Final du défilé Miu Miu SS27

Entre la visite du Pape, la marche des fiertés et la révolte de la jeunesse étudiante, il ne manquait plus qu’une fashion week d’exception pour faire de Paris le centre du monde. De la prise de la République par Matières Fécales à la nouvelle èra de Courrèges, en passant par le faste de Saint Laurent et le premier anniversaire de Matthieu Blazy chez Chanel, Mixte revient en 8 points sur cette semaine intense.

1. UNE ODE AU (VESTIAIRE) QUOTIDIEN
Marie-Adam Leenaerdt SS27

À en croire une bonne partie des collections spring-summer 2027, il est peut-être venu le temps de s’émerveiller des choses simples de la vie. C’est par exemple le cas avec la designer Marie-Adam Leenaerdt qui propose, à l’occasion de son huitième défilé, une incursion conceptuelle et pleine d’humour dans le quotidien le plus trivial : la corvée des courses au supermarché. Car après tout, pourquoi attendre une occasion particulière pour revêtir ses plus beaux atours ? L’ordinaire suffit amplement. En tête de gondole donc, des envies d’ici et de tailleurs, des porte-jarretelles subtils, des bibis stricts, des robes de chambre matelassées ou en mousselines, des nœuds pap’ géants façon papier d’alu ou de cuisson (selon la recette) et des Caddies chicissimes à motifs serpent ou rose bonbec pour y glisser, évidemment, cinq fruits et légumes et un look overdressed par jour. Question fantaisie quotidienne, la Belge en connaît décidément un sacré rayon.

Celine SS27

Chez Celine, le vestiaire idéal s’est toujours construit sur la précision des volumes et de la structure. Pour la saison prochaine, Michael Rider explore cet arc encore plus loin en imaginant un équilibre idéal entre élégance et simplicité. “Le stylisme spontané et accidentel est ce qui m’intéresse le plus” explique-t-il. De loin, des silhouettes intemporelles : robes amples, costumes cool et lignes fluides, comme une version chic et moderne des essentiels du quotidien. De plus près, des détails qui font basculer le look dans une autre dimension plus sophistiquée : des boucles de ceinture XXL, des bretelles glissant négligemment, du carrure maxxing, des vestes portées nonchalamment sur le bras, des ceintures plus fines que nos espoirs en l’avenir. L’air du temps en somme.

Miu Miu SS27

Comme souvent chez Miu Miu, la beauté ordinaire s’encanaille de sophistication. Cette saison, les blazers se tiennent d’abord à carreaux avant de se frotter à des crop tops sporty, les jupes plissées faussement sages cèdent la place à des sweats à capuche et des maillots techniques, des motifs années 1970 éclatent çà et là, des lacets bigarrés viennent rehausser l’ensemble, offrant un nouveau chapitre à un vestiaire fonctionnel mais sans cesse réinventé. Portées tour à tour par un parterre de gens “normaux”, de Jamie Bell à Emma Corrin en passant par Olivia Colman, les silhouettes jouent subtilement sur l’assemblage et le décalage, de quoi rendre notre quotidien extra-ordinaire. Maintenant, vous ne pourrez plus dire que vous n’avez rien à vous mettre.

Loewe SS27

Pensée comme une rencontre entre style normcore états-unien et opulence baroque à l’espagnole, la collection Loewe repose elle sur un dialogue que son duo de créateurs (formé par Jack McCollough et Lazaro Hernandez) résume par l’expression “New World, Old World” (Nouveau Monde, Vieux Monde). Résultat, finis les vêtements trop conceptuels. Ici, en mêlant le sportswear utilitaire (anoraks, cordons élastiques) à la haute technicité du cuir ultra-léger et des broderies tridimensionnelles, le vestiaire prône clairement le mouvement et la portabilité, le tout avec une forme “d’étrangeté contrôlée”. Désirable AF.

Givenchy SS27

Cette envie de proposer un vestiaire pratique et portable, on la retrouve aussi chez Givenchy. Cette saison, loin des costumes ou des artifices, la directrice artistique Sarah Burton choisit le réalisme avec une collection conçue pour répondre à la vitesse et à la complexité des vies contemporaines. Un vestiaire direct, puissant et portable caractérisé par une silhouette sculpturale jouant sur les volumes déstructurés et les superpositions. De jean au tailleur, en passant par la jupe et la robe de soirée, la garde-robe est clairement ancrée dans la vie quotidienne des femmes. En vrai, qui mieux qu’une femme pour créer des vêtements réellement pensées pour les femmes ? (Cette question n’appelle pas de réponse).

