À l’issue d’une ultime présentation ce vendredi 4 septembre 2026 au sein de la Fondation Louis Vuitton, le jury du LVMH Prize — composé de Delphine Arnault et des directeurs et directrices artistiques des marques du groupe —, a attribué ses prix à Julie Kegels, LII et Yoshita 1967. Retour sur ces trois nouveaux lauréats en passe de marquer le futur de la mode.

Rentrée officieuse du milieu de la mode, la cérémonie du Prix LVMH marque chaque année, début septembre, le démarrage de la saison en célébrant la jeune création. Ce vendredi 4 septembre 2026, c’est donc au sein de la Fondation Louis Vuitton que le jury du LVMH Prize a récompensé les jeunes designers prometteur·euse·s de l’industrie. Neuf finalistes — Colleen Allen, Gabriel Figueiredo (De Pino), Galib Gassanoff (Institution), Julie Kegels, Zane Li (LII), Petra Fagerström, Harry Pontefract (Ponte), Daniel Del Valle (THEVXLLEY), Anil Padia (Yoshita 1967) — ont ainsi présenté leur collection devant un jury prestigieux composé entre autres de Delphine Arnault, fondatrice du prix et actuelle PDG de Christian Dior Couture, et des designers des marques du groupe LVMH : Jonathan Anderson chez Dior, Nicolas Ghesquière chez Louis Vuitton femme, Pharrell Williams chez Louis Vuitton Homme, Maria Grazia Chiuri chez Fendi, Phoebe Philo, Sarah Burton chez Givenchy, Marc Jacobs, Michael Rider chez Celine, ou encore Jack McCollough et Lazaro Hernandez chez Loewe. Retour sur le palmarès de cette édition 2026.

1. Julie Kegels, Prix LVMH.

Julie Kegels (qui avait déjà tapé dans l’oeil de Mixte en étant présente dans notre dossier jeune création de notre numéro Storytellers FW25) est une créatrice belge qui a lancé sa marque de prêt-à-porter féminin à Anvers en 2024, après avoir été diplômée de la Royal Academy of Fine Arts. En tant que jeune femme anversoise qui crée pour les femmes, elle aborde la mode de l’intérieur, convaincue qu’une femme peut incarner de multiples identités, parfois au cours d’une même journée. Son travail est ancré dans l’artisanat et l’intuition, et célèbre la multiplicité. Elle remet en question les conventions à travers des silhouettes sculpturales, des techniques artisanales et des matériaux durables. S’inspirant de souvenirs personnels, d’espaces domestiques et de la vie moderne, Julie Kegles crée des vêtements qui oscillent entre instinct et intention, élégance et humour, fantaisie et quotidien. Plutôt que d’imposer une identité, ses créations laissent de la place à l’individualité, en s’adaptant à la façon dont les femmes évoluent dans leurs rôles, leurs espaces et les rythmes de la vie réelle. En 2025, la créatrice déclarait à Mixte : “La raison pour laquelle je fais de la mode, ce n’est pas seulement pour créer des vêtements, mais aussi pour ce qu’ils ont à raconter. Je ne veux pas de quelque chose de plat. J’aime l’idée de proposer une narration totale, avec un certain humour, de l’amusement : c’est comme ça que j’aimerais que l’on se souvienne de ma marque.” Avec l’obtention du Prix LVMH, Julie Kegels reçoit donc une dotation de 400000 euros et bénéficie d’un mentorat personnalisé par les équipes de LVMH pendant un an (développement durable, communication, propriété intellectuelle, aspects juridiques d’une entreprise, marketing, fabrication et gestion financière d’une marque).

2. LII, Prix Karl Lagerfeld.

LII est une marque fondée par Zane Li, créateur originaire de Chongqing, en Chine. Après avoir obtenu son diplôme du Fashion Institute of Technology en 2023, Zane Li a lancé sa marque peu après, présentant sa première collection lors de la saison automne/hiver 2024. Basée à New York, LII explore l’intersection entre le sport et la couture, en proposant des formes audacieuses et des silhouettes marquées, réalisées dans des matières tactiles et avec un jeu moderne de couleurs. En recevant le Prix Karl Lagerfeld, Zane Li a droit une dotation d’un montant de 200 000 euros et bénéficie également d’une année de mentorat par les équipes de LVMH.

3. Yoshita 1967, Prix Savoir-faire

Yoshita 1967 est une maison de luxe artisanale fondée par Anil Padia, basée sur la valorisation de l’artisanat, la transmission et la croissance collective. La marque s’inspire d’un héritage culturel riche, issu d’une lignée kényane-indienne, et s’est développée entre Nairobi et Paris. La pratique de Yoshita 1967 repose sur une production lente et des collaborations à long terme avec des communautés artisanales dirigées par des femmes. L’économie circulaire y commence par l’humain, en mettant l’accent sur la formation, la dignité et la stabilité des artisanes. À travers l’artisanat, le label explore des thèmes comme l’identité, la mémoire et les tabous, créant un espace pour de nouvelles voix et des histoires souvent négligées. Le travail manuel devient un langage pour reconnecter le passé et le présent, tout en soutenant activement les communautés impliquées dans la création des pièces. En étant récompensé·e du Prix Savoir-Faire, Anil Padia reçoit une dotation d’un montant de 200 000 euros et bénéficie également d’une année de mentorat par les équipes de LVMH.