La saison des mariages
Si celle-ci n’a pas encore officiellement débutée, dans les rangs MAGA, une fois n’est pas coutume, on ne fait jamais les choses bien et dans les règles (disons-le franchement). C’est dans les propriétés de Trump à Miami et à Mar-el-Lago que deux membres du cercle proche du président américain ont célébré leur union, en présence de la rappeuse déchue Nicki Minaj, qui a viré à droite toute, rapportait le média The Cut début du mois. Une mise en pratique du grand projet 2026 défendu par le think tank américain conservateur Heritage Foundation à savoir “putting family first”. Dans les grandes lignes, cela consiste à promouvoir des politiques étatiques et fédérales visant à réduire le droit à l’avortement et les droits individuels des femmes, tout en valorisant les structures familiales nucléaires. En France, une proposition de loi pour en finir avec le “devoir conjugal” a fait lever les boucliers des internautes rétrogrades qui parlent d’une “destruction des valeurs chrétiennes du mariage”.
Dans cette perspective cauchemardesque, la mariée en semble être la pierre angulaire, avant de se muer en “tradwife” acquise à la cause trumpiste. Sarah Banon, professeure à l’Institut Français de la Mode et doctorante en sciences politiques à l’Université Paris 8, nuance toutefois cette filiation : “Je ne pense pas que mariée et tradwife correspondent exactement à la même réalité. La tradwife est une émanation papier glacé de la mère au foyer idéale, très influencée par le système de représentation américain. La tradwife est assez monolithique et associée à une idéologie bien précise, surtout quand elle est abordée dans le contexte actuel. La mariée, à l’inverse, est déjà bien plus protéiforme. Si elle correspond à un rite de passage intégré à une culture patriarcale/hétéronormée et participe d’un schéma familial consacré par ces complexes culturels, sa représentation dans l’histoire est néanmoins bien plus diverse que celle de la tradwife et elle ne s’adosse pas uniquement au contexte contemporain de retour au conservatisme.”