M. Le dernier numéro de Mixte Magazine, In Praise of Gentleness, explore la douceur comme une forme de force, voire de résistance. Est-ce une notion qui résonne avec votre travail aujourd’hui ?
Y.O. Je ne sais pas si ça répond directement, mais je ne veux pas créer des collections comme celles des marques de luxe. Même si le budget était plus élevé cette saison, je ne voulais pas produire pour une élite, mais trouver de la beauté dans le quotidien. J’ai voulu affirmer les choses modestes, fragiles, insignifiantes. Dans mes notes, je mentionne le film “Blue Velvet” de David Lynch : je pense que sa beauté vient de sa profonde bienveillance envers le vivant. J’aimerais parvenir à regarder le monde avec cette même ampleur.
M. Quelle est selon-vous la plus grande force de votre marque, ou la votre ?
Y.O. Peut-être son caractère insaisissable. C’est un défaut dans le business, mais j’accepte cette difficulté pour rester libre. Personnellement, ma plus grande force est que je tombe rarement malade.
M. Que souhaitez-vous transmettre aux personnes qui portent vos vêtements ?
Y.O. Je ne cherche pas à déterminer qui doit porter mes vêtements ni ce que l’on est censé y voir. Ce ne sont pas des pièces faciles, mais je veux que chacun puisse se les approprier librement.