2. COMEBACKS ET PREMIÈRES FOIS
Carven SS27 (x3), Courrèges SS27 (x3)

Un vent nouveau souffle chez Courrèges. Après le départ de Nicolas Di Felice, Drew Henry – passé par les équipes de Daniel Lee chez Burberry ou Phoebe Philo – ouvre une nouvelle ère. Fini le minimalisme futuriste, les lignes pures et le noir et blanc : pour sa première collection, Henry marque un changement radical. Beaucoup de superpositions, d’ourlets décousus, de ceintures en guise de top, mais aussi de clins d’œil à l’ADN sixties de la maison avec des chapeaux cloche écrasés, des couleurs pop et acides, des bottes Space Age. Une inspiration sixties également reprise chez Carven qui marque les débuts de Kai Nesselrath, passé par Saint Laurent. Pour sa première collection, les premiers looks optent pour des lignes baby doll, entre minijupes, vestes à col sage, bloomers et petits polos, pour ensuite aller vers des variations de chemises ou de robes tabliers, mais surtout, de la légèreté et du flou, à la manière des draps froissés d’un lit, inspiration du créateur. Des chemises pas repassées, c’est aussi l’un des codes d’Ester Manas, de retour au calendrier après une pause maternité.

Ester Manas SS27 (x3), Julie Kegels SS27 (x3)

La marque reste fidèle à sa mode inclusive et crée pour tous les corps, mais aussi désormais pensée encore plus près de la réalité des femmes, notamment des jeunes mamans : des soutien-gorges apparents, des robes qui laissent entrevoir un sein, de la transparence revendiquée, du mix and match de sexy, romantique et aura de boss lady. Enfin, après une saison d’absence et l’obtention du prix LVMH, Julie Kegels revient et décide d’ausculter la notion de gravité – physique d’abord, avec des coupes et proportions comme attirées vers le sol, mais aussi symbolique, en essayant toujours d’insuffler un peu de magie dans ses créations. Concrètement, les corps deviennent ici des Stockman où tout est suspendu, découpé, comme en lévitation avec des robes en deux parties, des jupes prêtes à tomber, sur des layering de nude (bodies, collants…). Et parce que la légèreté n’est jamais bien loin, la créatrice joue aussi sur la poésie, avec ses stickers glitter pour cacher les seins ou ses jupes en organza transparentes remplies de paillettes pour laisser une trace partout où l’on passe. Slay.

3. UN VENT DE LIBERTÉ ET DE LÉGÈRETÉ
Issey Miyake SS27

Cette saison, une petite pause breathwork est plus que bienvenue. Cette première respiration est insufflée par le défilé-performance d’Issey Miyake. Au gré des notes du pianiste Koki Nakano et des pas des danseurs, une brise délicate mais puissante, puisée dans le “ma”, cet interstice entre le corps et le tissu, nous met en apesanteur. Pantalons drapés démesurément larges, plissés, vêtements de pluie légers comme des bulles de savon ou de chewing-gum translucides caressent le corps et l’enveloppent comme une toile de parachute. Des silhouettes à la forme intangible qui « oscille lorsque l’on marche, rebondit lorsque l’on s’élance » se métamorphose à chaque mouvement et invite à une féerique contemplation.

Hermès SS27

Ce courant d’air est aussi le fil conducteur de la nouvelle collection d’Hermès. Baptisée “The Shape of Air”, la collection prône le besoin de souffle, au propre comme au figuré, ouvrant ainsi la porte de la Maison aux quatre vents. Jaune soleil, blanc de Meudon, orange iconique irradient foulards, jupes à franges, parkas en pongé et mailles résille de soie ennoblies de fines bandes d’agneau brodées et effleurent la silhouette telle une brise d’été.

Chloé SS27

Même bourrasque de légèreté chez Chloé, où les collines, comme les cheveux, sont balayés par le vent. Dentelle, broderie anglaise et macramé s’envolent sur des robes voluptueuses, des ponchos à volants et des trenchs transparents inspirés des années 1960 et 1970. La mousseline n’est pas en reste et annonce une tempête bohème faite d’encolures cœur, de perles et de fleurs, brodées ou en impression 3D, clin d’œil au flower power et à sa liberté d’esprit.

