Juste un doigt… de pied ?
Les spartiates d’Ancient Greek Sandals, les tongs Havaianas, les sandales Birkenstock ont évidemment préparé le terrain à cette dénudation progressive du pied en ville. À cette généalogie s’ajoutent les Tabi de Maison Margiela ou, plus discrètement, les ballerines en résille qui fleurissent aujourd’hui à chaque coin de rue. Impossible également de passer à côté des tongs de plage affichant des prix à trois chiffres, de Prada à The Row. Les maisons de luxe ont définitivement adopté les “ugly shoes” ou plutôt, pour ne pas froisser leur clientèle, les “sassy sandals”, appellation nettement plus séduisante, surtout lorsqu’elles sont portées par l’acteur britannique Jonathan Bailey, élu “Sexiest Man Alive” par People, lors de la promotion de “Jurassic World” à Londres l’an dernier. Quid des méduses, longtemps cantonnées aux plages, qui reviennent sous le nom de jelly shoes déclinées notamment chez Skims qui rendent la peau toujours plus visible ? Pour Florent Paudeleux, “l’accessoire s’efface au profit de celui ou celle qui le porte, le corps devient ainsi un signe de distinction.” Dans certains cas, la chaussure, si elle se dématérialise, n’en remplit pas moins une fonction établie : elle continue de protéger et de prendre soin, touchant là au territoire du wellness.