Assurer la transmission
Spécialiste de la mode et chargé de cours à la Sorbonne et à l’IFM, Jérôme Gautier est un collectionneur expérimenté, tombé dans le papier glacé à l’âge de 15 ans. Aujourd’hui, il possède plus de 15 000 magazines de mode, tous conservés chez ses parents à la campagne. Un butin dont l’initial numéro fétiche est le Vogue Paris (aujourd’hui Vogue France, ndlr) de septembre 1991. “J’ai grandi en Vendée et je suis tombé sur ce Vogue un peu par hasard, j’ai été intrigué par les photos, les images des femmes. Ça a été mon premier magazine, je le connais par cœur à présent. Très vite, j’ai commencé à l’acheter régulièrement, tout comme le Vogue américain, le Vogue anglais et le Harper’s Bazaar américain.” Une certaine ouverture sur le monde donc et une vision artistique accessibles à tou·te·s moyennant quelques francs à la librairie du coin… Constituer une collection, c’est bien, mais que faire alors de ces piles de magazines ? Collectionneur depuis son adolescence, le consultant mode Pascal Montfort a voulu rendre utiles ses propres archives. En février 2024, il ouvre alors Ephemera, un lieu qui devait initialement durer trois mois (d’où le nom) pour finalement devenir plus pérenne. Situé dans le 10e arrondissement de Paris, l’endroit fait à la fois office de librairie, de mini-musée de souvenirs de mode et d’espace de consultation d’exemplaires plus rares, à l’image de l’iconique numéro de The Face, “The third Summer of Love”, de juillet 1990, avec Kate Moss en coiffe en plumes des peuples autochtones d’Amérique shootée par Corinne Day.