Inspirée du mycélium, sa première collection intitulée Hyphos, rend hommage au lien, plus précisément à ce réseau invisible grâce auquel les champignons communiquent et échangent des nutriments. “J’avais envie de traduire cette idée d’unité du vivant dans un langage joaillier.” Au-delà du manifeste écologique, cet amoureux du vivant, dont la mère lui a percé l’oreille avant même son entrée au primaire, propose une autre lecture du bijou non plus comme un symbole statutaire, mais comme un objet relationnel. “Je n’associe pas mes bijoux au pouvoir, mais à la protection. Ils parlent avant tout de ce qui nous relie les un·es aux autres.”
Quelques mois seulement après le lancement de sa marque éponyme, son travail est remarqué par les Ateliers de Paris, Francéclat puis le ministère de la Culture, qui récompense cette jeune aventure joaillière. Une reconnaissance qui ne modifie ni son rythme, ni ses ambitions de privilégier les commandes sur mesure, où le dialogue avec le client devient partie intégrante de la création. “J’ai découvert à quel point j’aimais écouter les gens, comprendre leur histoire et essayer de faire dialoguer leur univers avec le mien.” Résultat ? Chaque bijou s’adapte à un corps, à une gestuelle et à une histoire singulière. Dans un contexte où l’intelligence artificielle bouleverse déjà les métiers de la création, il défend le rôle central de la main, du regard et de la rencontre. À ses yeux, la véritable valeur d’un objet ne réside pas seulement dans la noblesse de ses matériaux, mais dans le temps qu’on accepte de lui consacrer.