Qui dit fin d’année, dit bilan. Et côté mode, 2025 fut encore un bon cru. Entre un mercato mode riche en rebondissements, une pop culture survoltée incarnée par Rosalía ou Bad Bunny, sans oublier les statements politiques avec le retour du tee-shirt à message ou celui du bootcut, Mixte dresse son palmarès mode de l’année 2025. And the award goes to…

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1. Le meilleur divertissement de l’année : les premiers défilés du mercato de la mode
Défilé Chanel SS26

Qui dit mercato, dit nouvelles directions artistiques et premiers défilés. Attendues comme une finale de coupe du monde – d’ailleurs les “watch parties” ou retransmission des défilés sur grand écran dans un bar, sont devenues de vraies fan zones – les premières collections de Louise Trotter chez Bottega Veneta, de Jonathan Anderson chez Dior ou encore de Jack McCollough et de Lazaro Hernandez chez Loewe ont été scrutées, commentées, décortiquées sous toutes les coutures. Si la plupart ont défilé dans les règles de l’art, Demna Gvasalia chez Gucci a carrément sorti un film pour présenter sa première collection. Le climax du roulement de tambour revient néanmoins au tout premier défilé de Matthieu Blazy chez Chanel lors de la fashion week parisienne printemps-été 2026, qui fut une sorte de grand final offrant au plus grand mercato de l’histoire de la mode, une fin sublime et joyeuse.

2. Le meilleur défilé hors Fashion Week : le clip de “Berghain” par Rosalía

Novembre 2025, après trois ans d’absence sur la scène musicale, Rosalía sort (enfin) un nouveau titre, “Berghain”, accompagné d’un clip réalisé par Nicolás Méndez. Évidemment passée au crible par les fans, cette master piece visuelle et musicale l’est aussi en termes de mode. Le savant mélange : un mix de pièces d’archives (du Givenchy été 1997, des escarpins Alexander McQueen printemps-été 2023 ou encore une robe nuisette Balenciaga printemps-été 2004) et de créations de labels confidentiels comme Rave Review, une marque de couture upcyclée suédoise ou encore les français Alainpaul qui signent le top cocon dans lequel la chanteuse se love en couture de son album “Lux”.

3. Le flop de l’année : la campagne American Eagle avec Sydney Sweeney ex-aequo avec l’arrivée de Shein au BHV

Entre la campagne polémique d’American Eagle avec Sydney Sweeney et l’arrivée de Shein au BHV, on a élu ces deux événements les plus gênants et problématiques ex-aequo. La pub de la marque de denim américaine récupère les codes sexistes des années 80 et a surtout créé la polémique à cause de son jeu de mot méga border : “Sydney Sweeney a de bons jeans” dont l’homophone anglais “genes” sème le doute sur un slogan potentiellement eugéniste et d’autant plus quand on sait que l’actrice inscrite sur les listes des Républicain·e·s soutien le camp de Donald Trump. Le vrai truc flippant ? Ce bad buzz a servi la marque en faisant bondir sa cote en bourse. Quant au BHV qui a accueilli le géant de la fast fashion chinoise, il a divisé la France entre les pour et les contre. Son nouveau directeur, l’ambitieux Frédéric Merlin s’est lui-même enfoncé dans des propos border. Et depuis, le BHV s’est fait lâcher par de nombreuses marques et traverse une phase critique : la mairie de Paris pourrait racheter les murs si le grand magasin en venait à fermer.

4. Le meilleur porte-manteau de l’année : Doechii

S’il a bien une artiste qui s’est imposée cette année comme l’une des nouvelles icônes mode de notre temps, c’est bien la rappeuse Doechii. Couronnée en février dernier du grammy award du meilleur album rap (cérémonie pendant laquelle elle avait killé le game avec une performance de folie où elle était habillée en Thom Browne), la go a depuis arpenté les tapis rouge, les défilés et les cérémonies avec les looks les plus fab de la saison, au point de provoquer l’hystérie à chacune de ses apparitions, comme l’a démontré sa présence à la fashion week SS26 de Paris.  Cependant, si on avait un petit conseil à lui de donner, ce serait de faire attention à éloigner et limiter les statements vestimentaires pour ne pas se transformer en porte-manteau multi-marques. Car le risque est bien là :  celui de brouiller les pistes et perdre toute cohérence esthétique et identité stylistique. Zendaya en sait quelque chose. No shade.

