Burberry FW26

It’s a wrap pour la Fashion Week Londonienne Fall-Winter 2026. Un cru sans grand temps fort de mercato ou de célébration mais sans être boring non plus. Entre les 170 ans de Burberry, les 20 ans d’Erdem, ou encore les histoires racontées par Simone Rocha et Pauline Dujancourt, la création british se porte plutôt bien. La preuve par 8.

1. Tolu Coker
Tolu Coker FW26

Cette saison à Londres, il y a front row et front royal : chez Tolu Coker, c’est le King himself qui est venu s’installer au premier rang. De quoi faire parler, mais la créatrice britannico-nigériane n’a pas forcément besoin de lui pour se faire remarquer : après avoir été finaliste du prix LVMH 2025, Tolu Coker continue de rendre hommage à Londres, son multiculturalisme et notamment le quartier du sud de la ville où elle a grandi. Pour cette collection, elle s’inspire donc des codes british : des robes courtes de patineuse très Camden Baby doll, mais aussi du tartan satiné dans le plus pur ADN punk, ou encore des costumes larges aux proportions exagérées histoire de casser les codes de la City. God saves Tolu !

2. Simone Rocha
Simone Rocha FW26

Imaginez un monde où la joie durerait toujours et où personne ne vieillirait. Dans la mythologie celtique, cette Terre de l’éternelle jeunesse s’appelle Tír na nÓg et c’est exactement là où Simone Rocha nous emmène pour sa prochaine collection (franchement, on ne dit pas non). Un hommage au folklore irlandais, des jeunes gens du voyage “Pony Kids” des années 1990 aux toiles du peintre Jack B. Yeats, qui inspirent la palette de couleurs (glaise, mousse, cendre, carmin). Sur le podium, cela se traduit par des silhouettes éthérées – beaucoup de dentelles, de tulle, de rubans -, contrebalancée par des pièces plus tangibles comme des bombardiers en cuir ou des manteaux en drap de laine. Le plot twist du show ? Sa collaboration avec Adidas pour une collection Blokecore où les volants s’ajoutent sur les joggings et les dentelles sur les vestes trois bandes. Carton assuré.

3. Burberry
Burberry FW26

Alors que tout le monde ici tente de trouver un peu de joie (de raison ?) de vivre malgré les 40 jours de pluie consécutifs, Daniel Lee en rajoute une couche avec un défilé tout en flaques et taux d’humidité provocateur. Car pour les 170 ans de la marque, le créateur a une vision : revisiter le trench sous toutes les coutures (lol). À volants, en peau, en fourrure, ceinturé, raccourci, en cuir, imprimé avec un plan de Londres… Il s’impose comme fil rouge pour être porté du matin au soir, quand les Siren Offices se muent en Party Girls. Une collection très “Swinging in the rain” plutôt sans prise de risque donc mais qui donne envie de s’équiper chic pour gérer la dépression saisonnière qui va avec.

4. Pauline Dujancourt
Pauline Dujancourt FW26

“Walking on Eggshells” (“marcher sur des oeufs” si vous n’êtes pas à jour sur votre Duolingo), c’est le nom de la collection de Pauline Dujancourt, dont le thème de l’oiseau revient en fil rouge dans son travail. Sur le podium, les œufs ont éclos, pour donner naissance à des “sorcières” et réhabiliter toutes les femmes accusées à tort de sorcellerie (devinez par qui). Des silhouettes mystérieuses, souvent sombres et pourtant légères comme un souffle, entre tulle, organza et travail de mailles, mix de matières comme tissées sur un fuseau, symbole des méchantes de contes de fées. Prêt·e·s pour le procès en sorcellerie ?

5. Natasha Zinko
Natasha Zinko FW26

D’origine ukrainienne et basée à Londres, la créatrice rend hommage à ses racines. Intitulée “Family Bizness”, sa collection s’inspire de la réinvention : faire avec ce que l’on a et se transmettre les pièces de génération en génération. Concrètement, cela passe par réutiliser les vêtements : dézipper un pantalon pour en faire une robe, recycler les médailles de guerre en bijoux, s’inspirer des torchons de cuisine pour des imprimés du plus bel effet. Une ode post-soviétique, où l’on jongle avec les archétypes familiaux, tour à tour mère courage, grand-mère déconstruite, icône de la nuit ou baby-sitter, le bon mix entre les codes traditionnels façon foulards sur la tête et les nouveautés occidentales, comme le denim et les accessoires de nouveau riche. Le clou du spectacle ? Mel B des Spice Girls, venue clore le défilé avec une robe de chambre parfaite pour clubber. Spicy.

6. Di Petsa
Di Petsa FW26

Avis à toutes les Clean Girls proprettes, passez votre chemin : la saison prochaine, la femme Di Petsa transpire la sensualité et compte bien le faire savoir. Inspirée par la figure mythologique de Méduse — qui avait le pouvoir de pétrifier ceux qui croisaient son regard — la collection joue le sexy ostentatoire : des robes longues comme sorties de l’eau (bonus imprimé écailles), des cut out sur les hanches, des découpes de vestales ou encore des jeux de lacets ou des franges façon tentacules, comme pour mieux garder l’emprise sur ceux qui oseront croiser sa route. Et si le message était encore trop subtil, la créatrice a utilisé des flacons de lubrifiant en guise d’accessoires.

7. Erdem
Erdem FW26

Alerte anniversaire : Erdem fête ses vingt ans en grandes pompes sous les ors de la Tate Britain. Au programme, une collection baptisée “The Imaginary Conversation” — traduction : un dialogue entre passé et futur sur ce qui fait l’ADN de la maison. Un vestiaire toujours très Britishcore avec des soies à motifs floraux (groundbreaking), des tartans, des silhouettes de poupées victoriennes mais aussi des dentelles gothiques et des baggys en denim, pour rappeler que sous ces crinolines il y a un cœur Brat qui bat. Pour la première fois, Erdem Moralioglu propose une collab avec Barbour, parfaite pour une vibe “Retour à Balmoral”.

8. Toga
Toga FW26

Chez Toga, la saison prochaine, le vestiaire ressemble à un jeu de Jenga géant, plus bancal que les promesses électorales actuelles. Go sur des silhouettes déconstruites où les cardigans et les chemises sont nouées à la taille comme des faux corsets, les ceintures se portent croisées, les cols de chemise dépassent seulement d’un côté, les manches se terminent par des poignets de fourrure… Un vestiaire à la fois élégant et cool, plein de bonnes idées. Le bon détail ? Les broches façon grosses épingles à nourrice qui rappellent bien que l’Angleterre reste toujours décalée… Punk is not dead.