Du 21 au 25 octobre 2026, à l’occasion d’Art Basel Paris, Miu Miu investit le Palais d’Iéna avec Geste de Consolation, la première exposition imaginée et curatée par la cinéaste Alice Diop qui, entre installations vidéo, photo, sculpture et performances, explore les représentations des femmes noires et le pouvoir réparateur de l’art.

Avec la nouvelle édition de Art Basel Paris, Miu Miu frappe une nouvelle fois fort en invitant la géniale réalisatrice Alice Diop à imaginer un projet culturel unique et à la portée politique indéniable. Après avoir exploré les questions d’identité, de migration et de colonialisme à travers ses films Nous (2021) et Saint Omer (2022), Alice Diop s’aventure cette fois-ci sur un nouveau terrain d’expression. À l’invitation de Miuccia Prada et de Miu Miu, la réalisatrice française, qui a reconnu de pas pouvoir refuser cette demande (“on ne dit pas non à Madame Prada”), investit ici le Palais d’Iéna (lieu emblématique des défilés de la maison italienne) afin d’y présenter “Geste de Consolation”, sa toute première exposition. Une collaboration qui prolonge son histoire avec Miu Miu, puisque c’est elle qui avait déjà signé “Fragments For Venus” en 2025, trentième épisode de la série de courts-métrages Miu Miu Women’s Tales.

Alice Diop.
Affiche de l’exposition “Geste de Consolation”.

Pensée comme une expérience immersive et pluridisciplinaire, “Geste de consolation” interroge la manière dont les femmes noires ont été regardées et représentées à travers l’Histoire, tout en imaginant de nouvelles façons de se réapproprier ces images. Car plutôt que de simplement dénoncer les violences du passé, Alice Diop entend leur opposer un geste de réparation et donc de consolation.

Déployé dans quatre espaces interconnectés, le parcours débute avec “Bona” (2015), un autoportrait de l’artiste non-binaire sud-africain·e Zanele Muholi, allongé·e nu·e, le visage dissimulé derrière un miroir dans lequel iel contemple son reflet. Une image qui renverse les rapports habituels entre cellui qui regarde et cellui qui est regardé·e. La réflexion continue avec une installation vidéo inédite d’Alice Diop, composée d’archives cinématographiques mêlant films coloniaux des années 1920 et 1930 et œuvres de cinéastes comme Sarah Maldoror, Ousmane Sembène ou Khady Sylla, et donnant à voir un montage d’images parfois violentes, ambiguës ou réconfortantes, et qui ont contribué à façonner le regard de la réalisatrice.

Extrait de l’installation vidéo d’Alice Diop.

La visite se poursuit et change d’atmosphère avec Chambre à soi (une référence à l’oeuvre féministe emblématique de Virginia Woolf ?) : un salon-bibliothèque conçu comme un refuge dédié à la pensée et à la transmission. Ici les livres, lesphotographies et les carnets habitent l’espace chaleureux, agrémenté d’un tapis patchwork conçu par l’artiste américaine Mary Lee Bendolph, héritière de la tradition des quilts de Gee’s Bend, en Alabama, où plusieurs générations de femmes noires ont transformé des vêtements usagés en compositions textiles.

Espace “Chambre à soi”.
Espace “Chambre à soi”.

Au-delà de l’aspect purement muséal, Geste de Consolation se vit également à travers une programmation de performances et de lectures publiques. Une façon pour le public de s’imprégner pleinement du propos et de prendre part à ce projet culturel. Du 21 au 23 octobre, la chorégraphe ivoirienne Nadia Beugré présente ainsi une version adaptée de “Prophétique”, une pièce inspirée de ses rencontres avec la communauté transgenre d’Abidjan, mêlant voguing, coupé-décalé, théâtre et témoignages. Les 24 et 25 octobre, place à la musique avec Angel Bat Dawid et son ensemble féminin “Sistazz of the Nitty Gritty”, dont les improvisations nourries de jazz et de gospel font de la musique un langage de résistance. En parallèle, des lectures réunissent notamment Penda Diouf, Latifa Laabissi, Séphora Pondi, Alice Da Luz Gomes, Davide-Christelle Sanvee et Betty Tchomanga.

Performance de “Prophétique” lors du vernissage presse du 20 octobre 2025.
Lecture publique lors du vernissage presse du 20 octobre 2026. 

Enfin, le Palais d’Iéna expose en fin de parcours l’imposante sculpture en bronze “Sentinel (Mami Wata)” (2020-2021) de l’artiste américaine Simone Leigh. Haute de près de cinq mètres, cette œuvre représente une divinité aquatique issue des traditions spirituelles d’Afrique de l’Ouest, dont les différentes incarnations ont traversé les cultures de la diaspora.

“Sentinel (Mami Wata)” (2020-2021) de l’artiste américaine Simone Leigh.

En réunissant ces différentes voix artistiques à l’invitation de Miu Miu, Alice Diop compose sans doute l’une des meilleures collaborations artistiques depuis que la maison italienne est devenue en 2024 le partenaire officiel du programme public du salon Art Basel Paris. Fort d’un message social et politique primordial, ce récit collectif permet de faire dialoguer les blessures de l’Histoire avec les possibilités d’un avenir meilleur et différent ; et nous permet par la même occasion de repenser le pouvoir des images, de la solidarité et de la création pour imaginer d’autres manières d’habiter le monde. Un must-see.

Geste de Consolation, du 21 au 25 octobre 2026, Palais d’Iéna, 9 place d’Iéna, Paris 16e. Dans le cadre du programme public d’Art Basel Paris. En visite libre et gratuite, plus d’infos sur Miumiu.com.