2. COMEBACKS ET PREMIÈRES FOIS
Un vent nouveau souffle chez Courrèges. Après le départ de Nicolas Di Felice, Drew Henry – passé par les équipes de Daniel Lee chez Burberry ou Phoebe Philo – ouvre une nouvelle ère. Fini le minimalisme futuriste, les lignes pures et le noir et blanc : pour sa première collection, Henry marque un changement radical. Beaucoup de superpositions, d’ourlets décousus, de ceintures en guise de top, mais aussi de clins d’œil à l’ADN sixties de la maison avec des chapeaux cloche écrasés, des couleurs pop et acides, des bottes Space Age. Une inspiration sixties également reprise chez Carven qui marque les débuts de Kai Nesselrath, passé par Saint Laurent. Pour sa première collection, les premiers looks optent pour des lignes baby doll, entre minijupes, vestes à col sage, bloomers et petits polos, pour ensuite aller vers des variations de chemises ou de robes tabliers, mais surtout, de la légèreté et du flou, à la manière des draps froissés d’un lit, inspiration du créateur. Des chemises pas repassées, c’est aussi l’un des codes d’Ester Manas, de retour au calendrier après une pause maternité.
La marque reste fidèle à sa mode inclusive et crée pour tous les corps, mais aussi désormais pensée encore plus près de la réalité des femmes, notamment des jeunes mamans : des soutien-gorges apparents, des robes qui laissent entrevoir un sein, de la transparence revendiquée, du mix and match de sexy, romantique et aura de boss lady. Enfin, après une saison d’absence et l’obtention du prix LVMH, Julie Kegels revient et décide d’ausculter la notion de gravité – physique d’abord, avec des coupes et proportions comme attirées vers le sol, mais aussi symbolique, en essayant toujours d’insuffler un peu de magie dans ses créations. Concrètement, les corps deviennent ici des Stockman où tout est suspendu, découpé, comme en lévitation avec des robes en deux parties, des jupes prêtes à tomber, sur des layering de nude (bodies, collants…). Et parce que la légèreté n’est jamais bien loin, la créatrice joue aussi sur la poésie, avec ses stickers glitter pour cacher les seins ou ses jupes en organza transparentes remplies de paillettes pour laisser une trace partout où l’on passe. Slay.