Home sweet home
Sous la couche de peinture, la quête existentielle de l’habiter et du sentiment du “chez-soi” persistent dans la sphère privée et le débat public, allant bien au-delà d’un assemblage de biens matériels et/ou d’une adresse postale. Comme l’expliquait l’autrice et journaliste Marie Kock dans son essai Après le virage, c’est chez moi (La Découverte, paru en poche cette année) : “Chercher son lieu, c’est espérer trouver l’environnement qui sera le bon pour nous, mais aussi espérer trouver sa place, une forme d’évidence, de stabilité, de point de chute. Un lieu d’arrivée qui rendrait toute notre vie cohérente.” À y regarder de plus près, les philosophes, sociologues, ethnologues et anthropologues ont constamment interrogé cette notion et notre rapport à l’habiter – de Martin Heidegger et son célèbre essai paru en 1951, Bâtir Habiter Penser, à la regrettée sociologue Monique Eleb, autrice d’ouvrages comme L’Invention de l’habitation moderne. On voit même maintenant se développer sur les réseaux sociaux la “psychologie de l’habitat”, qui s’intéresse à la manière dont nos lieux de vie influencent notre humeur et notre équilibre émotionnel. Une réflexion similaire à celle entamée par le créateur Prabal Gurung qui, pour sa collection automne-hiver 2026 baptisée “Home, Sweet Home?”, s’est plongé, non sans nostalgie, dans son enfance au Népal avec pour questionnement : “À quoi ressemble le foyer en cette période particulière où tout est fracturé, accéléré et où le sol semble trembler” (cf. son interview pour WWD). Selon Guy Tapie, sociologue et auteur de l’ouvrage Éloge de l’habiter. Manuel de sociologie appliquée à l’architecture (éd. Le Bord de l’eau, 2026), “habiter est un besoin existentiel. On a tous besoin d’habiter quelque part, selon les degrés de développement des sociétés et des identités individuelle et collective : l’habiter traduit au fond le rapport de l’espèce humaine à son environnement.”