Au Château de Versailles aussi on s’immisce dans la brèche en profitant de la fin de l’exposition-monstre consacrée à Marie-Antoinette au V&A Museum à Londres, pour accueillir en septembre une exposition consacrée au film culte de Sofia Coppola sorti il y a 20 ans et qui comprendra des accessoires, storyboards et photos du tournage. C’est d’ailleurs souvent par cette attraction royale que l’on entre dans le 18e siècle, non sans effectuer quelques raccourcis faciles. Très souvent présentée comme la “première icône et influenceuse de mode”, surnommée la “Lady Di du 18e siècle”, “Marie-Antoinette est un sous-chapitre d’un 18e siècle halluciné, elle est l’arbre qui éclipse la forêt”, souligne Pascale Gorguet Ballesteros, commissaire de l’exposition “La mode du 18e siècle, un héritage fantasmé” qui se tient jusqu’au 12 juillet au Palais Galliera et où, parmi les 70 silhouettes réunies des plus anciennes aux plus contemporaines convoquant Chanel, Louis Vuitton ou encore Dries Van Noten, se sont faufilés le corset original de la reine ainsi qu’un portrait royal de Zahia Dehar par Pierre & Gilles. Une fascination outre mesure, puisque notre icône internationale a eu droit récemment à sa figurine Playmobil “Marie-Antoinette à la rose” (eh non, la tête ne se détache pas). On peut dire la même chose de la marquise de Pompadour qui, de la collection “Vive la Cocotte” de Vivienne Westwood en 1995 à celle de Weinsanto pour cet été, hante éternellement les couloirs de la mode. Pour notre dix-huitièmiste passionnée, Pascale Gorguet Ballesteros, cette résurgence ne tient pas du hasard, tant ce siècle a toujours fonctionné comme un réservoir à fantasmes dans lequel on puise pour parler du présent : “Je suis convaincue que tout est né au 18e, dont on éprouve les effets encore aujourd’hui. C’est un siècle qui doit être considéré dans sa modernité car il a ouvert la porte à beaucoup de possibles.”