7. Alainpaul : Shall we dance ?
À peine sorti de la Fashion Week de Paris, Alainpaul enchaîne avec un défilé à Tokyo, soutenu par la Japan Fashion Week Organization, le showroom Run (WSN) et l’ANDAM, dont Alainpaul a reçu le prix spécial du jury en 2025. Un passage rapide d’un calendrier à l’autre, révélateur d’une scène française émergente de plus en plus tournée vers l’international.
La collection s’articule autour de références au XVIIIᵉ siècle, déjà explorées à Paris. Le défilé s’ouvre sur des volumes de paniers en crêpe de viscose fluide et se clôt sur un top d’allure couture inspiré du corps à baleine (ancêtre du corset). Entre ces deux pôles, le designer injecte des matériaux plus contemporains, comme le Tyvek, textile technique proche du papier, utilisé pour la conservation, décliné en chemises, débardeurs ou bombers. “Ce que nous faisons aujourd’hui est l’archive de demain”, glisse-t-il aux journalistes. À Tokyo, la proposition évolue : une chorégraphie repensée, portée par Lilies of the Valley du compositeur Jun Miyake, et des silhouettes enrichies de touches plus urbaines, plus colorées.
Parfois présenté comme “le danseur qui se rêvait couturier” à cause de ses racines ancrées dans le ballet, Alain Paul dépasse largement cette image. La précision des finitions, la construction des pièces, les matières, et les chaussures déjà iconiques témoignent d’une maîtrise bien réelle. Avec Louis Philippe, le duo ne fantasme pas le vêtement : il le construit et impose, déjà, une trajectoire solide.