoria and Albert Museum entre mai 2024 et janvier 2025, le parcours explore cinq thématiques tels que le désir, la mode, les célébrités, l’affirmation des identités et le photojournalisme. Parmi les artistes présentés, Robert Mapplethorpe, Harley Weir, Irving Penn, Diane Arbus, Ai Weiwei, Herbert List, ou encore une ceratine Nan Goldin.

Jusqu’au 27 septembre. 1, place de la Concorde, Paris 1er.

“All Inclusive”, Kourtney Roy au Musée de l’Économie
Arrivée à Sardaigne, 2022, Série “In Between / Entre Deux Mondes” © Grande Commande Photojournalisme

Exposé l’été dernier dans le cadre des Rencontres d’Arles, le travail de Kourtney Roy est une satire saturée qui tombe à pic puisqu’elle dénonce, entre autres, le tourisme de masse. Trente photos de l’artiste s’installent ainsi dans le hall de la Cité de l’Économie pour mieux mettre les pieds dans le plat : en résonance avec ces œuvres aux mises en scène et au ton décalé, la Cité de l’Économie propose une lecture économique du tourisme mondialisé, invitant les visiteurs à décrypter ses enjeux contemporains : inégalités sociales, impact environnemental, poids des stratégies marketing, transformation des territoires…

Jusqu’au 20 septembre. 1 Place du Général Catroux, Paris 17ème.

“Le design selon Pierre Paulin (1927 – 2009)” au Musée Fabre
Fauteuil Orange Slice, de Pierre Paulin pour Artifort, 1960. ARTIFORT/SP

Si vous n’avez pas de pièce signée Pierre Paulin, vous n’avez pas raté votre vie mais leur histoire vaut quand même le détour. La Mushroom Chair (1959), la Ribbon Chair (1966) ou encore la Tongue Chair (1968) ont marqué le design du XXème siècle et le Musée Fabre à Montpellier rend hommage à cette figure française, ayant façonné le paysage du design de toute une génération. Côté parcours, des ensembles d’aménagements intérieurs ont été reconstitués façon dimanche chez IKEA ++ au gré des explications de l’évolution de la carrière du designer dans ces contextes historiques bien précis.
Jusqu’au 1er novembre. 39, boulevard Bonne Nouvelle, Montpellier.