DSM Kei Ninomiya SS27

Cette saison, Florence et le Pitti Uomo ont inauguré le bal des collections menswear pour le printemps-été 2027. Récap d’une édition riche en diversité et qui a accueilli entre autres les défilés de Simone Rocha, DSM Kei Ninomiya ou encore Sunflower.

1. La douceur masculine de Simone Rocha

Afin de présenter son tout premier défilé de mode menswear, Simone Rocha a sans doute choisi le meilleur événement de mode masculine au monde qui soit : le Pitti Uomo 110. Organisée dans le cadre historique du Teatro della Pergola à Florence (le plus ancien théâtre de la cité toscane), le défilé de sa collection SS27 explorait la conception de “l’homme doux” (gentle man), remettant ainsi en question les notions traditionnelles de la masculinité, et ce à travers tous les codes qui ont jusqu’ici fait le succès de la créatrice irlandaise : coupes romantiques, structures et sous-vêtements apparents, tissus délicats (organza, tulle, dentelle ou lin brut) ou encore détails brodés à la main, le tout complété par une touche de sportswear. Sans oublier bien sûr des références maîtrisées au tailoring avec des costumes déstructurés et aussi quelques pièces et accessoires classiques détourné·e·s et revisité·e·s comme le tablier, le kilt ou l’écharpe boa. De quoi composer à merveille la silhouette de l’homme sensible version 2027.

2. Le graduate show de Polimoda

À l’occasion de son quarantième anniversaire, l’école de mode italienne emblématique Polimoda a ouvert la semaine du salon Pitti Uomo 110 avec son Graduate Show 2026 ce lundi 15 juin. Présenté sur la place du campus Manifattura à Florence, l’événement mettait en lumière, dans le décor emblématique de la tour horloge, le travail de fin d’études de vingt jeunes designers, tout juste diplomé·e·s, aux travers de plus d’une centaine de silhouettes dont les pièces ont toutes été conçues et réalisées dans les ateliers du campus, sous l’accompagnement du directeur Massimiliano Giornetti, d’An Vandevorst et, pour cette édition, de Luke et Lucie Meier (ancien D.A de Jil Sander et ancien·ne·s élèves de Polimoda). Entre racines personnelles, authenticité créative, héritage culturel, engagement et expérimentation, les collections des vingts jeunes designers ont fait mouche et réaffirmé l’avant-garde créative qui caractérise Polimoda, connu pour être l’un des viviers des futurs grands talents de la mode.

3. Le punk bisounours de DSM Kei Ninomiya

Fondée par le créateur Kei Ninomiya (créateur de Noir Kei Ninomiya) en 2025, la marque DSM Kei Ninomiya a présenté sa troisième collection au Pitti Uomo en jouant avec les codes esthétiques et politiques de la culture punk. Organisé au sein de l’ancien couvent — maintenant musée — de Sant’Orsola alors en plein trravaux, le show a pris la forme d’une performance immersive aux accents bruts et sombres : ici les mannequins étaient habillés de kilts en tartan raccourcis colorés, de shorts parachute, de chemises et bombers orné·e·s d’épingles à nourrice, de tricots à maille ajourée, ou encore de blousons en cuir arborant des mots comme chaos, le tout affublés de mohaux, ses fameuses coupes de cheveux en crête propre à la culture punk. Tout ça pendant qu’ils erraient au milieu des grilles et des échafaudages en se heurtant les uns aux autres, grimpaient sur les gradins, s’asseyaient au milieu du public, pour finalement parfois offrir à quelques invité·e·s des fleurs qu’ils avaient dans leur cheveux. Bref, une sorte de rébellion toute mignonne façon punk bisounours.

4. L’élégance intemporelle de Brunello Cucinelli

Que serait le Pitti Uomo sans Brunello Cucinelli ? Comme à son habitude, la prestigieuse maison italienne s’est imposée au salon de la mode masculine avec son fameux dîner d’ouverture où le créateur invite chaque année la presse, ses proches et quelques icônes de la mode masculine. Cette saison, l’événement s’est emparé des jardins des cloîtres de la basilique Santa Maria Novella au cœur de Florence. Une manière de présenter la toute dernière collection de la marque à travers plusieurs célébrités et mannequins stars comme Sean O’Pry, David Gandy et Noah Mills qui portaient plusieurs looks tailoring d’inspirations 1990’s : vestes croisées légèrement allongées, pantalons à pinces, textures fluides et légères dominées par le motif gessato (rayures tennis fines) bleu marine, motifs à carreaux (check) gris clair ou encore des silhouettes monochromes intemporelles. Bref, l’élégance italienne poussée à son maximum et bien évidemment complétée par un stand d’envergure à la Fortezza da Basso, au sein du Padiglione Centrale (Pavillon Central).

5. L’installation innovante de JiyongKim

Passé par des marques comme Lemaire ou Louis Vuitton Homme (époque Virgil Abloh), le créateur coréen a présenté au Pitti un format inédit sous forme d’installation et d’exposition dans laquelle il a mis en scène son expertise de la teinture au soleil. Ici, de très grandes toiles habillaient par exemple un mur afin de montrer l’impact du travail du soleil sur différents types de matériaux pendant qu’une cinquantaine de manteaux identiques “flottaient” au-dessus d’un grand bassin histoire de montrer l’évolution de l’impact du soleil sur un vêtement du début de l’exposition jusqu’au dernier jour de l’événement. Cette mise en scène innovante s’accompagnait évidemment de la présentation de sa ligne printemps-été 2027, mais aussi de ses collaborations avec des labels comme Puma ou Alpha Industries.

6. Le show ensoleillé de Sunflower

A l’occasion des 20 ans de la Fashion Week de Copenhague, le label danois Sunflower a été invité à défiler au Pitti Uomo. C’est donc sur l’immense terrasse suspendue du Teatro del Maggio, alors baignée du soleil de la golden hour, que la marque menée par Ulrik Pedersen et connue pour ses coupes impeccables, a présenté sa collection SS27. Alors que le duo de pianistes August Rosenbaum et Jakob Littauer offraient une performance live, les mannequins ont débarqué sur la terrasse en arborant des silhouettes à la vibe plutôt rock avec notamment des santiags, des vestes-pantalons en cuir, ou encore des costumes amples et/ou déstructurés agrémentés de chemises satinées largement entrouvertes. Shout out au stylisme qui a osé mélanger les couleurs, les matières et les styles comme avec ces looks où les manteaux trois-quarts se portaient sur des shorts de pyjama.

7. Le New York de Rag & Bone

Pour cette 110e édition du salon Pitti Uomo, Rag & Bone a présenté sa collection SS27 au Pavillon Ghiaia dans une installation façon loft immersif inspiré des racines new-yorkaises de la marque. Une manière de mettre à l’honneur l’héritage et l’art de vivre décontracté et sophistiqué qui caractérisent la maison américaine. Intitulée “Elevated Ease: A Refined Escape” (comprenez “L’élégance décontractée : une échappée raffinée »), la nouvelle collection Rag & Bone propose un vestiaire masculin précis et fluide qui prône une forme d’élégance fonctionnelle avec notamment des chemises déclinées en Oxford, popeline, denim et lin, des superpositions associant cuir, suède, coton technique et laine légère, ou encore de la maille et des essentiels techniques retravaillés pour plus de confort. Le tout dans une palette mêlant tons balnéaires, verts terreux, sable et kakis.