Doechii pendant la fashion week de Paris SS26 (Schiaparelli, Dîner du Louvre, Acne Studios, Chloé)
5. Le fashion meme le plus impactant : le “Performative Male”

Il a un look de premier de la classe, ne se balade jamais sans un livre de poche – si possible un essai féministe, porte un sac à main ou un tote bag parce qu’il est déconstruit… Le performative male est le meme mode le plus viral des réseaux sociaux de 2025. Jacob Elordi, Harry Styles ou encore Timothée Chalamet sont les chefs de fil de cette typologie mi-exaspérante, mi-sexy. Le problème ? Ses convictions et son prétendu militantisme sont trop ostentatoires pour être honnêtes. Un syndrôme intellectuellement problématique mais esthétiquement validé qui a même été poussé à son paroxysme avec la tenue sur les campus universitaires outre-atlantique de concours pour choisi le “meilleur look de performative male”…

6. La campagne où on a le plus gag : Bad Bunny pour Calvin Klein

A priori, il ne faut que 56 secondes pour péter les scores de viralité. C’est ce qu’a prouvé cette année la campagne Calvin Klein avec Bad Bunny. Réalisée par le photographe de mode Mario Sorrenti, la vidéo mettant en scène l’artiste porto-ricain dans une nouvelle déclinaison du célèbre caleçon Icon Cotton Stretch (accompagné d’un déhanché volontairement suggestif et d’un bon gros paquet) a suffi pour envahir les réseaux et chamboulé notre libido (cf les internautes qui se sont filmé·e·s en train de saliver sur les images). En moins d’une semaine après sa sortie, la campagne avait généré des millions de vues sur TikTok et Instagram, se traduisant par des retombées économiques bien réelles : selon le cabinet d’analyse Launchmetrics, la campagne aurait généré 8,4 millions de dollars de valeur d’impact médiatique (MIV) en moins de 48 heures.

7. Le statement le plus badass : le tee-shirt à message politique

Dans un contexte social mondialisé où la montée des nationalismes et du facisme s’accomppagne d’une recrudescence des discriminations et injustices en tout genre, on peut encore heureusement compter sur une petite poignée de designers queer pour prendre position et nous donner de l’espoir. Et cette année, le meilleur outil leur ayant permis de se faire entendre (que ce soit contre la politique de Trump, les statements anti-trans, la multiplication des lois anti-LGBT ou encore les mesures anti-migrant·e·s et colonialistes), a bien été le t-shirt à message qui a clairement regagner cette année ses lettres de noblesse avec des modèles comme “Protect the dolls”, “Trans Lives Matter”, “How we love is who we are” et “El Golfo de Mexico”. Ainsi, si le prix du statement le plus badass revient bien de droit au t-shirt à message, c’est d’abord et avant tout grâce à nos icônes de la mode activiste que sont Jeanne Friot, Patricio Campillo, Conner Ives et Willy Chavarria. Coeur sur elles-eux pour toujours.

8. Le comeback le plus inattendu : le bootcut pour homme
Kendrick Lamar lors du Half-Time show du SuperBowl 2025 (capture d’éran YouTube).

C’était au mois de février, Kendrick Lamar en ouverture du Super Bowl, l’un des événements sportifs américains le plus regardé a relancé le débat mode du “jean bootcut convient-il aux hommes”, en portant un modèle pour femme signé Celine initalement destiné à Timothée Chalamet puisque les deux artistes partagent la même styliste, Taylor McNeil. À l’époque, les recherches Google pour le terme “flared jeans” auraient bondi de 5 000 % en deux jours.

9. Le mannequin de l’année : Anok Yai
Anok Yai aux British Fashion Awards 2025

Officiellement nommée “Model of the year” par les British Fashion Awards 2025 (ça fait deux ans que Mixte clame haut et fort que ce prix lui revient de droit), Anok Yai succède ainsi à Alex Consani. Après tout, rien d’étonnant puisque cette année, elle était partout. En couverture des magazines, dans les plus grandes campagnes (Saint Laurent) et podiums dont celui de Victoria’s Secret, le mannequin de 27 ans, née au Caire de parents Sud-Soudanais émigré·e·s aux États-Unis, est aussi le second top noir a avoir ouvert un show Prada (après Naomi Campbell). Lors de la cérémonie des British Fashion Awards, elle a profité de son discours pour dédier son prix au désastre humanitaire au Soudan ainsi qu’à “toutes les petites filles noires : votre couleur de peau n’est pas un mauvais sort. Vous n’êtes pas brisé : vous êtes digne, capable et bien plus puissant que vous ne l’imaginez.” Mic drop.

10. L’accessoire le plus WTF : le string à faux poils pubiens de Skims

Le fait d’arme de 2025 de Kim Kardashian est un string à faux poils pubiens introduit par une campagne jouant avec les codes d’émissions de télévision rétro. Peu de temps après son lancement au mois d’octobre dernier, le modèle est très vite sold out. Si elle n’a rien inventé (la comparaison avec le travail de Martin Margiela ou Vivienne Westwood a vite été faite), cette création a remis une pièce dans la machine à buzz de Skims. Pourtant chez Mixte, on ne peut pas s’empêcher de voir ici une forme d’hypocrisie de la part d’une magnat qui s’approprie la trend « full bush” ayant pour but de libérer les femmes de l’injonction du maillot parfaitement épilé, en finissant par capitaliser sur un produit qui justement les pousse à ne pas montrer leurs vrais poils… Make it make sense.