Chanel SS27

De son côté, Chanel fait du ciel le plus bel endroit de la terre. Sous le signe de l’oiseau, Matthieu Blazy, qui fête son premier anniversaire à la tête de la direction artistique de la maison française, choisit à travers sa collection, de migret d’une identité à une autre, celles de toutes les femmes que fut Gabrielle avant de devenir Chanel. Échappée belle jusqu’au crépuscule, cet envol se fait ici tout en transparences superposées : voile ajouré, maille arachnéenne, broderies en claire-voie et tweed translucide ou smocké font du peau-à-peau, tandis que le tailleur devient, lui, plus souple et sensuel qu’à l’accoutumée.

Louis Vuitton SS27

Enfin, Louis Vuitton nous fait atterrir dans un monde rétrofuturiste, entre voitures en lévitation et trafic immobile. Délaissant ses habituelles silhouettes-armures, Nicolas Ghesquière explore cette fois-ci un vestiaire souple et ergonomique. Des coupes fluides façonnées par le geste et le mouvement se distillent sur des manteaux en cachemire réversibles, des accessoires façon franges pare-soleil et des mousselines aux bords effilochés qui respirent à l’unisson, libres mais résolument modernes.

Balenciaga SS27 (x2), Victoria Beckham SS27 (x2), CFCL SS27 (x2)

Une poésie des formes que l’on retrouve aussi chez Balenciaga, où des silhouettes sobres aux matières volubiles ondulent dans une salle d’un blanc immaculé, chez CFCL avec des manteaux, hauts et jupes charbon, parme ou pomme d’amour qui semblent tombés des cieux pour se déposer délicatement sur les mannequins, ou encore chez Victoria Beckham, dont les robes légères et les vestes aériennes donnent l’illusion d’être « suspendues, dansant autour du corps ». Bref, l’insoutenable légèreté de l’être dans toute sa splendeur.

4. L’ÈRE DE LA POLITIQUE SPECTACLE
Matières Fécales SS27

À quoi bon prendre la Bastille quand on peut faire de la place de la République son bastion ? Après une précédente collection intitulée « 1 % », qui s’attaquait aux milliardaires détenant près de la moitié du patrimoine mondial, le duo canadien derrière Matières Fécales est de retour avec « 99 % », portée par 99 mannequins racisés. En trois actes défile une multitude de personnages en saris destroy, en sweats à capuche sur lequel est inscrit « RESIST », dans des tons noirs, kaki, bleu noble, rouge sang ou blanc colombe. Anges déchus en robes de bal aux plumes embrasées, silhouettes aux piques et griffes acérées, femmes aux ventres arrondis, le nombre fait cette fois-ci la force. Cette tribu en mutation est prête à en découdre et à renverser les “puissants”, que les deux derniers mannequins portent littéralement sur leurs épaules.

Final du défilé AlainPaul SS27

Côté Alain Paul, la danse se fait acte de résilience et de survie. À peine le rideau de velours de la scène abaissé, le besoin irrépressible de faire la fête surgit. Il faut donc, pour aller en rêve party, enfiler ce qui tombe sous la main. Costumes de scène se brouillent de manteaux à la taille sharp et au tailoring impeccable, des jupes tailleur oversize s’amusent avec des genouillères revêtues comme des accessoires ainsi que des cordons, des arrêts coulissants, du nylon et de la soie qui se mélangent comme la foule sur le dancefloor. C’est sur une bande-son composée par Senjan Jansen et Shygirl que les corps électrisés des mannequins pulsent au rythme de ceux des 21 danseurs, avec une chorégraphie signée Eric Christison, dans un même langage, libre et sincère. Car, comme le disait Pina Bausch : « Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus. »

Backstage du défilé Rick Owens SS27 © Owenscorp

Rick Owens signe comme à son habitude un show monumental dont la pierre angulaire n’est autre que l’élégance comme forme de résistance. Face à la montée de l’intolérance sociétale, des basculements politiques vers l’extrême droite et du jugement conservateur, le designer dévoile sa collection manifeste, “Stone”. Des silhouettes brutes semblent avoir été détachées et taillées à même les carrières et se retrouvent accompagnées de duchesse de soie, de denims japonais de Kojima ou encore de cuirs d’agneaux cirés à la main. Sur ces golems sublimes, des pentacles et autres artefacts se superposent, comme pour nous protéger au milieu du chaos ambiant. La pensée stoïcienne, la pierre roulée du tombeau du Christ et les pierres jetées aux autres, contre lesquelles le créateur, solide comme un roc, s’élève depuis toujours, prennent ici tout leur sens.

