En 2026, beaucoup de designers jouent le jeu de la controverse, surtout sur les réseaux sociaux. Il faut se faire remarquer à tout prix durant les Fashion Weeks, et souvent crier plus fort que les autres afin de créer le buzz et amasser les likes. Pour le discret Hed Mayner, le créateur israélien qui présente habituellement ses collections à Paris, les provocations gratuites n’ont aucun intérêt. Alliant confort et intellectualisme, ses vêtements sont beaux, épurés, intemporels et innovants, reformulant les codes d’un tailoring classique avec des proportions qui lui sont propres et qui signent l’allure d’une nouvelle masculinité contemporaine. Depuis 2015, Mayner se distingue par un désir d’authenticité et une certaine singularité, refusant aux travers de silhouettes inventives et enveloppantes les tendances et l’homogénéité croissante du style. Comble de la consécration, il a été, en ce début d’année, l’invité d’honneur de Pitti Uomo 109, à Florence. Il a présenté une collection Fall-Winter 2026 urbaine et poétique au sein de la Palazzina Reale di Santa Maria Novella, un hall d’attente Art déco, joyau des années 1930, qui jouxte la gare de la capitale toscane. Quelques heures avant le show, qui restera dans les annales du Pitti, Mixte a rencontré ce créateur d’exception.
MIXTE. Ta marque existe depuis plus de dix ans déjà, et on s’aperçoit que l’évolution constante de ton travail n’a, au final, rien à voir avec les tendances. As-tu envie d’aller vers plus de raffinement et d’élargir ton vocabulaire en tant que designer ?
HED MAYNER. Tout à fait. Je pense même que c’est naturel pour un·e designer de chercher à aller de l’avant et d’enrichir sa marque saison après saison. Avec le temps, on s’ouvre un peu plus aux choses aussi. Quand je repense à ma toute première collection, tous les éléments clés étaient présents, mais sans doute d’une manière plus brute et nettement moins sophistiquée. Être designer, c’est avoir ce dialogue constant non seulement avec soi-même, mais aussi avec ce qui nous entoure.