Sortir de sa coquille
Loin de nous l’idée de présenter Louise Desnos comme une flemmarde invétérée, car à 34 ans, elle peut se prévaloir d’une œuvre prolifique, exposant notamment son travail à la Maison populaire de Montreuil tout en réalisant des éditos pour les magazines Trax, Kinfolk, M Le Monde, Society ou Les Inrockuptibles. Montréal, l’Algérie… Elle se rend aux quatre coins du monde, magnifiant aussi bien les corps queer de Rio de Janeiro que les cavaliers de la plage de Casablanca. En 2018, âgée de 26 ans, elle s’envole pour la Chine et réalise une série dans trois grandes villes du pays. L’année suivante, c’est à Beyrouth qu’elle décide de poser ses valises afin de capturer l’âme de cette ville qui, elle aussi, aimerait aujourd’hui qu’on lui laisse le temps de souffler. Le travail de la photographe, empreint d’humanité, ne tombe jamais dans la facilité de l’exotisation affirmée : “Au Liban, avec le pluralisme religieux, on trouve toutes sortes de féminités. Certaines sont très exacerbées, très visibles, d’autres beaucoup plus pudiques. C’est pareil en Chine ou au Japon. On rencontre aussi bien des femmes qui s’habillent de manière extrêmement codifiée que d’autres qui adoptent des styles complètement différents. Si tu ne photographies que les premières, évidemment, tu risques de tomber dans le cliché. Mais si tu essaies de regarder tout le monde avec la même attention, de tels clichés finissent par s’effacer.”