Guillermo Justicia FW26

Du 14 au 17 avril, Barcelone a tenu la 37e édition de sa fashion week. Connu sous le nom exact de 080 Barcelona Fashion, l’événement mode, qui a été marqué par son installation à Port Vell, a une fois de plus célébré la jeune création tout comme quelques designers confirmés. Retour sur les 8 meilleurs défilés de la saison selon Mixte.

Vous pensiez que la saison des défilés Fall-Winter 2026 était terminée ? C’était sans compter Barcelone qui vient de clôturer en beauté la saison avec la 37e édition de la 080 Barcelona Fashion, la fashion week de la capitale catalane. En réunissant 26 créateur·rice·s au sein d’un nouveau complexe situé en bord de mer à Port Vell, l’événement a renforcé son ouverture internationale, notamment en organisant en préambule, le 13 et 14 avril, le European Designer Fashion Summit, un forum dédié à l’avenir du secteur de la mode et qui a réuni 20 experts nationaux et internationaux afin d’analyser, au travers de tables rondes, entretiens et talks, les défis qui auxquels est confrontée l’industrie en terme de création, de business mais aussi d’économie. Côté chiffon, la semaine barcelonaise s’est distinguée avec une large sélection de marques locales et internationales qui ont fait le show et célébré la création et l’engagement social à l’image de la marque palestino-jordanienne Nazaal Studio ou encore de la marque Adolfo Domínguez qui a célébré son 50e anniversaire. Retour sur les 8 défilés qui ont marqué la saison selon Mixte.

1. Adolfo Domínguez

Pour célébrer ses 50 ans, Adolfo Domínguez a clairement rejeté la carte de la nostalgie. Ici pas de vision passéiste mais plutôt une collection qui incarne au mieux l’essence de la maison espagnole. À savoir des vêtements qui semblent avoir vécu et qui offre l’idée d’un vestiaire ultra-chic, sobre, désirable et portable : cuir froissé, vestes plissées, tailoring décontracté, blazers à dos de bomber, détails frangés… Le tout dans une palette sobre ponctuée de touches de couleurs comme le bleu, le jaune ou le vert menthe. Bref, un mix parfait qui met au rang d’art la silhouette minimaliste et le layering.

2. Domennico

Le moment le plus pop et le plus stardom de cette édition de 080 Barcelona Fashion restera sans doute le show de Domennico. Baptisée Sort Armour, sa dernière collection — qui célèbre les 10 ans de la maison — faisait la part belle à l’ADN de la marque : le sexe, l’éclat et la “main character energy”. Résultat, on a eu droit à des silhouettes structurées ultra-sexy et badass avec des poom poom shorts, des vestes croppées et pantalons taille basse, réalisées dans des matières comme du cuir, de la fausse fourrure ou encore du denim, tou·te·s agrémenté·e·s de boucles, de sangles et d’attaches et décliné·e·s dans des couleurs pop acidulées (rose, pistache, baby blue, jaune citron, blanc immaculé…). Le clou du spectacle ? La Drag Queen Violet Chachki en front, obviously.

3. Txell Miras

Designer catalane confirmée, Txell Miras a lancé sa marque en 2004 et a toujours reconnu s’inspirer de maîtres de la mode avant-gardistes tel·le·s que Rei Kawakubo, Martin Margiela ou encore Ann Demeulemeester. Ici, la dernière collection de Txell Miras vient encore confirmer ces influences au travers de silhouettes sophistiquées et aux coupes impeccables, allant du noir au blanc en passant par le gris et le beige, et jouant aussi parfois sur la transparence. De-ci de-là, on a aussi pu voir des dessins érotiques sous forme d’empiècement que la créatrice a réalisés elle-même. Côté accessoires, Txell Miras a joué la carte de la nature et du crafty avec des coiffes façonnées à partir de compositions de feuillages séchés ou encore des pots en céramique blanche, transformés en sacs à main grâce à des sangles en cuir qui permettaient aux mannequins de transporter des fleurs et des plantes dans ces sacs-vases. Un peu de poésie dans ce monde de brutes.