Torishéju SS27 (x2), Comme des Garçons SS27 (x2)

Avec sa collection “Du pain et des jeux”, Torishéju Dumi s’attaque à la société du divertissement. Les écrans seraient un moyen pour détourner le regard de ce qui se passe, là, sous nos yeux. ‘Nous vivons dans un cirque et nous en sommes les artistes. Ce n’est plus nous que l’on divertit, car nous sommes devenus ceux qui assurent le spectacle” confie la Britannique. Auréolée du prix LVMH des Savoir-faire en 2025, la designer revient pour sa quatrième collection avec des veste tailoring éventrée, acérées et parsemées de clous, des ceintures qui mordent la peau ou enserrent le cou, un motif léopard dont le pelage fait office de camouflage ou des robes de bals dont les bras sont enserrés à la manière d’une camisole. Une critique du système et du pouvoir toute aussi mordante chez Comme des Garçons convoque un vestiaire grotesque inspiré de la Révolution française, pour mieux croquer l’appétit gargantuesque des “grands de ce monde”, qui ne pensent qu’à se remplir la panse : silhouettes ventrues aux volumes pompadouresques, couronnes démesurées en papier mâché façon Sa Majesté des mouches, structures prêtes à exploser, gonflées de ouate, de pois, de vichy et de denim brut.

Matières Fécales SS27, Burc Akyol SS27, Jean Paul Gaultier SS27, Marine Serre SS27, Vivienne Westwood SS27, Jean Paul Gaultier SS27

Enfin, à l’approche de la présidentielle française et avec la montée de l’extrême droite, comment ne pas relever la présence de mannequins portant le voile ou coiffées de foulard, comme chez Jean Paul Gaultier, Burc Akyol, Vivienne Westwood, Marine Serre ou Matières Fécales. Un geste symbolique à destination de qui vous savez.

5. RÉFLEXION SUR L’ÉTAT DE NATURE
Dior SS27

Dans un monde ultra-connecté où le doomscroll a pris le contrôle de nos vies, certaines maisons, à travers des collections inspirées par la nature, les plantes et les jardins, continuent de bien nous faire comprendre qu’il est crucial d’aller toucher de l’herbe (histoire de ne cramer le peu de neurones qu’il nous reste). Cette saison, cette petite promenade champêtre commence avec Dior dont la collection réalisé par Jonathan Anderson puise ses racines dans une “exploration organique et poétique de la nature”, et ce à partir de l’observation d’éléments naturels bruts comme les arbres, les plantes, et plus particulièrement la noix chinoise Wénwán (envoyée en guise d’invitation). La métaphore florale prend par exemple vie à travers un travail textile de dingue réalisé à la main par les ateliers Dior, où certaines pièces en pétales (jupes, tops) imitent le déploiement d’un bourgeon jusqu’à sa pleine floraison. Toujours plus.

Chloé SS27, Maison Margiela SS27, Abra SS27, Vivienne Westwood SS27, Mossi SS27

Ce besoin de reconnexion à la nature, on le retrouve un peu partout, notamment chez la jeune marque Abra, qui propose des robes en feuilles et des chapeaux façon pétales de fleurs, ou encore Vivienne Westwood qui fait défiler un mannequin avec une feuille de bananier en guise de couvre-chef. Chez Mossi, le tailleur est décoré de mousse végétale, quand chez Maison Margiela, l’imprimé floral squatte un bon nombre de silhouettes qui arbore une poitrine recouverte d’un lit de feuilles en décomposition. Sans oublier, Zimmerman, Elie Saab, Mugler, Noir Kei Ninomiya ou Casablanca qui s’amusent à nous imaginer quelques silhouettes brandées “forêt enchantée”.

Casablanca SS27, Noir Kei Ninomiya SS27, Mugler SS27, Elie Saab SS27, Zimmerman SS27.
6. HABILLÉ·E·S POUR L’HISTOIRE
Saint Laurent SS27

Alors que la jeunesse française est dans la rue pour faire ce qu’elle fait de mieux (la Révolution et des TikToks hilarants) façon Mai 68, la mode révise ses références historiques. D’abord chez Saint Laurent, où Anthony Vaccarello signe un défilé en forme d’hommage (d’adieu ?) à sa dernière décennie passée au sein de la maison. Sous les lustres monumentaux, le mot d’ordre est l’opulence, façon Roi Soleil, avec des silhouettes majoritairement dorées. Sahariennes, jupes crayon, trenchs, perfectos, turbans ou talons vertigineux… Tous les codes Saint Laurent sont ici passés à la feuille d’or. Une collection couleur du soleil par un Midas probablement sur le départ.