4. Nazzal Studio

Heureusement en 2026, la mode peut encore être politique et nous interroger sur l’actualité. C’est le cas de Nazzal Studio (fondé par la créatrice palestinienne Sylwia Nazzal et son acolyte Jad Maq) qui a offert un show mémorable et émouvant lors de cette semaine de la mode barcelonaise. S’inspirant de la vie bédouine au Bilad al-Sham, le duo a conçu une collection avec des silhouettes ultra-fortes reposant sur une dualité entre poids et fluidité : capuches en cuir rigides entourant le visage, pantalons fluides et drapés, étoffes élaborées, sans oublier parfois des visages qui se voilaient et dévoilaient ou des corps autour desquels s’enroulaient et se torsadaient les tissus… presque comme une protection.

5. Benavente

Heureusement en 2026, la mode peut encore être politique et nous interroger sur l’actualité. C’est le cas de Nazzal Studio (fondé par la créatrice palestinienne Sylwia Nazzal et son acolyte Jad Maq) qui a offert un show mémorable et émouvant lors de cette semaine de la mode barcelonaise. S’inspirant de la vie bédouine au Bilad al-Sham, le duo a conçu une collection avec des silhouettes ultra-fortes reposant sur une dualité entre poids et fluidité : capuches en cuir rigides entourant le visage, pantalons fluides et drapés, étoffes élaborées, sans oublier parfois des visages qui se voilaient et dévoilaient ou des corps autour desquels s’enroulaient et se torsadaient les tissus… presque comme une protection.

6. Boulard

Avant d’apprendre à coudre en autodidacte puis de lancer sa marque, Ugo Boulard était danseur. Ce premier défilé marque son baptême du feu et autant dire que le créateur n’a pas déçu. Si ses silhouettes semblaient feindre la simplicité, elles étaient en réalité beaucoup plus complexes et fascinantes ; et c’est là souvent la qualité des grands designers : ce qui semblait être un simple t-shirt bordeaux était en fait un haut en maille élaboré — orné d’un plan de ville spottant des lieux importants de la vie du créateur — quand un manteau masculin se parait de fragments métalliques ou que plusieurs robes structurées semblaient avoir été constituées de bandes de papier assemblées les unes aux autres. À surveiller de près.

7. AAA Studio
Erdem FW26

Conçue autour de 28 looks, “Señora, suélteme el brazo!!!”, dernière collection de AAA Studio, explorait un état où chaos et liberté coexistent dans une tension permanente, comme une allégorie de la queerness dans un monte hétéronormé et patriarcal finalement. Si la collection était vive, pleine d’énergie et de couleurs, il ne fallait pas se fier aux apparences. Comme le jersey qui, même s’il dominait la collection, n’était pas ici utilisé comme gage de décontraction mais plutôt comme une matière enveloppant et contraigant le corps. Résultat, les pièces, perdues entre souplesse et structures, changaient selon la manière dont elles étaient portées, refusant toute fonction figée au profit d’une lecture plus fluide.

8. Guillermo Justicia

Viscerum. C’est le nom de la dernière collection de Guillermo Justicia qui s’est concentré sur la notion d’intime et l’exposition du corps. Ainsi, le premier look — un débardeur transparent imprimé du nom du créateur — posait immédiatement le propos : montrer plutôt que cacher. Une façon pour le créateur de jouer ensuite sur un équilibre entre rigueur et fragilité : d’un côté des manteaux structurés, des références militaires et du tailoring précis contrebalancés de l’autre par des volumes bouffants, des superpositions transparentes et des matières fluides qui brouillent les silhouettes. Sans oublier quelques touches théâtrales avec des proportions décalées ou quelques perruques brouillant définitivement les questions de genre.