Acne studios SS27

Chez Acne, la collection intitulée “Denim Hystoria” puise davantage dans le faste de Versailles – période Marie-Antoinette, pas French Touch – avec des crinolines, du volume bouffant, du brocart, des soieries, des motifs floraux, des vestes à la hussarde et autres codes royaux associés à du denim, des chemises et des pantalons de cuir ou du latex. Un hommage au mouvement “New Romantic” anglais de la fin des années 1970, à la fois doux et full drama.

Givenchy SS27, Sacai SS27, Stella McCartney SS27, Zimmerman SS27, Maison Margiela SS27, Vivienne Westwood SS27

Moins littérale, l’inspiration punk romanesque est également présente en touches chez Maison Margiela, avec des modèles de robe empire en imprimé floral. Chez Stella McCartney et Zimmerman, c’est la culotte bouffante façon Renaissance qui squatte la collection tandis que chez Vivienne Westwood et Givenchy, la robe panier est revisitée, alors que chez Sacai, Chitose Abe s’amuse à réinterpréter les manches ballons façon grand siècle en version XXL. Choisissez votre era.

7. MIXOLOGIE VESTIMENTAIRE
Dries van Noten SS27

Rejetant fermement le minimalisme aseptisé du « quiet luxury », Julian Klausner insuffle dans sa collection pour Dries van Noten un chaos vestimentaire ultra-maîtrisé dans l’art du mix and match. Résultat, le vestiaire quotidien se confronte avec l’opulence du soir, dans un joyeux mélange de matières (soie, laine, satin lourd, coton), d’imprimés (rayures, léopard), d’ornements (broderies, accessoires) et de styles (polos, vêtements de travail, jupes, robes de gala). Une masterclass absolue.

Valentino SS27

Chez Valentino aussi, on brouille les codes de ce qui est attendu en envoyant valser le bon goût vestimentaire. Fidèle à sa réputation, Alessandro Michele a proposé un vestiaire maximaliste, excentrique et théâtral, en s’amusant particulièrement à associer des couleurs et des imprimés que les conventions de la mode s’interdisent d’ordinaire de mélanger. Un parti pris qu’on retrouve deci delà dans les collections de Vivienne Westwood, Marine Serre, Dior, Ganni, Jean Paul Gaultier ou encore Acne.

Jean Paul Gaultier SS27, Marine Serre SS27, Acne studios SS27, Ganni SS27, Vivienne Westwood SS27, Dior SS27.
8. DÉSHABILLEZ-MOI
Tom Ford SS27

Si l’été 2027 sera aussi chaud que celui de 2026, autant tout de suite se mettre à poil pour supporter la chaleur et gérer comme on peut la libido ambiante qui va avec. Heureusement, certaines maisons nous donnent la solution. C’est le cas notamment de Tom Ford — maître dans l’art de l’habillé-déshabillé ultra-sexy — dont la collection imaginée par Haider Ackermann marque clairement le retour de l’érotisme pur, de la nudité, du désir et du frisson sexuel (cf la bande-son plus qu’explicite du diffusée lors du show) à travers des couples ultra-structurées.

Balmain SS27 (x2), Chanel SS27 (x2), Schiaparelli SS27 (x2)

Entre sensualité, désir, affirmation de soi et séduction, plusieurs marques jouent aussi cette saison la carte du sexy et des corps mis à nu. C’est le cas de Balmain, Chanel et Schiaparelli qui font porter à leurs mannequins des tailleurs directement sur peau nue, sans top ni sous-vêtement aucun. Quant à Maison Margiela, Ottolinger, Situationist, Christopher Esber, Hodakova ou Mugler, le dévoilement complet des corps n’est jamais très loin, qu’il passe par un costume façon concours de t-shirt mouillé, des chemises ouvertes sur poitrine, des jeans et chemises comme étiré·e·s/déchiré·e·s ou des tops qui auraient été découpés au laser.

Hodakova SS27, Ottolinger SS27, Christopher Esber SS27, Maison Margiela SS27, Situationist SS27, Mugler SS27.